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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 16:00

De retour à la résidence, je retrouve les vendeurs d'antiquité qui m'attendent. Certains sont simplement là pour me donner l'autorisation de sortie de "biens culturels". La taxe pour obtenir cette dernière a doublé !! Elle est passée de 2 500 à 5 000 FCFA (pour 1 à 5 objets), suite à une directive du Ministère de la Culture et des Arts du mois de mai 2011. Sacré augmentation...

Gauthier me livre ma commande de masques passeports, pour une amie de ma belle-soeur. Il n'a pas trouvé une grande série, j'ai donc quatre petits masques et deux grands (réplique miniature des masques Réga, Kwélé, Songye...).

D'autres veulent à tout prix me vendre quelque chose... Je retrouve Jacques, qui me propose différents masques. J'opte un peu pour lui faire plaisir, pour un masque Oiseau, au bec crochu, et un masque rayé Téké. Il y a aussi Serge qui insiste lourdement. Il est revenu exprès pour me voir. Il me dit que sa mère est décédée en RDC et qu'il cherche de l'argent pour faire le voyage. Vrai ou pas ? Je rechigne car j'ai déjà fait pas mal d'achats et je n'ai pas de coup de coeur pour ce qu'il me présente... Je finis par acheter un petit masque Songye, d'un style que je n'ai pas encore et qui me parait assez ancien.

Pendant que nous discutons sur le parking de la résidence, je me fais piquer par une minuscule mouche. Ce n'est pas vraiment une piqûre mais j'ai une petite cloque sur le doigt, à l'endroit où elle s'est posée. S'agit-il de la mouche dont on m'avait parlé, qui peut voler en nuage, emportée par les vents, et même atteindre les plates-formes au large ? Elle provoque des brûlures de la peau. Mystère !

 

derrick-port-pointe-noire

Au Derrick, sur fond de port...

 

En milieu d'après-midi, c'est Patrice qui passe me voir et nous passons un bon moment à discuter au Derrick, en buvant une bière assis dans un fauteuil. Je lui offre mon modeste cadeau pour Paule (cf  Pointe-Noire : à l'hôpital Sicé... naissance ! ), un petit éléphant rose en tissu acheté chez Moussa. Il me montre des photos de son mariage. Photos dont les couleurs sont en train de passer... Ce moment permet à Patrice de souffler un peu après les instants difficiles vécus ces derniers jours.

Je le raccompagne jusqu'à l'avenue Loango, car les taxis ne s'aventurent pas trop jusqu'à la résidence qui est en retrait de l'axe de circulation. Pendant l'attente, un mendiant nous importune, en répétant "Yanga, Yanga" et en nous montrant ostensiblement un moignon de bras... Le jeune homme fait référence à l'accident de train tragique qui a coûté la vie à des dizaines de personnes en juin 2010 (cf Post-Scriptum (5ème mission) : accident de train CFCO). A t-il vraiment perdu son bras dans cet accident ? En tout cas, l'handicap n'est pas feint !  Patrice me conseille de m'en méfier... Je finis par lui donner quelques pièces et il nous laisse tranquille.

 

darel-cote-mondaine

Darel

 

Sur le chemin du retour, devant le Club nautique, je retrouve un visage connu, celui de Darel. Le jeune homme a l'air en forme et plus gai que lorsqu'il était cireur de chaussures (cf Sur le départ... cadeaux encombrants ! ). Il n'a pas un emploi fixe de soudeur et me dit chercher actuellement du travail. 

Il me montre une ordonnance et me dit avoir besoin de ces médicaments pour sa soeur. Cela sent l'arnaque... Un vendeur d'antiquités m'a fait le même coup avec une ordonnance pour une femme enceinte, soit-disant la sienne. Enfin, en même temps c'est crédible, il n'y a pas de protection sociale donc c'est difficile pour les plus pauvres de se soigner. Bon, vrai ou pas, victime consentante, je lui donne une boite de paracétamol, qui fait partie de l'ordonnance. Si ce n'est pas vrai, Darel se fera un peu d'argent en revendant les médicaments !

 

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Jaurès, près de l'accueil

 

A la résidence, je retrouve le sympathique garde, Jaurès. J'ai fait sa connaissance cette semaine. Il est bavard et parle très bien français, presque sans accent. Il ferait un bon conteur ! D'ailleurs, il m'a indiqué que lorsqu'il était plus jeune, il allait écouter les histoires des plus anciens du village, sous le M'bongui (case commune servant aux discussions).

Le jeune homme prétend lui-même, lorsqu'il était enfant, être tombé sous le charme d'une "sirène". L'esprit des eaux l'aurait attiré dans la forêt avec un panier de fruits qui avançait sans cesse... Ses parents constatant sa disparition sont venus en criant à son secours, suppliant la sirène de leur laisser leur enfant. Le jeune garçon aurait perdu connaissance et se serait réveillé ensuite dans les bras de sa mère. Quelle histoire ! 

Jaurès m'a indiqué avoir écrit un recueil de contes congolais, issu des soirées passées à écouter les anciens. Il espère pouvoir le publier. Je lui ai donné deux adresses d'éditeurs français susceptibles d'être intéressés. Je lui ai aussi fortement conseillé de garder une copie de son texte, car la poste congolaise n'est pas fiable et les manuscrits ne sont pas forcément renvoyés. Je n'ai pas lu son manuscrit et je ne sais pas si la qualité est au rendez-vous... Ce n'est bien sûr pas le premier à avoir eu cette idée au Congo (cf Contes de Loango ).

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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