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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 17:00

Après notre halte à Moukondo, nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de Dolisie. La nouvelle nationale contourne la ville et nous avons du mal à reconnaître le trajet.

C'est moi qui finalement guide Manu, et lui indique de prendre à droite à un rond-point. Nous traversons ensuite la voie ferrée et arrivons près du marché central, lieu de rendez-vous avec Godefroy, notre contact local.      

J'entends l'oncle de Manu lui dire, "Tu ne m'as pas appelé, comment tu as fait ?". Sous entendu, pour arriver à bon port. Et Manu de répondre : "C'est grâce à Monsieur Fabrice, il a de la mémoire !". Je salue chaleureusement Godefroy en sortant de la voiture. Il nous avait "guidé" lors d'une précédente visite à Dolisie.

Sur ses conseils, nous visitons un hôtel situé près de là. Il n'est pas encore officiellement ouvert, mais sa relation nous propose trois chambres pour un prix raisonnable. C'est labyrinthique, mais propre et neuf, marché conclu !

 

Après avoir débarqué les bagages, comme nous n'avons presque rien mangé à midi, nous ne tardons pas à rejoindre un petit resto. Là encore, c'est Godefroy qui choisit d'aller chez "Mboungou Paul", avenue Félix Eboué. Nous commençons par boire une bière, une Doppel, bière brune identifiable par son taureau sur l'étiquette.

Nous sommes assis près du sentier et un groupe de jeunes passe. Un jeune homme se retourne trois fois en 20 s pour regarder le Blanc attablé ici... A la troisième fois, je lui fais un signe de la main ! Un large sourire illumine alors son visage et il me fait aussi un petit signe, comprenant peut être que son regard était un peu trop appuyé. Manu plaisante : "Tiens, Monsieur Fabrice connait quelqu'un !".

La femme de Godefroy passe nous dire bonjour, mais ne restera pas diner avec nous.

 

dolisie-sibissi-resto

Godefroy tenant le sibissi, à droite, le chasseur 

 

Nous commandons à manger. On nous propose du singe... Tout le monde refuse. Manu choisit l'un de ses plats préférés, le "boa", Christ et moi optons pour du machoiron. La nuit tombe et nous sommes obligés de déménager sous l'unique ampoule de la terrasse. Christ me conduit à l'intérieur pour me montrer où on peut se laver les mains. Un bidon à robinet est posé sur une chaise avec une cuvette en dessous. Rudimentaire, mais c'est mieux que rien.

Nous mangeons notre poisson avec du manioc. Pour une fois, il n'est pas rance ! Il doit être fraîchement préparé. C'est toujours aussi visqueux, mais sans goût particulier. Nous avons bien fait de déménager sous l'ampoule, même faiblarde, c'est mieux pour trouver les arêtes...

 

Au cours du repas, Godefroy veut me montrer quelque chose. Il m'emmène à l'intérieur où quelques hommes sont attablés. Il sort d'un sac, un gros rat, un sibissi ! Un jeune chasseur est venu le vendre au restaurateur. Un peu comme autrefois en France, à la campagne, où le chasseur vendait son gibier au restaurateur du village. Je prends Godefroy en photo tenant le bel animal. Je demande comment il a été capturé. Il m'explique que c'est par un piège comme celui que nous avions vu, il y a deux ans, près du lac bleu (cf  Dolisie : retour du "lac bleu").

 

 

dolisie-souris-resto

Souris morte...    

 

Quand nous quittons la terrasse du restaurant, une souris passe entre les jambes de Manu. Il arrive à la tuer d'un coup de talon ! C'est le deuxième petit rongeur que je croise dans la journée, après celui de l'épicerie de Pointe-Noire.

 

hotel-dolisie-niari    

Hôtel de Dolisie    

 

Direction l'hôtel. Comme celui-ci ne fait pas de petit-déjeuner le matin, nous allons repérer l'emplacement d'une pâtisserie (près de la voie ferrée). Trajet à pied, qui nous permet de faire une promenade digestive. Nous cheminons dans la pénombre le long de l'avenue, au gré des lampadaires qui fonctionnent... ou pas ! Il faut faire attention aux pièges constitués par les caniveaux creux, inégalement recouverts de plaque de béton. Des "mamans" font cuire du poisson sur de la braise et le vendent au quidam de passage. 

Nous passons devant une petite mosquée et devant chez "Bayonne" où nous avions diné précédemment. Le repérage fait, au retour, Godefroy propose de prendre une bière sur une petite place en face du marché. Nous nous installons dehors devant le bar dénommé "Place Vandome". Nous voilà au coeur du luxe parisien ! Mais dommage, c'est avec une faute (il aurait dû écrire Vendôme). Nous passons toutefois un agréable moment à discuter de choses et d'autres, au centre de Dolisie, dans la douceur nocturne. Manu me rappelle que nous sommes près de la boutique où un commerçant Mauritanien m'avait parlé en Arabe. Je me souviens fort bien qu'il m'avait pris pour un Libanais !

Godefroy nous parle de son travail pénible de chauffeur de camion, de son maigre salaire. Et surtout de son problème de cotisation retraite (7,5% tout de même). Elle ne semble pas être versée à la caisse par son employeur, car il ne dispose même pas d'un numéro d'inscription à la dite caisse. Il doit se battre pour faire régulariser la situation. Misère...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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commentaires

Jim Koury 06/04/2016 09:26

Fabrice a raison. Moi xa fait 10 ans que je bosse, mais aucun de mes 3 precedents employeurs n'a daigne verser mes cotiz.

Fabrice Moustic 06/04/2016 17:14

Il y a visiblement un décalage important entre la théorie et la réalité du terrain, où le travailleur se retrouve bien désarmé quand son employeur ne verse pas les cotisations dues.

Julia Makossombo 12/08/2013 00:14


Pas du tout. Le salarié perçoit sa retraite à condition qu'il ait travaillé minimum 20 ans et se trouve à l'âge de la retraite, fonction des métiers 55, 57, 60 ou 65 ans. Il est vrai que les
démarches sont longues et il faut là aussi ne pas se décourager. La patience est de mise.

Fabrice 12/08/2013 22:23



Je ne vois pas comment un salarié peut toucher sa retraite, si son employeur n'a pas versé les cotisations à la caisse. Mais clôturons cet échange...



Julia Makossombo 10/08/2013 23:11


Il est de  la responsabilité de la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) de faire le recouvrement. Le travailleur n'est pas fautif si son patron ne remplit pas ses obligations
fiscales, ni de la complaisance des agents de la CNSS, ni de la défaillance de la CNSS de poursuivre les employeurs mauvais payeurs.

Fabrice 11/08/2013 23:08



Mais à la fin, c'est toujours le salarié le dindon de la farce !



Julia Makossombo 10/08/2013 10:57


La cotisation à la retraite, part salariale est de 4 %. Que le travailleur ait ou non un numéro de cotisant, il bénéficiera tout de même de sa retraite, pourvu qu'il en fasse la demande et qu'il
remplisse les conditions (âge, période travaillée, etc). Triste vérité, les travailleurs congolais ne connaissent pas leurs droits, prennent les on-dits pour des vérités et aiment se plaindre.

Fabrice 10/08/2013 16:36



Le problème soulevé est que les cotisations sont prélevées sur le salaire, mais pas versées par l'employeur à la caisse de retraite. Dans ce cas, je pense qu'aucun droit ne sera reconnu !



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