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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 14:35

Le végétal qui a retenu mon attention au bord de la piste à Moukobi (Lékoumou) est un arbuste singulier. Ses larges feuilles et ses fleurs jaune vif au milieu de la verdure attirent le regard. 

 

dartrier-casse-ailée

Dartrier

 

Il s'agit du dartrier (Cassia alata L. ou Senna alata L. Roxb.), un arbuste aux multiples noms, auquel on attribue des vertus pour guérir les maladies de peau, comme les dartres. 

 

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Fleurs "en bougie" du dartrier

 

En anglais, on le dénomme parfois "candle bush", à cause des fleurs jaunes qui se dressent telles des bougies. L'orangé cède progressivement la place au jaune vif quand la fleur s'épanouit. Elle est aussi appelée "épi d'or".


Mais les fruits aussi sont remarquables par leur forme géométrique, la gousse se pare de quatre bourrelets latéraux et longitudinaux, appelés "ailes". La gousse est d'abord verte puis devient brune.

 

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Casses ailées du dartrier

 

Ce type de fruit de légumineuse étant appelé "casse", voilà pourquoi l'arbuste est aussi nommé "casse ailée".


Le dartrier est originaire d'Amérique du Sud mais s'est répandu dans les zones tropicales du monde entier. Il est très proche de son cousin, le séné officinal (Cassia senna).

Outre son emploi pour soigner les dermatoses (eczéma, dartres...), il est utilisé comme purgatif, antimycosique et antiparasitaire. Ce sont les feuilles que l'on broye pour en tirer le jus ou bien que l'on infuse.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Nature
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 14:30

Nous quittons la cathédrale de Sibiti et le niveau de carburant ayant bien diminué, nous cherchons du carburant à la station service de la place où se tient le marché. Le tenancier nous annonce qu'il n'y a plus de diesel... Il nous invite cependant à en chercher auprès des "Kadhafi", vendeurs à la sauvette de carburant, plus ou moins trafiqué. Bon, on devrait pouvoir rejoindre la prochaine station à Loudima avec ce qui nous reste. Tant pis... Manu se demande si le pompiste n'est pas complice du trafic de carburant, engrangeant peut-être un bénéfice entre le prix officiel à la pompe et le prix de revente des petits vendeurs.

 

Nous reprenons la route de Loudima. A la sortie de Sibiti, nous prenons le soin de repérer la route de l'aéroport au cas où nous reviendrions ici demain pour rejoindre les chutes de la Bouenza. Je ne sais pourquoi Manu appelle cette piste, la "route d'Inda" alors que je ne vois pas de village portant ce nom sur la carte.

Un peu plus loin, nous rencontrons un mystérieux barrage... Un gros bambou et quelques branchages ont été jetés au travers de la route. L'endroit est sombre. Deux hommes se tiennent à proximité, machette à la main. Ne connaissant pas les intentions, bonnes ou mauvaises, de ces individus, Manu n'hésite pas et fonce ! Le frêle barrage ne résiste pas au 4x4 et nous passons sans encombre. Peut-être voulaient-ils seulement nous demander un service (les conduire à la ville suivante...) ? Ou bien rançonner le Blanc qu'ils avaient vu passer à l'aller ? Nous ne le saurons jamais, mais mon chauffeur n'a pas pris le risque de s'arrêter. Les deux hommes entre aperçus n'avaient pas l'air particulièrement agressifs... Avoir une machette est chose fréquente en brousse.

 

Nous repassons, route unique oblige, devant le campement "Pygmée" à Bihoua. Manu a la bonne idée de klaxonner à l'approche du lieu. Nous entendons alors une clameur montée, et je vois des paumes de mains s'agiter par dessus le rideau d'herbes folles qui borde la piste. Nos "amis" (cf Lékoumou : rencontre de "Pygmées" près de Bihoua) nous ont reconnus, mais moi je n'ai pas vu une seule tête émerger de la végétation !

 

Quelques kilomètres plus loin, je demande à Manu de s'arrêter. Le bref incident de tout à l'heure ne nous empêche pas de faire une étape. J'avais repéré à l'aller un charmant petit hameau perché sur une colline, près de Moukobi. De petites maisons en bois couvertes de chaume s'étagent au milieu de la végétation le long de la pente. En haut, on aperçoit une construction plus moderne, tout en longueur.

 

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Hameau près de Moukobi

 

Je traverse la route et monte un sentier à droite pour aller à la rencontre des habitants. Deux femmes montent un petit chemin à gauche, l'une portant un bébé dans le dos et du bois sur la tête, l'autre un mponzi, le panier étant lourdement chargé.

A l'entrée d'une case, j'offre quelques images à des enfants. Mais ils sont sans réaction... Les adultes qui les accompagnent paraissent tout autant hébétés. Sans doute sont-ils surpris de l'irruption soudaine d'un Blanc devant leur habitation ? Barrière de la langue ? Leurs conditions de vie semblent des plus rudimentaires, toutefois leur maison en bois est plus grande que celle des pygmées.

Le contact n'étant pas du tout établi, je redescends sur la route. J'ai repéré au bord de la piste une plante qui m'intrigue (cf Lékoumou : Dartrier ou casse ailée ). Christ m'accompagne dans ma petite balade.

En remontant la piste, nous croisons deux hommes avec chacun une brouette. L'un transporte du maïs, l'autre des bananes (vertes). Sans doute reviennent-ils des champs. Nouvelle tentative de contact... Cette fois pas de souci, nos deux villageois parlent français. Je demande à l'un d'eux ce qu'il fait du maïs. Il me répond qu'il s'en sert pour avoir de la farine et aussi fabriquer une boisson fermentée.

 

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Hommes du village transportant le maïs (© Manu)

 

Peu après, mon interlocuteur jette un regard noir à Manu. Car il vient de prendre une photo... Voyant sa réaction, je dis à Manu qu'il aurait dû demander son autorisation avant de faire le cliché. L'homme acquiesce et répète, mécontent, ma phrase à l'intention de Manu. On en reste là...

Nous voyons enfin un peu de soleil ! Le temps était bien nuageux depuis ce matin. Notre présence crée l'attraction et d'autres habitants viennent peu à peu nous rejoindre. Une femme porte un mobchi avec une lourde charge en bois, combustible pour la cuisine. Les enfants, plus timides, finissent aussi par s'approcher, parfois en se cachant derrière le pagne de leur mère ou restant en retrait.

Finalement, après quelques échanges amicaux, tout le monde est prêt pour une photo de groupe, y compris notre homme réticent qui pose cette fois avec un régime de bananes.

 

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Habitants de Moukobi

 

Un autre homme s'est approché de moi, et m'annonce qu'il est un "pygmée autochtone", il répète plusieurs fois le mot "autochtone", mais ne parle pas bien français. La nouvelle terminologie est donc parvenue jusqu'au fin fond de la brousse ! Notre "autochtone" est de petite taille, environ 1,50 m, et je suis obligé d'accorder du crédit à son affirmation.

 

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L'autochtone et moi (© Manu)

 

Il porte des vêtements trop grands pour lui, son maillot siglé dépasse largement et son pantalon de survêtement traîne par terre. Il se prête volontiers aux photographies, mais il a une idée derrière la tête, puisqu'il me réclame un peu d'argent. Je lui donne pour le remercier 500 FCFA.

 

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Mère et son bébé à Moukobi

 

Une maman me réclame aussi un petit billet pour son enfant. Le bébé est potelé et semble bien se porter. Elle répète "pour le bébé, pour le bébé...". Un autre billet marron viendra répondre à son attente.

Il est temps de partir car nous devons aller à Nkayi, nous saluons les villageois et reprenons la route. 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Lékoumou
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