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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 22:30

J'ai cherché des illustrations d'un site naturel aujourd'hui disparu, la lagune de la baie de Loango. Une bande de sable parallèle à la côte barrait la baie et donnait ainsi naissance à une sorte de lac d'eau salée.

La lagune a été assez fréquentée par les Européens entre 1883 (début de la colonisation active du site) et 1922 (fondation de Pointe-Noire et par conséquent, accentuation de la déchéance de Loango), mais on trouve très peu de clichés de la lagune. Il faut dire qu'à l'époque les appareils photo étaient nettement moins fréquents qu'aujourd'hui.

 

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Vue générale de Loango vers 1900 (carte postale © Marichelle)

 

Un témoignage indirect de l'existence ancienne de cette lagune découle d'une vue prise de l'intérieur des terres, alors que la majorité des clichés sont pris de la mer. Il s'agit alors de montrer les habitations, les "logements dits du Haut Oubangui" (sans doute en référence à la compagnie concessionnaire des "Sultanats du Haut-Oubangui" qui exploitait 140 000 km2 en Oubangui Chari, soit un quart de la superficie de la France métropolitaine).

 

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Loango en 1894, vue des logements dits du "Haut Oubangui" (carte postale © Audema)

 

On voit les logements à l'architecture en bois typique de l'époque, mais en arrière plan, sous le drapeau tricolore flottant au vent, c'est bien la bande de sable ceinturant la lagune que l'on peut voir. Elle apparait assez étroite et bordée d'une maigre végétation.

 

 

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Loango en 1894, vue sur la lagune (extrait carte postale © Audema)

 

Une rare photographie nous montre de près cette bande de sable telle qu'elle était vers 1910. Elle parait alors bien dénudée ! Un colon y débarque avec un jeune congolais, à bord d'une minuscule pirogue.

 

 

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Bande de sable de la lagune, Loango vers 1910 (carte postale © Audema)

 

Deux débarcadères permettaient juste en face d'accoster et de débarquer marchandises et passagers. L'un était à l'usage exclusif de l'administration, l'autre était réservé au commerce des entreprises privées.

En fait, la lagune étant peu profonde et inégale, il fallait emprunter chaloupes, pirogues et autres baleinières pour rejoindre la côte à partir des bâteaux stationnés à environ 2 milles du rivage. Plus de 3 km à naviguer dans ces embarcations à faible tirant d'eau, parfois difficilement en fonction de la météo, autant d'occasions de perdre des marchandises et de prendre un bain... pas toujours désiré !

Dès les années 1890, des lignes maritimes régulières furent cependant mises en place, notamment depuis Marseille et Bordeaux. Mais Matadi devient par la suite le port de débarquement principal des passagers, après l'ouverture du chemin de fer du Congo belge en 1898.


Une carte de la côte nous donne une meilleure idée de cette lagune qui protégeait la baie de Loango. On identifie un cordon de sable, plus large au nord, de petites îles au sud. D'après cette carte, la lagune faisait plus de 5 km de long.

 

baie-lagune-loango-carte-1890

Carte de la région de Loango en 1890 (extrait © Vennetier)

 

La zone hachurée en losange symbolise les lieux occupés par la mission catholique et les bâtiments administratifs des colons, les maisons d'habitation de la "ville", implantés sur les collines face à l'océan.

On remarque que la principale implantation est face à la "passe" (trouée dans la bande de sable), qui permettait de rejoindre les hautes eaux et les navires qui mouillaient au large.

Le site de débarquement de Loango, bien que protégé de la houle, fut rapidement considéré comme d'un intérêt très médiocre et destiné à disparaître. Différentes missions se succédèrent au Congo pour choisir un meilleur point de chute, départ souhaité d'une voie de pénétration rapide vers le cœur du pays et de l'AEF...

 

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Vue sur la lagune et la mer, Loango vers 1930 (carte postale © Pacalet)

 

Vers 1930, la carte ci-dessus montre la côte au premier plan et la lagune de Loango au second plan. La végétation semble s'être développée sur les bandes de sable. Au centre, la "passe" est visible.

En 1960, il restait encore une bande de sable importante, bien qu'amoindrie. Depuis la fin des années 1980, cette lagune a complètement disparu. Victime de l'érosion, et semble t-il des actions conjuguées de l'Homme et de la Nature. Le rivage et la baie elle-même sont menacés, comme j'avais pu le constater au niveau de l'ancien cimetière de Loango (cf Port de Loango : le cimetière "marin"  ).


 

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Vue générale de Loango vers 1910 (carte postale © Marichelle)

 

A la fin des années 1930, il n'y avait plus aucun bâtiment debout. La petite ville coloniale de Loango avait été victime de sa rivale Pointe-Noire. La végétation, les termites et les récupérateurs de matériaux s'étant chargés de réduire à néant les constructions éparses, majoritairement constituées de bois.

 

 

Sources : 

Pointe-Noire et la façade maritime du Congo-Brazzaville - Pierre Vennetier - Orstom - 1968

Au vieux Congo - Notes de route ; 1884-1891, Alfred Fourneau.

Et pour en savoir plus,

http://congo-dechaine.info/content/sauver-loango

http://www.congopage.com/Sauvegarde-du-patrimoine-La-baie

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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