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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 13:00

Après le pont sur le Djoué, nous reprenons donc la direction du restaurant "Les rapides". C'est sans doute la solution la plus simple. Brice nous dépose et nous retrouvons le site découvert l'avant-veille (cf Brazzaville : déjeuner au restaurant "Les rapides"). J'espère seulement que le service sera moins lent. Mais nous arrivons beaucoup plus tard (vers 14h30) et à cette heure les achats au marché sont bel et bien terminés !

 

Au moment de rentrer dans l'enceinte du restaurant, Frédéric s'apprête à jeter une bouteille en plastique par dessus les garde-corps, en direction du fleuve. Mais mon regard désapprobateur le dissuade rapidement ! Il retient son geste et je lui dis que nous laisserons la bouteille vide au restaurant. C'est un mauvais réflexe de nombre de congolais de jeter les ordures n'importe où...

 

Nous passons commande. Cette fois, j'opte pour du poisson grillé (moins risqué sanitairement parlant, enfin j'espère) avec du riz et du saka-saka. Manu prend du mâchoiron et Frédéric choisit du mouton avec du manioc. Le mâchoiron est un nom commun désignant plusieurs espèces de poissons, d'eau douce ou d'eau de mer. Il paraît que celui là vient du fleuve Congo. S'agit-il d'un Chrysichthys nigrodigitatus, poisson qui avec ses barbillons rappelle un peu le silure ? Ce mâchoiron d'eau douce mesure environ 30 à 50 cm de long. Ses nageoires sont dotées d'aiguillons acérés, qui plus est, venimeux. Il peut ainsi provoquer des blessures très douloureuses. Mais une fois dans l'assiette, sa chair grasse est bien appréciée !

 

rapides-saka-saka-congo

Le saka-saka, plat national congolais !

 

Manu doit repasser à l'hôtel chercher son sac. Il me laisse avec Fred, en attendant que la commande arrive.

Je fais mieux connaissance de Frédéric qui est jusqu'ici très peu disert. C'est vrai que c'est la première fois que je le rencontre et cela semble être son tempérament. Je l'interroge sur son métier. Il coupe du bois "en brousse" dans les forêts situées au nord de Brazzaville (parfois à 200 - 300 km). Ce que je ne savais pas, c'est qu'il est le "patron" de sa petite entreprise. Etant donné les difficultés de transport du bois brut, il transforme sur place les grumes en planches. Il est donc exploitant forestier et scieur. Je lui demande si ce n'est pas trop difficile de faire entrer ensuite le bois dans la ville. Non, il suffit de payer à l'entrée de Brazza...

Notre vendeur de cacahuètes repasse derrière les grilles... Nous nous reconnaissons et comme il est sympa, nous lui en achetons un peu. Elles ne sont pas assez cuites à mon goût, mais bon, cela permet de patienter en attendant nos plats !

 

rapides-brazza-frederic

Frédéric, le scieur de bois

 

Frédéric cache son jeu car en fait, il est allé jusqu'à Bac+2. La guerre civile est venue interrompre ses études et il a dû faire alors tout autre chose. Quel gâchis ! Nous parlons arbres et Frédéric évoque l'une de ses lectures. Ainsi, il ne sait pas à quoi ressemble un tilleul, un chêne ou un bouleau... c'est normal, il n'y en a pas au Congo ! Je suis agréablement surpris, car il me dit avoir lu cela dans Chateaubriand. Il ne se rappelle plus trop le titre du livre qu'il aimait bien, mais visiblement il s'agit des "Mémoires d'outre-tombe" où l'auteur évoque son enfance au château de Combourg. Inversement, je lui explique qu'en France, il n'y a ni manguier (cf Le manguier (cour de l'école Tchicaya) , ni baobab (cf Sur la route de Loango ), ni safoutier (cf Route du Lac Kayo : le safoutier ) !


Des gamins passent et jettent des pierres dans un trou, près du muret d'enceinte. Il y a en fait un nid d'oiseau, sans doute celui d'un petit héron blanc (oiseau que l'on voit partout). Je fais la remarque à Frédéric qu'ici on ne respecte pas beaucoup la nature. Il me le confirme en effet, "C'est comme cela au Congo !". Enorme travail d'éducation et de sensibilisation à faire...

 

Manu nous rejoint. Nous sommes servis peu après. Des personnes tentent de s'installer à côté de nous pour pique-niquer, en apportant leur propre nourriture... Mais les consignes du restaurant sont formelles ! Les propriétaires annoncent la couleur dès l'entrée. Le serveur explique que c'est interdit et les éphémères visiteurs partent en râlant...

 

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Consignes à l'entrée du restaurant    

 

Je partage le riz et le saka-saka avec Manu. Il y en a largement pour deux ! Le saka-saka est bon, pas trop pimenté. Il me dit qu'il a été préparé avec de l'huile d'arachide et pas de l'huile de palme. Alors que l'avant-veille il n'y avait pas une mouche, ce midi nous sommes harcelés par ces insectes qui se posent avec insistance sur nos plats ! Manu demande au serveur une bougie pour les éloigner. L'efficacité n'est pas au rendez-vous...

Un enfant qui mendie passe et tend le bras à travers les grilles. Manu le houspille un peu. Je lui demande s'il veut du manioc. Il accepte. Je lui donne dans une serviette en papier quelques morceaux, que de toute manière Fred ne finira pas.

 

Avec tout cela, il est près de 16h et nous devons finir notre découverte de Brazzaville avant la nuit ! Nous retrouvons Brice sur le parking où œuvrent toujours les laveurs de voiture aux larges épaules. Notre chauffeur de taxi mange encore un maboké. Le plat du pauvre !

Nous prenons la direction de la route de la corniche.

 

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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