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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 19:00

Je croise le chauffeur Honoré sur le parking de l'hôtel. Il est malade. Il s'est rendu à des obsèques à Hinda le week-end dernier. Mais le véhicule n'était pas climatisé... Les vitres ouvertes, il a donc "mangé" pas mal de poussière. Il tousse et n'est vraiment pas en forme.

 

Le soir, je retrouve l'antiquaire Serge. Il m'a trouvé une statue de chef. Au moment où je le salue, toutes les lumières s'éteignent, y compris celles des lampadaires de l'avenue qui borde la Côte Sauvage. C'est le noir complet ! La coupure d'électricité est heureusement de courte durée.

 

Serge me présente une belle statuette. Le chef Bembé (ou Beembé, du nom d'une ethnie Kongo de la région de la Bouenza) est assis en tailleur, les bras le long du corps. Cette position (funda nkata) est le reflet d'une grande honorabilité. Le visage dégage une sérénité manifeste. Les yeux creux ont peut-être perdus leur ornement. Une barbichette symbolise le vieux sage. Des scarifications ornent l'abdomen de l'ancêtre.

 

statue-chef-bembé

Statue de chef Bembé (bois 18 cm) 

 

Il me précise que c'est un chef Bembé "de Loango". Est-ce à dire qu'il s'agit de Bembés venus de l'intérieur du pays pour s'installer chez le roi de Loango, en tant qu'alliés ? Mystère... Peu importe, la statue me plaît et le marché est donc conclu !

La statuette du chef Bembé a rejoint plus tard la maison de ma cousine Jocelyne. Elle m'avait "passé commande" d'une représentation masculine, sa statue de maternité s'ennuyait toute seule !

 

Une statue similaire de chef Bembé, mais de plus grande taille, est visible au Musée Mâ Loango de Diosso.

 

chef-bembe-musee-diosso

      Chef Bembé (Musée de Diosso)

 


Petit incident à l'accueil de l'hôtel, la navette pour l'aéroport n'est pas passée, laissant en rade un passager. Le voyageur n'a pas d'autre choix que de prendre un taxi.

 

Plus tard, je bois un verre au bar avec Manu. Il se remet de ses chamailleries avec Sh... Gauthier qui m'attendait dehors, nous rejoint ensuite. Il est triste et mal à l'aise. Il se tient à l'écart comme s'il était puni. Nous l'invitons à s'asseoir à côté de nous. Il ne veut rien boire. Le pauvre est visiblement marqué par son coup de déprime de l'autre soir...


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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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commentaires

Julia Makossombo 06/08/2013 11:38


Je veux bien que vous faites une action sociale mais en même temps vous renforcez l'idée qu'un blanc est une vache à lait et qu'il est facile de le tromper. Prix de mundele ? C'est un peu de
la discrimination je pense. Une marchandise a la même valeur pour tout le monde.


Pour votre prochaine mission au Congo, je vous donne une astuce. Lors de la négociation, offrez le tiers du prix annoncé. Restez ferme sur votre offre. Vers la fin de la négociation, acceptez
d'ajouter un petit quelque chose (1000 ou 2000). Insistez que vous savez que ce qu'on vous présente comme antiquités ne sont en fait que des reproductions. Le bois surtout ne survi pas longtemps
aux conditions de vie des villages. Il y a les termites.

Fabrice 06/08/2013 20:10



Non, d'expérience la marchandise n'a pas le même prix pour tout le monde. Les prix n'étant pour la plupart pas affichés et marchandés, il est évident que l'on va hausser le prix pour le mundele
dont les revenus sont bien supérieurs au "congolais moyen". Ce n'est pas terriblement choquant. Inversement, c'est parfois gênant pour les congolais qui m'accompagnent, le prix est fort, parce
que je suis là et que l'on croit que l'achat est pour moi !!


Les discussions sans fin sur les prix sont un aspect de la culture locale que je n'apprécie guère. Je n'ai pas toujours le temps de le faire non plus vu la brièveté de mes séjours. Et en France,
les prix de ces objets sont dans la gamme où je les achète. Quant au terme "antiquités", bien sûr un objet de 20, 30 ou 40 ans c'est déjà beaucoup, et pas impossible non plus à conserver. Il
était préservé quand il avait une valeur cultuelle. J'ai refusé des objets trop modernes ou mal faits. Je n'achète pas n'importe quoi non plus !



Julia Makossombo 05/08/2013 16:25


Parfois vous mentionnez le prix que vous payez pour ces "antiquités" et je vous assure qu'ils sont faramineux. Vous payez souvent 10 fois la valeur marchande de l'objet.


En revanche, vous avez un excellent goût. Les pièces que vous achetez sont belles, bien que des reproductions.

Fabrice 05/08/2013 21:14



C'est le prix pour un mundele ! Je ne suis pas dupe, je fais une "action sociale" en même temps pour ces vendeurs ambulants qui n'ont pas de revenus fixes, et des enfants à nourrir.



béga 20/09/2010 19:47



bien qu'elles soient toujours artisanales, les "antiquités" africaines de toutes ethnies et provenances, sont reproduites "en série" au Cameroun, et revendues à tous les "antiquaires" de rues. de
plus, les bois soit disant précieux, notamment l'ébène gris du Congo, sont bien souvent teints et sans valeur. Bien entendu, il peut y avoir des exceptions, mais elles sont  rares. Celà
n'enlève rien au charme de ces reproductions, mais ne comptez pas faire l'affaire du siècle à votre retour en France, en misant sur la valeur de revente de vos précieuses antiquités, les prix
fous mentionnés parfois en France pour une véritable antiquité concernent des provenances et des réseaux très particuliers monopolisés par des filières très installées et  informées. On
murmure qu'un ancien président de la république française avait son réseau à Brazza, il y a déjà longtemps de celà, et à fait main basse sur tout ce qui avait véritablement de la valeur.



Fabrice 20/09/2010 20:56



Ne vous inquiétez pas, je ne compte pas faire fortune avec mes achats. Aucune spéculation en vue ! C'est pour moi, ma famille, des amis ou des collègues de travail. Si je revends un objet, c'est
sans bénéfice (et parfois même à perte... participant ainsi à la survie des "vendeurs d'antiquité"). 


Je suppose comme vous que les pièces les plus anciennes et les plus intéressantes sont déjà parties du pays. Maintenant, il me prend à rêver qu'il reste malgré tout quelques objets authentiques
au Congo, gardées par quelques "anciens", au creux des villages, même s'ils n'ont que 40 ou 50 ans d'âge.


Si le président français que vous évoquez est un amateur d'Arts Premiers, nous devons penser au même !



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