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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:50

A l'opposé de la gare CFCO et de la ville "européenne", au bout de l'actuelle Avenue de Gaulle, s'est développée progressivement le "village indigène". C'était le terme employé à l'époque coloniale. Aujourd'hui, les Congolais utilisent plutôt le terme de "cité" pour désigner les quartiers populaires où ils habitent.

 

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Pointe-Noire, village indigène, en 1943 (Germaine Krull © CAOM)

 

Au début de la fondation de Pointe-Noire, pour tout "village indigène", on ne trouve sous les palmiers et les manguiers (cf ci-dessus) que quelques cases éparses, souvent un habitat traditionnel constitué de "poto-poto", de bois et de végétaux.

Les travaux du chemin de fer et du port, l'essor de la ville européenne dans les années 30-50 (ses nombreux chantiers, ses administrations et ses commerces) vont attirer un nombre grandissant de personnes vers la ville.

 

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Vue aérienne de la "ville indigène" vers 1945 (carte postale)

 

La "ville indigène" prend place au nord-est de la ville, de manière bien séparée, avec une conception toute militaire. On prévoit que les avenues partant de la place centrale soient implantées en étoile, dans le but de contrôler d'éventuels mouvements de population... La vue aérienne ci-dessus est excentrée (en bas à gauche, la fin de l'avenue de Gaulle) mais on devine alors 4 ou 5 avenues (vers 1940-45 ?).

 

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Extrait du plan de Pointe-Noire en 1936 (© Congopage - avril 2006)

 

Comme le montre le plan de 1936, on prévoyait la mise en place de 7 avenues. Un marché se tenait initialement à gauche de la "ville indigène". On trouve la dénomination de "marché frontière" (sous-entendu, je présume, situé entre les deux parties de la ville). A droite, à l'entrée, on trouvait un dispensaire et une école (cf A la cité : en quête du "Petit Paris" (suite) ). 

 

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Village indigène de Pointe-Noire vers 1950 (carte postale PariSangha)

 

Les cartes postales des années 1950 nous montrent une ville indigène bien paisible, à l'habitat peu dense, sous les ombrages des flamboyants et autres palmiers.

 

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Village africain de Pointe-Noire vers 1950 (carte postale)

 

Peu à peu les cases "en dur" remplacent l'habitat traditionnel. Les employés de bureau congolais peuvent se permettre d'améliorer les conditions de vie familiale.

Mais il est rare que les Européens mettent les pieds au village indigène. On envoye le plus souvent le "boy" faire le marché et la ségrégation d'habitat est la règle. Le "boy" doit être rentré chez lui à 20 h et le "patron" de la ville europénne est contraint de lui signer une autorisation s'il dépasse l'horaire fixé par la loi... Une sorte de couvre-feu en quelque sorte !

 

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Entrée de la cité et marché de Pointe-Noire vers 1955 (carte postale)

 

Dans les années 1950-60, la densité de l'habitat augmente. La ville indigène comporte ses 7 avenues (comme le  montre la vue arienne ci-dessus). Un marché a pris place au coeur de celle-ci, c'est le "marché central".

Le rond-point où aboutissent les avenues prend singulièrement la forme d'un coeur, la pointe tournée vers la gare de Pointe-Noire ! 

 

Le "village" va s'étendre et l'habitat se densifier (voir page suivante).

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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