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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 10:00

Les paysages changent progressivement. La densité de végétation s'amoindrit et la savane prend sa place. 


Savane


Lors de la traversée des villages, nous faisons "bonjour" aux enfants et aux habitants, lesquels pour la plupart nous répondent. Dans ces coins perdus, ils ne voient pas grand-chose. Manu me dit aussi qu'en cas de problème (panne, ensablement...), c'est toujours bon de sympathiser avec les villageois.
En dépit du peu de temps dont nous disposons, Manu s'arrête et salue une vieille femme, assise par terre, en train de tresser une natte "à l'ancienne" (en feuille de palmier, je crois). C'est un savoir-faire qui est en passe de disparaître. Manu me raconte que quelques jeunes filles préservent cette activité, en dépit des railleries des copines.
Sur notre parcours, nous voyons plusieurs personnes qui se déplacent entre 2 villages en écoutant un poste de radio. C'est le seul lien avec le reste du monde ! Le moyen de locomotion principal est bien sûr... la marche à pied.
Un peu plus loin, nous croisons une colonne de femmes portant des bassines d'eau sur la tête. La corvée d'eau est ancestralement dévolue en Afrique à la gent féminine... Nous croisons aussi des femmes portant du bois (certainement pour alimenter le foyer, pour la cuisine).
Je suis frappé par la propreté des petits villages. Rien à voir avec les bidonvilles de Pointe-Noire... Les maisons en bois et végétaux traditionnels sont bien entretenues, les cours sont balayées et parfois entourées de petits enclos.

A certains endroits, la savane a été brûlée. La technique du brûlis permet de rendre la terre plus fertile. Il s'agit ensuite de faire des plantations ou bien de faire paître les animaux, avec l'herbe repoussant drue et verte.


 Brûlis


Il y a de grands espaces qui paraissent entièrement vides. Pas un seul animal (visible) et pas une seule construction.
Vers midi, nous nous arrêtons soulager notre vessie, boire et nous alimenter un peu. Cela fait du bien aussi de n'être plus secoué dans tous les sens. Au pied de l'arbre près duquel je me soulage, je remarque une belle termitière. Jaune, elle a pris tout simplement la couleur du terrain. Le silence total est reposant et impressionnant. Une petite brise rafraîchit l'atmosphère.

Termitière

 
Mais la pause est de courte durée. Il faut garder le rythme pour avoir le temps de faire l'aller retour dans la journée. Nous reprenons la piste sinueuse et défoncée qui perce la savane tel un interminable reptile jaunâtre. 


Piste


Dans la traversée des villages, il faut prendre garde de ne pas écraser les animaux domestiques. La route étant peu fréquentée, certains ont la bonne idée de se coucher au milieu ! A l'entrée d'un village nous sommes à deux doigts d'écraser un chien et à la sortie d'un autre, c'est une truie et ses porcelets qui se relèvent soudainement de la poussière dans laquelle ils se vautraient. Poules, canards et quelques chèvres complètent bien souvent le tableau champêtre.
Une collision avec ces animaux nous vaudrait sans doute le courroux de la population locale. Il est donc raisonnable d'éviter de réduire en bouillie ce maigre cheptel, sans doute leur seule richesse. Mais mon chauffeur Manu connaissant la valeur du bétail est vigilant sur ce point !

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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commentaires

Ghislaine 06/02/2010 10:47


bonjour Fabrice
Mon fils est bien arrivé et c'est dans ce parc qu'il va travailler avec le SRN.
Merci pour vos images qui me font accompagner mon fiston par la pensée ^^
à bientôt


Fabrice 06/02/2010 12:37


Content que Romain soit arrivé à bon port, ou plutôt à bon aéroport ! Ce sera super pour lui de travailler dans le Parc National de Conkouati Douli. Le reboisement conditionne le retour des animaux
sauvages et est utile pour l'alimentation des populations locales.
Les conditions de vie seront sans doute un peu rudes, mais cela sera compensé par la beauté des paysages et les rencontres qu'il va faire.
A+ 


MM 11/10/2009 11:57


Emprise de la nature? Abondon? Ou incapacité a transformé ces zones a des fins de developpement collectif? Esperant que les generations futures qui liront ces merveilleux recits de
Fabrice apporteront le jugement.Pour le temps qui nous est permis de vivre maintenant et d´observer, nous laisse simplement admiratif de ces beaux paysages photografiés par l´auteur.Qui sait
alors d´ici 100 ans peut etre que ces lieux donneront place a des vastes operations mafieuses immobilières ou industrielles comme en europe actuellement?


Fabrice 11/10/2009 16:39


J'espère que ces paysages seront préservés à l'avenir. C'est le but de tout parc national. D'autres zones sont aptes à accueillir l'expansion économique.
Beaucoup de congolais ne sont pas conscients de la richesse de leur patrimoine naturel. Un important travail de de sensibilisation est à opérer.


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