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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 13:30

A l'angle opposé du petit cimetière, on trouve un atelier d'ébénisterie de plein air. Le long de la rue, des étals offrent au regard du passant des sculptures modernes en bois.

Au milieu des copeaux de bois colorés et des feuilles jonchant le sol, on trouve pèle-mêle des objets anciens en cours de restauration ou des sculptures en voie de réalisation.
J'échange quelques mots avec les ouvriers. Je les interroge notamment sur les essences qu'ils travaillent. L'un d'eux me dit qu'il y en a beaucoup au Congo et qu'il faut un nuancier pour identifier avec certitude la nature du bois.

 

L'atelier d'ébénisterie
 

Ciseaux à bois, hachette, chignole et pot de colle à bois composent l'outillage. D'imposantes statues en bois rougeâtre iront sans doute bientôt décorer un hall d'hôtel ou une luxueuse villa.
Un ouvrier polie une statue d'ébène. On trouve parmi les objets anciens posés à même le sol : un masque, un repose nuque, un bouclier, une statuette et un tabouret dont on recolle le bras, en le maintenant par une lanière en caoutchouc. Il y a également un imposant fétiche hérissé de clous. C'est un "Nkisi" dont le pouvoir magique "bilongo" est emprisonné derrière un miroir ventral (cf
Statue "Fétiche Vili" ). Le bras tendu, il devait porter une lance.
Je demande l'autorisation de le photographier. Le "chef" me dit que le fétiche risque de "blanchir" ma photo par son pouvoir. Je rentre dans son jeu et lui dit que s'il s'agit d'un fétiche "gentil", ma photo ne sera pas ratée.

Le fétiche à clous


Je montre mon cliché au "chef" qui constate avec moi que la photo est réussie.
Un ouvrier habillé en cotte bleue me montre une blessure à la main. Une éclisse est prise dans la chair et provoque une rétraction du pouce. Il me dit qu'à la clinique, on lui a indiqué qu'il fallait une incision et ensuite désinfecter avec de l'alcool. Il n'a pas suffisamment d'argent pour payer les frais. Je suis malheureusement sur le départ et je garde les quelques francs CFA qu'ils me restent en cas de besoin. Je déplore de ne pas pouvoir l'aider. Quelle misère, un pays où les habitants ne peuvent pas se faire soigner...

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