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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 13:15

Le terme de "Pygmée", attribué par les européens aux Noirs de petite taille (c'est un mot d'origine grecque signifiant "haut d'une coudée") a pris au fil du temps une connotation péjorative, voire pour certains constitue une insulte. Bien sûr, les populations concernées, à l'origine, ne se nommaient pas ainsi.

En Afrique centrale, de multiples ethnies subsistent principalement dans les deux Congos, au Gabon, au Cameroun et en République Centrafricaine. Au Congo, on peut croiser deux grands groupes, des Babinga (nord du pays) et des Babongo (sud du pays). D'autres les nomment "Akas", petit peuple de la forêt. Il y a de multiples sous-groupes ethniques, je laisse aux spécialistes le soin d'en parler. Ce sont à l'origine des peuples de chasseurs-cueilleurs nomades, adaptés à la vie en forêt. Certains émettent l'hypothèse que leur petite taille (1,40 à 1,50 m à l'âge adulte) est liée à une adaptation à leur environnement.

 

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Groupe de "Pygmées" avec un colon - Congo - Oubangui (carte postale vers 1950)


Cette minorité ethnique a été opprimée et exploitée depuis longtemps par les Bantous, les "grands Noirs". Profitant de leur supériorité physique et de leur avance technique, les Pygmées étaient soumis à des corvées, voire devenaient de véritables esclaves, en tant que "propriété" de leur "maître" Bantou. Ces pratiques n'ont malheureusement pas complètement disparu. Les relations avec les Bantous demeurent fortement inégalitaires, ceux-ci étant propriétaires des terrains et des animaux.

  

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Chasseurs "pygmées" de la région de Ouesso - Congo (carte postale vers 1950)

 

Au Congo, les Pygmées ne représentent qu'environ 1% de la population, soit seulement de l'ordre de 40 000 individus dispersés sur tout le territoire.

Nombre de pygmées seraient sédentaires en saison des pluies dans le type d'habitation vu à Bihoua (cf Lékoumou : rencontre de "Pygmées" près de Bihoua), et nomades pendant la saison sèche, habitant alors en forêt dans une hutte végétale en forme d'igloo.

Mais la sédentarisation est de plus en plus permanente, conséquence de la cohabitation avec les villageois Bantous, conjuguée avec la disparition progressive de leur culture et de l'habitat traditionnel forestier (victime de l'exploitation des ressources naturelles).

 

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Enfant pygmée du Congo devant une hutte (AFP © Desirey Minkoh)


Après l'Administration Coloniale, ce sont les autorités de la République du Congo qui dès les années 1960 ont favorisé la sédentarisation et l'installation des Pygmées à côté des villages Bantous. Une ségrégation a lieu car souvent une bande non habitée les sépare, à l'entrée ou à la sortie des villages.

Dans la Lékoumou, qui abrite environ 30% des Pygmées du Congo, on dénombre ainsi une cinquantaine de villages où les deux populations cohabitent. Les Babongo de la région de Sibiti parlent différentes langues, y compris des langues Bantous qu'ils ont assimilé.
En moyenne, les trois-quarts d'entre-eux ne sont jamais allés à l'école. Ils sont principalement employés par les Bantous comme main d'oeuvre dans les travaux agricoles et forestiers, dans le meilleur des cas pour un maigre salaire de 250 à 500 FCFA par jour (environ 50 centimes à 1 Euro). Quand ce n'est pas pour un litre de vin de palme...
Une loi pour protéger les Pygmées, élaboré en 2004 par le gouvernement congolais, a été seulement promulguée en 2011. Changement de terminologie, on parle désormais de "peuples autochtones". Mais la perte d'identité associée à l'alcoolisme est en progression rapide, conduisant à la possible extinction de ses peuples et leurs cultures. L'ONU tire la sonnette d'alarme, mais l'application sur le terrain des protections prévues par la loi est loin d'être évidente. Les "autochtones" eux-mêmes sont pris dans un cruel dilemme entre le mode de vie traditionnel et les attraits de la modernité.


Sources principales : 
La sédentarisation des pygmées et son impact sur leur développement dans les villages communautaires au Congo : Cas du district de Sibiti. Benoît Libali- 2001
Dictionnaire Général du Congo Brazzaville - Philippe Moukoko - 2000
RFI.fr 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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Ya Sanza 01/09/2012 18:42


Un superbe boulot sur les pygmées de la Likouala


http://congo-dechaine.info/content/neuf-jours-chez-les-pygm%C3%A9es-du-congo-dossier-de-fr%C3%A9d%C3%A9ric-lewino-dans-le-point

Fabrice 01/09/2012 21:16



Reportage très intéressant en effet, sur ce peuple pris entre tradition et modernité.



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