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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 18:30

Notre départ de Mossendjo a lieu vers 18h30 alors que le soleil disparait derrière les arbres. A la sortie de la ville, un jeune motocycliste brandit un pangolin qu'il vient de capturer.

Par curiosité, Manu demande le prix. C'est 3 000 FCFA ou 3 Euros nous dit-il. Cela fait rire notre chauffeur, car les deux montants ne sont pas équivalents ! Mieux vaudrait l'acheter en euros.

 

mossendjo-coucher-soleil-congo-

Coucher de soleil à Mossendjo (© Truuuc)

 

Après deux petites heures de route, nous effectuons une courte pause, la bière faisant son effet...

La brousse, si étrangement calme le jour, résonne du crissement des insectes. Quel vacarme !

 

mossendjo-nuit-piste-milala

Pause dans la brousse (© Truuuc)

 

Nous ne pouvons plus profiter des beaux paysages du Niari, une pénombre dense recouvre de mystère la piste qui défile et la végétation qui danse devant nos phares.

 

mossendjo kibangou-paysage-niari

Paysage du Niari entre Mossendjo et Kibangou (carte postale Hoa-Qui - © Bardon)

 

Il serait malvenu de tomber en rade. Je rappelle à Manu de faire attention au traître ralentisseur de Makabana qui nous avait déglingué notre amortisseur...

C'est ici que nous devons faire une halte pour récupérer la commande effectuée à l'aller.

 

makabana-nuit-niari

Lampadaires de Makabana (© Truuc)

 

Sans trop savoir comment, nous retrouvons les habitations où nous attendent les villageois. Dans une sombre case en briques, on récupère un gros sac de foufou. L'un des porteurs cherche à gagner un peu d'argent, en me réclamant un billet pour le "transport" du sac jusqu'à la voiture. Je lui donne 500 FCFA, tout en lui disant que je ne suis pas le Crédit du Congo ! Manu a distribué quelques casquettes.

 

Nous prenons aussi en stop un homme prénommé Nandin. Je salue le jeune porteur en lui préconisant de devenir commerçant.

C'est de nouveau parti pour des dizaines kilomètres de piste... Bizarrement, le trajet parait plus facile, les difficultés sont moins visibles, mais pourtant toujours là.

 

Genetta maculata congo

Genette tachetée d'Afrique centrale (© D. De Luca ; archive.fieldmuseum.org)

 

Soudain, je vois dans nos phares, traversant la piste, une sorte de chat sauvage tacheté. Un bref instant aveuglé, il stoppe sa marche puis, bondissant, il disparait rapidement dans la brousse.

Je suggère tout d'abord qu'il s'agit d'un animal proche d'une civette. Manu pense que non, sans être en mesure de m'en donner le nom. Après quelques recherches, il s'agit probablement d'une genette tachetée (Genetta maculata), encore fréquente en Afrique centrale. Le petit carnivore, aux moeurs nocturnes, fréquente une large variété d'habitats, les forêts tropicales, les zones marécageuses, des mosaïques savane-forêt, les broussailles et la savane herbeuse. Cela correspond au paysage traversé. Mais il évite la savane très sèche et les régions vraiment arides.

 

Arrivés à Mila-Mila, nous demandons à notre auto-stoppeur où nous devons nous arrêter. Mais Nandin s'est endormi !

Une fois réveillé, il descend près d'un bar. La musique de l'établissement nous réveille, voilà aussi quelque temps que nous n'avions pas vu de lumières électriques.


Il est environ 22h15. Notre présence est vite repérée... Au moment de repartir, nous subissons un contrôle du service des Eaux et Forêts, accompagné de la gendarmerie. Un agent nous reproche de ne pas nous être arrêtés à l'aller... Aucun signe ne nous avait été fait !

Manu discute avec les agents et nous demande de patienter dans la voiture. Après quelques coups de lampe torche, la vérification du coffre, comme nous ne sommes pas des braconniers, nous repartons sans souci.

 

antilope-sitatunga-congo

Antilope du Congo (carte postale vers 1910 © Visser)

 

Après Mila-Mila, la piste est plus facile. Après quelques kilomètres, Manu, fatigué, passe le volant à Aurélien. 

Cette fois, sur le trajet, je vois une petite antilope surgir d'un buisson. Dépourvue de cornes, elle présente un pelage fauve rayé de blanc. La nuit est propice aux rencontres animalières ! 

 

sitatunga-femelle-petit 

Femelle Sitatunga et son petit (© RayMorris1 / flickr - 2011)

 

Il s'agit probablement d'une femelle antilope Sitatunga (Tragelaphus spekii). Seul le mâle au pelage brun possède des cornes.

C'est une espèce qui fréquente la végétation dense des marécages, les clairières marécageuses dans les forêts, les bosquets riverains des cours d'eau, et les mangroves. Ainsi, on l'appelle aussi "Guib d'eau". Dans les milieux de savane, le Sitatunga se trouve généralement dans de vastes peuplements de papyrus ou de roseau.

La femelle atteint 80-90 cm au garrot pour environ 55 kg, contre 100-120 cm pour le mâle et environ 90 kg. Le Sitatunga est nettement plus petit que son cousin le Bongo (Tragelaphus eurycerus).

 

A l'entrée de Dolisie, Manu reprend le volant. Il s'était assoupi quelques instants pour un repos bienvenu. Nous arrivons vers 00h30 à l'hôtel...

Il veut alors aller manger une boîte de conserve ! Les restos de Dolisie sont bien sûr tous fermés à cette heure tardive. Nous déclinons l'invitation. Au lit ! Demain une autre rude journée s'annonce...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Niari
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Charles 13/05/2013 11:18


Bonjour,


La carte postale paysage du Niari est signée : Hoa Qui et Bardon. Est-ce le Bardon qui était libraire et industriel à Brazzaville? et qui a monté par la suite le " Drugstore des
Palmistes" à Cayenne.


J.Charles

Fabrice 13/05/2013 19:16



Bonjour,


Je ne sais pas si le cliché signé Bardon a été pris par l'homme cité. Mais le libraire avait peut-être fait éditer certaines de ses photos par l'éditeur de carte postale Hoa-Qui ?



Charles 12/05/2013 18:09


Bonjour Fabrice,


C'est bien une genette. J'en ai élevé une au début des années 60. Elle n'était pas encore sevrée quand on nous l'a donnée, et ne pouvait pas téter au biberon. On a du la nourrir à la
pipette et on l'a sauvée. C'est devenue par la suite un magnifique animal qui, la nuit venue, faisait la sarabande dans la maison et adorait rentrer sus la moustiquaire. Plus fidèle qu'un
chat, elle répondait à son nom: Winnie. 

Fabrice 12/05/2013 21:58



L'animal est donc domestiquable ! Aujourd'hui, "Winnie" fait plus penser à un ourson qu'à une genette ou à un chat sauvage.



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