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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 11:30

Nous poursuivons notre balade en descendant vers l'église Notre-Dame de Fatima (en référence à celle plus célèbre de la ville du Portugal, où la Vierge serait apparue à trois enfants en 1917). 

L'église a été fondée à la "cité" de Dolisie en 1953 par le Père Alphonse Schaeffer. En 1958, elle devient une "mission" à part entière.

 Cette implantation s'oppose à celle plus ancienne de l'église Saint Paul, située à la sortie de la ville "européenne" (cf Dolisie : église Saint-Paul ). 

 

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Eglise Notre-Dame de Fatima (© FabMoustic)

 

L'église assez récemment repeinte en jaune, étale sa large façade avec une grande croix peinte en noir, sur fond de motifs en béton ajouré, et aussi son toit rouillé. Le haut des murs se teinte progressivement d'ocre, poussière du pays oblige... La croix était auparavant peinte en blanc.

 

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Façade de Notre-Dame de Fatima (© FabMoustic)


L'église d'origine a été agrandie. La nef a été rallongée de 12 mètres en 1987 (on note une différence de couleur au niveau des tôles du toit qui semble liée à cet agrandissement).

Pas de clocher, mais un campanile abritant une grosse cloche. Le panneau nous apprend que la paroisse dépend du diocèse de Nkayi (cf Nkayi : la cathédrale Saint-Louis ). Il y a donc un décalage entre l'organisation administrative et religieuse (une ville appartient au Niari, l'autre à la Bouenza).


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Campanile de Notre-Dame de Fatima (© FabMoustic)

 

Le quartier est animé, on voit de nombreux enfants. C'est marrant mais au Congo, j'ai l'impression de voir des écoliers dans la rue à toutes les heures de la journée. On les repère facilement avec leurs uniformes dont la couleur varie en fonction du groupe scolaire.

 

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Maison récente du centre de Dolisie (© Truuuc)

 

Nous remontons l'avenue, goudronnée, mais couverte de terre ocre. Les boutiques hétéroclites sont animées. Des menuisiers s'affairent, maniant le rabot en plein air, pour fabriquer portes ou lits.

Quelques constructions récentes associent la brique traditionnelle et le béton. Les balcons à colonnades semblent être à la mode. Nous avons quelques salutations amicales auxquelles je réponds.

 

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Centre ville de Dolisie, commerces (© FabMoustic)

 

Le petit rond-point de l'avenue assiste au ballet des taxis rouge et blanc et des deux-roues. La circulation est moins intense qu'à Pointe-Noire. Devant la poissonnerie, un jeune homme lance à la cantonade dans notre dos, "C'est la fin du monde !". Cette bêtise liée à la fin supposée du calendrier Maya en décembre 2012 est arrivée jusqu'à Dolisie...

Nous repassons devant le Grand Marché, où une plaque rappelle l'inauguration du bâtiment par la femme du Président de la République, le 25 février 2011.

 

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Maisons "ocres" de Dolisie (© FabMoustic)

 

Nous reprenons la direction du garagiste. Les rues secondaires ne sont pas goudronnées. Les vieux pavillons finissent par se confondre avec le sol de Dolisie, les façades blanches, assises sur des briques et chapeautées de toits rouillés, devenant elles aussi ocres.

Cette série de photos est assez moche à cause de la luminosité très médiocre...

 

 

Source : L'Église de Pointe-Noire: évolution des communautés chrétiennes de 1947 à 1975. Guy Pannier.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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Malanda 24/12/2015 23:41

J'ai vécu pendant 2 années à Dolisie (1974 et 1975) et je reconnais ici quelques endroits et des souvenirs remontent à ma mémoire.

Il me semble qu'à la salle qui prolonge l'église le long de l'avenue qui descendait vers la rivière Loubomo semble t-il (mais peut-être me trompé-je) il y avait une salle de cinéma.

J'ai "été au cinéma pour aller voir un film culte de mon époque, puisque tout ce que dolisie comptait de jeunes s'y sont rendus. Et je crois même que ce jour là, ce n'est pas une séance mais plusieurs d'affilée qui étaient organisées exceptionnellement toute l'après-midi.

Comme je n'étais ni fort, ni courageux pour fendre la foule plus que compacte qui s'agglutinait afin d'accéder à la caisse.
D'ailleurs je ne me souviens pas comment j'ai fait pour en avoir. Je suis tombé sur un "bon samaritain" qui a combattu littéralement pour aller me ramener un ticket moyennant quelques francs cfa.
Le film s'appelait le "retour des titans"
l'autre c'était "chasse à l'homme à ceylan"

De ces films, surtout le premier, il ne me reste que les scènes de bagarres en tête. Elles seules nous intéressaient.
De toute façon le bruit et le brouhaha étaient impossibles à juguler. Tant la foule des spectateurs ne cessait d'accompagner bruyamment chaque coup de poing des acteurs...

Fabrice Moustic 03/01/2016 17:53

Merci de partager ces souvenirs, qui évoqueront sans doute de bons moments à ceux qui ont vécu cette époque !

Malanda 24/12/2015 20:55

Sur les écoliers omniprésents, je vais tenter une explication...

A moins que ça ait changé, mais autant que je sache, et ce depuis la fin des années 60, car j'étais en 1970 à l'école primaire que j'étais déjà à mi-temps. Il faut aussi dire que ce système s'est imposé en ville car la campagne que je venais de quitter l'année précédente n'avait pas cours. Là-bas les cours c'était toute la journée.

C'est le prix de la fameuse statistique du taux extraordinaire de scolarisation atteint par le congo en ces années là.

Mon hypothèse : la croissance de la population et l'exode rural ont eu raison du stock d'écoles disponibles dans les villes.

Ainsi chaque local, au lieu d'un service était occupé par deux cours successivement. Une classe le matin et une autre l'après-midi (dès 13h si je ne me trompe pas). Et la semaine suivante, ceux du matin passaient l'après-midi.

Voilà c'était le système dit "de mi-temps" avec les "vagues" du matin et de l'après-midi.

Lorsque j'ai quitté le congo en 1985, ce système était encore valable et s'est empiré car si il y avait eu moyen d'ajouter une troisième vague c'eut été fait. Tellement il y avait de la demande.

Les révolutionnaires n'ayant pas vu la bombe arriver. Ils n'ont pas ouvert assez de nouveaux établissements.

J'ai aussi trouvé (inauguré ?) ce système ... au lycée en seconde à Brazzaville où cette année-là il y eut 52 classe de seconde. Je n'en revenais pas moi-même et j'étais en 2nde 31 !!!

La démographie galopante, avec les "vagues" qui s'entrecroisent à midi et le fait que les élèves (au collège) par exemple qui ont fini plus tôt pour quelque raison que ce soit se retrouvent dans la rue, sans oublier que les transports là-bas c'est à pied.

Donc, on peut avoir beau fini à midi et ne rentrer qu'à 14 h, car entre temps on joue, on passe au marché, etc. et ne rentrer que bien tard. Tout cela donne une explication à ce mouvement perpétuel des élèves et écoliers.

Fabrice Moustic 03/01/2016 17:40

Merci pour ces explications sur les "vagues" d'écoliers !

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