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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 13:50

Nous nous mettons à l'ombre d'un manguier, comme quelques hommes du campement. Notre présence ne passe pas inaperçue...

 

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Infirmière de Foralac (© FabMoustic)

 

Une femme vient à notre rencontre. C'est l'infirmière du camp. Visiblement, elle ne manque pas de caractère et demande à être photographiée.

Je la félicite pour son élégance, boubou et coiffe à dominante rouge et tongs assorties, ornées d'une fleur. Elle me dit que c'est tous les jours comme cela !

Roséphine prend la pose. Je lui promets de lui envoyer la photo (ce qui sera fait par l'intermédiaire de Manu).

 

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Oreilles d'éléphant près de Makabana (© FabMoustic)

 

Je descends vers quelques maisons du village, pour observer de plus près un singulier végétal. Sans doute en avais-je déjà croisé sans faire attention.

Manu m'explique que ce sont des "oreilles d'éléphant". Les larges feuilles nervurées, d'un vert brillant, sont de la hauteur d'un homme. Le végétal est originaire d'Asie et parait-il comestible.

 

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Oreilles d'éléphant, Alocasia macrorrhiza (© FabMoustic)

 

De retour sous le manguier, j'établis le contact avec les ouvriers, lesquels dans un premier temps étaient assez distants.

L'un d'eux me dit que son salaire mensuel est de 55 000 FCFA (soit 84 euros). De quoi survivre...

J'arrive à les convaincre de poser pour moi. Les plus âgés se mettent devant, les jeunes font les zouaves derrière.

 

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Groupe d'ouvriers sous le manguier (© FabMoustic)

 

On me réclame par contre un billet pour boire une bière. Je propose 5 000 FCFA. On me dit que ce n'est pas assez, pour la dizaine d'hommes présents !

 

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Village de Foralac (© FabMoustic)    

 

Je donne donc 10 000 FCFA. Voilà mes interlocuteurs satisfaits. Ils pourront se rafraîchir, par exemple dans le bar qui affiche la couleur bleue d'une bière locale (Primus).

Bien sûr, ils aimeraient également avoir la photo. Pas d'adresse, le plus simple est de l'envoyer (en plusieurs exemplaires) à Mme l'infirmière.

 

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Hangars d'une scierie de Foralac (© FabMoustic)

 

En contrebas du camp, on aperçoit des hangars recouverts de tôles. Une partie du bois est transformée sur place, dans une scierie.

On voit les grumes posées sur le sol, des hommes qui s'affairent et des engins. Près des hangars, les planches sont empilées. Manu nous dit que la concession autrefois attribuée aux Portugais est désormais dans les mains de Malaysiens.

 

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Scierie de Foralac (© FabMoustic) 

 

Il est difficile de contrôler l'exploitation forestière. Les principales infractions relevées concernent la coupe d’arbres n’ayant pas atteint le diamètre minimum d’exploitabilité, la coupe d'essences non autorisées, le non respect du quota annuel alloué, la falsification des numéros de certaines billes, l’évacuation de billes non répertoriées dans le carnet de chantier (pour échapper au paiement des taxes), un non paiement des taxes et des amendes dues par les exploitants.

L'enjeu est fort pour la pérennité de la forêt du Congo. L'idéal est une exploitation raisonnée qui permet un renouvellement de la forêt, par un prélèvement ciblé des arbres à maturité, et un respect des jeunes arbres lors des coupes.

Mais certains ne voient qu'à court terme et un profit immédiat...

 

Source : rapport n°1 du projet “Observation Indépendante de l’application de la loi forestière et de la gouvernance dans le Bassin du Congo” - 2011

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Publié par Fabrice Moustic - dans Niari
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commentaires

Julia Makossombo 11/08/2013 23:58


La société Foralac a des bureaux sur l'avenue Loango. Disons sur une ruelle perpendiculaire à l'avenue Loango. Le propriétaire est, sauf avis contraire, toujours M. Baretto.


Quant à l'exploitation forestière, sans être spécialiste, à ce qu'on m'a raconté, quand on abat un gros arbre, il entraine dans sa chute beaucoup d'autres aux alentours. Désastre garanti. Seul
15% de l'arbre abattu sont utilisés, le reste est abandonné sur place.

Fabrice 12/08/2013 08:22



Il existe des techniques d'abattage pour faire le moins de dégats possibles, censées être respectées pour les certifications de qualité de l'entreprise et le respect de la nature sur le long
terme. Mais sont-elles appliquées ?



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