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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 14:00

Nous reprenons la route sinueuse du Mayombe. Les véhicules accidentés, bien souvent encore sur la chaussée, en rappellent la dangerosité. De nuit, ces épaves constituent en elles-mêmes un danger certain.

 

mayombe-nationale-epave-accident

Epave de véhicule accidenté (© FabMoustic)    

 

Un parapet défoncé dans la zone la plus sinueuse montre que les sorties de route sont fréquentes. Le comportement des chauffeurs, notamment une vitesse inadaptée au relief, et le mauvais état des véhicules en sont les principales causes.

 

mayombe-nationale-parapet-accident

Parapet détruit dans une descente (© FabMoustic)

 

Cette fois, pas de brouillard dans les sommets. C'est moins stressant... Le ciel s'est bien dégagé.

Aurélien, assis à l'arrière, fait quelques clichés. Il aime bien les bambous géants qui poussent dans les zones humides.

 

mayombe-bambous-géants

Bambous géants (© Truuuc)

 

Manu cherche à acheter des bananes pas cher. Nous faisons un court arrêt à Mpounga. Halte infructueuse ! Mais il ramène tout de même quelques légumes achetés à Dolisie.

Il est près de 14h, nous n'avons pas encore mangé et nous cherchons un coin pour nous arrêter. Hélas, très peu de zones ont été prévues pour les automobilistes...


mayombe-colline-deboisée-2012

Relief du Mayombe en partie déforesté (© FabMoustic)

 

Nous stoppons dans la seule zone où un dégagement goudronné permet de s'arrêter. Et nous ne sommes pas les seuls ! C'est le lieu où on fait le plein d'eau, grâce à l'eau s'écoulant d'un tuyau planté dans les rochers (armés de béton) de la falaise. Et c'est aussi l'étape pour la pause-pipi.

Nous mangeons notre boule de pain sec achetée à Dolisie et quelques cacahuètes. Nous sommes "au pain sec et à l'eau" !

Nous assistons au ballet, dans les deux sens, des camions et voitures, au défilé des bouteilles qui se remplissent et des vessies qui se vident. 

 

mayombe-nationale-quatre-voies

Nationale 1, version large (© FabMoustic)

 

Un mini-bus s'arrête. Un homme descend, traverse la route et va laver un jeune enfant sous le jet d'eau. Spectacle un peu étonnant. L'enfant est bien calme et ne bronche pas.

J'échange quelques mots avec un autre homme. Il effectue le trajet de Pointe-Noire à Madingou et espère arriver vers 20h. Le chemin est encore long, ils sont bien entassés dans le mini-bus ! Il me demande d'où je viens.

De notre côté, nous avons comme objectif, pour nos dernières heures à passer au Congo, d'aller à Bilala. Manu m'a parlé de nombreuses fois de ce village. 

 

mayombe-piste-bilala

Piste de Bilala (© FabMoustic)

 

Il faut donc trouver la bonne piste. Manu emprunte un premier chemin à gauche, mais ce n'est pas le bon. D'après la carte, l'accès se situe après Doumanga, et il me semble bien que nous n'avons pas encore dépassé le village.

Manu demande à un homme des précisions sur la route de Bilala. Notre arrêt ne passe pas inaperçu et des enfants du village viennent nous voir. Je distribue quelques stylos et aussi un tout petit chien en peluche. Je l'avais oublié dans mon sac à dos, il fait la joie d'un jeune garçon.

Notre villageois confirme mon impression. Manu est un peu fatigué, et les effets de la bière belge qu'il a consommé  à la pause ne me plaisent pas des masses... Il a un coup de mou et a tendance à fortement ralentir.

Enfin, nous trouvons le bon accès, comme indiqué, après Doumanga et avant la carrière. La piste jaune à emprunter est relativement en bon état.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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commentaires

charles 25/06/2013 17:23


Bonjour,


J'ai emprunté cette route de nombreuses fois. A mon époque, c'était une piste de tôle ondulée. Il fallait rouler vite pour éviter d'être secoué dans la voiture comme un shaker, mais au moindre
coup de frein on allait direct dans les matitis. Le danger, aussi, c'était de se retrouver nez à nez avec un grumier " s'en fou la mort ", vous aviez droit à un allé simple vers
l'Au-delà. Beaucoup de mes amis ont fait ce dernier voyage.


En 1896, du temps de mon arrière grand père, il fallait plusieurs semaines pour relier Loango à Brazzaville. La piste ne faisait pas plus de 40 cm de large. La traversée du
Mayombé était un enfer avec sa forêt très dense, ses rivières, ses marais, ses hautes herbes tranchantes comme des rasoirs et pointues comme des dards, ses collines de plus de 600
m à pic...  sans compter les animaux de toutes sortes et les attaques des indigènes ... Seul "Eden" après le passage du Mayombé (5 jours avec 30 porteurs) le Cercle de
Loudima.


Cordialement


Julian Charles

Fabrice 25/06/2013 21:00



Bonjour,


La piste de Bilala était relativement en bon état. Pas trop secoué ! Et aucun grumier mortifère croisé...


Il fallait en effet 25 à 30 jours pour faire plus de 500 km à pied entre la côte et Brazzaville. Une sacrée aventure jusqu'aux années 1930 !



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