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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 16:43


L'après-midi se déroule au centre de formation. Nous effectuons les derniers recettages et le point sur le projet. Les documents administratifs sont signés. Je rends en fin d'après-midi mon véhicule à Vincent. Il me ramène donc à l'hôtel où je dois patienter jusqu'à 19 heures pour prendre la navette de l'aéroport. N'ayant plus de chambre, j'attends donc dans le hall de l'hôtel.
Edgar, le bagagiste, me dit au revoir et me confie qu'il aimerait bien n'avoir que des clients comme moi... Je suis flatté et le remercie. Son collègue me demande d'échanger 4 euros (sans doute le fruit d'un pourboire) contre des francs CFA. Je le fais bien volontiers car la monnaie locale ne me sera plus d'aucune utilité dans quelques heures.


Un médecin de la clinique, qui prend le même vol que moi, me rejoint dans le hall. Enfin la navette
 arrive avec 20 minutes de retard. Nous montons dans le mini-bus sans même que nos identités soient vérifiées. Le chauffeur doit prendre 2 personnes à l'hôtel Palm Beach, peu importe lesquelles ! Au lieu de filer vers notre but, nous effectuons un long détour vers le quartier du Plateau où nous prenons d'autres passagers dans des résidences privées. Nous traversons ensuite le quartier du Km4 pour enfin rejoindre la route de l'aéroport. La circulation est dense et nous arrivons après 20 heures devant l'aérogare. Le médecin me raconte qu'ici c'est plutôt cool étant donné qu'au Nigeria, il était contraint de circuler accompagné de véhicules armés. Ceux-ci se frayaient un chemin dans le flot de voitures en les repoussant avec des barres de fer. Expérience visiblement marquante !

A notre descente du mini-bus, plusieurs enfants nous harcèlent jusqu'à l'entrée du hall pour avoir de l'argent. L'aéroport international "Antonio Agostinho Neto" est moderne (source de la photo : http://pointenoire.org/). Il a fait l'objet de travaux importants entre 1999 et 2006, date de l'inauguration de l'aérogare. Il porte le nom du premier président Angolais, combattant contre le colonialisme portugais dès 1960. Après l'indépendance en 1975, le régime dérive vers une dictature marxiste-léniniste et une guerre civile sans fin.



Après un premier filtre policier à l'entrée de l'aérogare, nous remplissons une fiche d'embarquement. La modernité apparente des lieux n'a pas encore atteint l'informatisation de cette procédure... Un deuxième contrôle a lieu à l'entrée de la salle d'enregistrement. Singulièrement, je retrouve le policier du matin, mais cette fois-ci pas de mauvaise blague quant à ma photo lors du contrôle du passeport !
Nous allons encore subir 6 autres contrôles avant d'embarquer : contrôle à l'entrée de la salle d'embarquement, visa de sortie pour le passeport, contrôle des douanes, contrôle des bagages aux rayons X, palpations, fouilles des bagages à main... Lors du passage de la douane, il me reste quelques pièces de monnaie dans les poches. La contrôleuse me dit une phrase du genre "Vous n'allez rien pouvoir faire avec cet argent...". Je lui laisse donc 1 100 FCFA. Un bon moyen pour arrondir les fins de mois ! Lors de la fouille des bagages à main, une femme policier regarde les éléments du BHT 8000 non opérationnel que je ramène. Sortant une pièce, je lui dis qu'il s'agit d'un transformateur. Juste en dessous, il y a l'okapi mais l'exploration ne va pas plus loin. Par contre, mon sac reporter est aussi contrôlé. Je la fais sourire en lui disant qu'elle a du travail, car il y a plein de poches partout !
Enfin, arrive le moment d'embarquer dans l'avion vers 20h20. Je suis mieux placé qu'à l'aller où j'étais près des toilettes (voisinage un peu bruyant...). Lors du décollage vers 21h20, un véhicule de sécurité suit l'avion sur la piste, gyrophares bleus allumés. Il s'agit d'éviter qu'un passager clandestin ne s'introduise dans le train d'atterrissage. L'espoir d'arriver vivant est mince, mais quand on a rien à perdre...

Je pense alors à la chanson de Francis Cabrel, "African Tour", dans laquelle il se met dans la peau d'un candidat à l'exil : 
Est-ce que l'Europe est bien gardée ? Je n'en sais rien.
Est-ce que les douaniers sont armés ? On verra bien.
Si on me dit, c'est chacun chez soi,
Moi je veux bien, sauf que chez moi,
Sauf que chez moi y'a rien...


Je quitte la terre congolaise. Les lumières de la ville de Pointe-Noire scintillent puis s'estompent sous nos ailes. Le grand oiseau mécanique fonce vers l'Europe en survolant la moitié du continent africain. J'emporte avec moi des sentiments mêlés... Le Congo est un beau pays où les richesses sont bien mal réparties. Près de 50 ans après l'indépendance, la sortie du système colonial n'est pas effective, l'économie étant encore bien souvent aux mains d'autres pays. Avec la complicité de l'Etat congolais bien sûr ! Comme nombre de voyageurs, je suppose, l'Afrique exerce sur moi un mélange d'attraction et de répulsion.
En dépit de la misère, les congolais sont en général accueillants. Certains demeurent distants ou réservés vis à vis du "Blanc", ne sachant pas trop comment réagir et dialoguer (ou peut-être parfois par ressentiment ?). Les congolais sont peu sensibilisés aux richesses naturelles de leur pays. Il est vrai qu'ils ont d'autres préoccupations quotidiennes et que pour l'instant les dirigeants ne misent pas sur le tourisme. Le potentiel est là, mais pas les infrastructures ! C'est encore un peu le "far west". Par exemple, des bandes armées attaquent parfois le train Pointe-Noire Brazzaville pour rançonner les voyageurs... Les routes praticables en toutes saisons font cruellement défaut.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Découverte du Congo
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commentaires

André 30/04/2013 17:24


J'ai parcouru plusieurs fois votre intéressant blog. Ayant vu qu'il y avait quelques fautes de frappe, j'ai pensé vous rendre service en vous envoyant quelques "corrections". Aujourd'hui la 1ère
mission. J'ai simplement souligné en rouge les "petites" erreurs


Premiers jours à Pointe Noire vers le fin : quand je met le clignotant = quand je mets le clignotant.


Premier week-end à  Pointe Noire : Les arcades du rez-de-chausée abritait des boutique = abritaient


Semaine anniversaire vers la fin : Je l’appelerai ensuite = je l’appellerai


Suivant au début : Des relations familiales parfois un peu compliquée = parfois un peu
compliquées


Expédition à Diosso au début : Celui monte = celui-ci


Sculpture traditionnelle vers la fin: une thème = un thème 
(pour moi : le jumeau : ndoyi)


Troisième week-end à Pointe Noire vers le fin : à Rémi qui m’attends = m’attend


Plage dominicale au début : Je prend donc = je prends donc


Le port et la fondation de la ville au début : On oublierai = on oublierait


Jour de retour vers la fin  : Je lui répond = je lui réponds


Jour de retour à la fin  : Et leurs arrachent les pinces = et leur arrachent


Jour de retour au début : me rejoins = me rejoint


Jour de retour (suite) fin : je lui dit = je lui dis


Post-Scriptum début : mais il vrai = mais il est vrai

Fabrice 30/04/2013 20:07



Merci André pour toutes ces corrections, vous êtes courageux ! Je les ai prises en compte.


Voilà bien longtemps que je n'avais pas mis le nez dans le récit de ma première mission. En relisant, sur le coup, on ne voit plus ses fautes... Un lecteur qui lit le texte pour la première fois
tombe plus facilement dessus.



Association Congolaise au Havre 28/02/2013 23:16


Bonjour, bravo et merci pour les images de Pointe-Noire.


Bien cordialement


Assocongo-havre

Fabrice 01/03/2013 19:27



Merci à vous, et longue vie à votre association !



charles 17/11/2012 19:21


L'immeuble dont il est question était aussi appelé: " L'immeuble des enseignants ". Il avait moins de 8 étages et tout en longueur. une vraie barre H.L.M. L'épisode tragique de la descente
des militaires m'a été rapportée par mon père, à l'époque Inspecteur d'académie à P.N.


Le lycée Victor-Augagneur, a ce nom depuis sa fondation en 1954 . Il a changé dans les années 74, 75, 76 ? en Groucho MARX, pardon ! en Karl MARX.

Fabrice 17/11/2012 22:58



Le lycée a depuis retrouvé son nom d'origine, après la "démarxisation" des années 1990.



flo 14/12/2009 20:01


c vrai ke j'ai été intéressées par la découverte de votre blog;c ça la nostalgie.


Fabrice 14/12/2009 23:11


Nostalgie... je crois donc comprendre que vous résidez en France désormais


flo 21/07/2009 02:43

bonne analyse du congo

Fabrice 21/07/2009 18:20


Merci ! Visiblement, vous vous êtes couchée très tard pour finir le récit de ma première mission.


yves domzalski 18/03/2009 10:32

Merci de votre aimable réponse et encore merci pour le blog et surtout les photos. Qques détails qui peuvent vs intéresser: à l'époque, il y avait semble-t-il encore des gorilles dans les gorges de Diosso. Je n'en ai jamais vu là-bas par contre, j'en ai vu dans la région du Kouilou & dans le nord. Nous découvrions le pays à moto: A-R Brazza par le Mayombe (une expédition!), les gorges de Sounda, AR au Gabon pour visiter la grand mine de manganèse dont le nom m'échappe, AR juque Makoua dans le nord pour rendre visite à qques copains isolés là-bas: une stèle se dresse au milieu du village avec l'inscription: ici passe l'Equateur! Et le soir, de petites panthères se baladaient sur la route à la sortie du village! Nos pauvres copains devaient en début d'année scolaire , prévoir un transport par bateau avec toutes les conserves permettant de tenir jusqu'au mois de juin suivant: on ne trouvait pratiquement rien à manger là-haut...Chaque matin, il y avait le lever du drapeau dans la cour de l'école (Felix Tchicaya puis le grand lycée Karl Marx (qui a du changer de nom depuis...)et face à mes élèves, je récitais la Bible officielle qui commencait ainsi: "Tribalisme, à-bas! Socialisme , OYe!" (avec l'accent bien sûr...). Ca ne s'invente pas! Les hauts lieux de la rumba étaient la boite de nuit de l'Atlantic Palace, qui a été démoli et reconstruit , d'aprés vos photos, le "Mikado" à michemin de l'Av. du Gal de Gaulle, le "Café Rima" dans la Cité sans parler de lieux plus confidentiels et hauts en couleur, tel "Chez Josepha", toujours à la Cité. J'habitais un immeuble dénommé le "8 étages", au bord de la route qui suit le chemin de fer partant de la gare CFCO. Au bout d'un an, nous en fûmes délogés un matin par des militaires armés jusqu'aux dents qui nous laissèrent une heur pour déménager....Immeuble réquisitionné pour de hauts gradés! Pas de problème: ns fûmes transférés à l'hotel Atlantic où nous vécumes une vie de pacha 6 mois durant avant de nous voir attribués une belle case pour 4, non loin du "8 étages". Existe-t-il toujours? Je compte bien retourner là-bas dans 1 an ou 2 pour revoir une fois ce pays!

Fabrice 18/03/2009 21:39



Je n'ai pas vu non plus de gorilles à Diosso ! La brièveté de ma mission ne m'a pas permis d'aller dans les réserves naturelles.
Le voyage en moto jusqu'à Brazza doit être une sacrée aventure. Ces dernières années c'était plutôt déconseillé à cause des bandes armées... Originale et difficile la vie d'instit en
brousse. Le lycée Karl Marx est devenu "Victor Augagneur".
Le manganèse du Gabon devait être exploité dans la région de Franceville - Moanda. J'ai entendu parler de l'immeuble "le 9 étages" de la Comilog, construit dans les années 50, mais pas du "8
étages". Est-ce le même ??



yves Domzalski 17/03/2009 17:48

Merci pour votre blog qui m'a permis de me remettre un peu dans le bain: j'étais coopérant à Pointe Noire au milieu des années 1970. Le pétrole et la démographie semblent avoir bien changé l'environnement (qui était encore assez "vert" à l'époque) mais sur le fond, RIEN NE SEMBLE AVOIR CHANGE. C'est toujours la même incurie des "pouvoirs publics" et la même misère ambiante...Pauvres congolais...Rien n'indique qu'il existe une fin au tunnel...
Enfin, la rumba est toujours là, de m^me que "l'amour qui passe" et sur lequel votre blog se montre remarquablement peu dissert! A bientôt pour suivre vos nouvelles aventures!

Fabrice 17/03/2009 19:36


Merci Yves de l'intérêt porté à mon (modeste) récit. Depuis 30 ans, la ville a en effet considérablement grandi, au détriment de la verdure. Souvent en constructions anarchiques et autres
bindonvilles... La guerrre civile des années 90 a occasionné des déplacements de population importants.
De fait, la gestion du pays n'a guère évolué... le président actuel était déjà aux manettes en 1979 !
Quant à "l'amour qui passe", je l'évoque dans certains articles. Mais cela ne constituait pas du tout l'essentiel de mon vécu. Encore un moyen de survie pour certains congolais...


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