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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 10:30

La première explication pour la dénomination de "Pointe-Noire" (Ponta Negra, Punta Negra ou Black Point) est liée à la couverture végétale du cap naturel.

 

la-pointe-noire-bel-congo-1907

La Pointe-Noire en 1907 (Mission de Jean-Marc Bel au Congo francais, 1906-1907 © BNF)

 

En effet, les palmiers de type Borassus (appelé aussi rôniers) ont des feuilles en éventail d'une couleur sombre. Vu du large, ce feuillage sombre et dense tranche fortement avec la lisière de sable blanc. Cela est conforté par la dénomination utilisée par les hollandais au XVIIème siècle, que j'évoquais dans l'article précédent, "Le Cap aux arbres".

On voit d'ailleurs encore en 1907 une épaisse végétation à l'extrémité du cap de Pointe-Noire.

 

pointe-noire-borassus

Palmiers Borassus à Pointe-Noire (1924 - Société de Géographie © BNF)

 

La pointe est restée pendant longtemps inhabitée et a servi de point de repère aux marins de toutes nationalités pendant plusieurs siècles. Rappelons que le site principal de débarquement sur ces côtes était Loango, jusqu'à la fin du XIXème siècle.

 

pointe-noire-1916

La baie de Pointe-Noire et le cap vers 1916 (carte postale)

 

Punta-Negra est prise en 1880 par les Français "après un combat sanglant avec les indigènes" nous relate un cours de géographie de 1887. Des traités sont ensuite signés avec les chefs locaux, qui s'engagent à mettre fin à l'esclavage. La carte postale évoque la présence d'un "ancien marché d'esclaves" à Pointe-Noire. Le point de départ (et de non retour) vers l'autre rive de l'océan était Loango.

A partir de cette date, on débarque de temps à autre à Pointe-Noire et on construit des bâtiments avec les matériaux trouvés sur place, comme les indigènes. La France met en place une vingtaine de postes coloniaux dans le but de commercer et de prendre pied dans le pays.

 

côte-mondaine-1924-congo

Bâtiments entre la Côte Mondaine et le cap en 1924

 

Le cap est progressivement déboisé comme le montrent les clichés des années 1920. La végétation laisse peu à peu la place aux constructions.

 

cap-djindji-congo-1924

Cap Djindji, quelques palmiers Borassus subsistants (1924)

 

La côte bientôt dénommée Mondaine devient le noyau de départ de la ville. La baie de Pointe-Noire accueillera le port.

Mais il y a une autre explication à la dénomination du lieu...

 

 

Sources : 

La Société de construction des Batignolles de 1914-1939: histoire d'un déclin - Anne Burnel.

 

Géographie des Colonies françaises. Cours spécial pour l'enseignement primaire supérieur, par F. J. - Abrégé des deux ouvrages intitulés : La France coloniale et les colonies françaises illustrées - Éditeur : A. Mame et fils (Tours) - 1887 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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charles 06/11/2012 18:17


Antanlontan les passagers qui devaient embarquer sur un paquebot au large étaient chargés  dans des nacelles et déposés dans des barquasses qui faisaient la navette entre le
wharf et le paquebot. J'ai eu cette expérience dans les années 50 à Lomé au Togo, pas de port à l'époque. Je ne sais pas si cela existait à Pte-Noire ?


 Parfois des nacelles " buvaient la tasse " et naturellement, grosse rigolade des spectateurs  Africains comme Européens venus assister à l'embarquement.

Fabrice 06/11/2012 19:31



A partir des années 1940, le port permettait aux gros bateaux d'accoster à Pointe-Noire. Donc embarquement facile !


Auparavant, que ce soit à Loango ou à Pointe-Noire, les barques étaient de mise avec la difficulté de franchir "la barre" du rivage.



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