Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 09:30

Dimanche matin... Un peu dans les brumes, je me suis réveillé trop tôt à mon goût, sans trop savoir pourquoi. Je flemmarde tout de même au lit et prend mon petit-déjeuner vers 9h30. 

J'échange quelques mots avec le serveur Polesky. Il rêve de devenir acteur de cinéma... Il aimerait que les congolais fassent des films, comme le font les Nigerians et les Sud-Africains. Ou bien des séries diffusées à la télé comme les Ivoiriens. Mais il faut du matériel, et ce n'est pas donné d'avoir une vraie caméra et une perche pour la prise de son (il cherche le mot "girafe"). Pourquoi ne pas commencer par le théâtre ? Je lui suggère cette possibilité qui demande moins de moyens.


Je salue Patrice à l'accueil qui me remercie pour notre petite sortie d'hier au Mazra Club. Les enfants étaient très contents et ont tout raconté à leur mère. La mangrove, les animaux bizarres, la plage... Christ Laurey est arrivé à la maison vers 17h, avec regret, trop tard pour venir avec nous.

 

Le neveu de Manu est un peu en avance. Je reçois un appel de Patrice à 10h20 m'informant de son arrivée. Il patiente quelques instants dans le hall.

Je ne connais pas David, mais le courant passe tout de suite. La trentaine, il parle facilement et s'avère très sympa. Nous voilà partis dans son taxi sous un ciel nuageux en direction de Diosso, pour découvrir les gorges de Tchissanga que l'on m'avait conseillé de voir (merci Lionel !).

 

pointe-noire-songolo-route

Nouvelle route goudronnée après Songolo

 

Comme je veux mettre la ceinture de sécurité (contrairement à ses passagers habituels...), il nettoie la poussière qui s'y est déposée. Il comprend ma démarche car il me raconte qu'il s'est fait peur avec son fils lors d'un coup de frein intempestif. Mais ce dimanche matin, les rues de Pointe-Noire sont quasi désertes. Aucun bouchon ! Nous nous arrêtons près de la base industrielle dans une petite boutique pour acheter de l'eau Mayo. Puis direction Songolo et les faubourgs de Loandjili. La belle route goudronnée qui rejoint désormais ces quartiers est appréciable. Mais David note à juste titre que l'on a rien prévu pour l'évacuation de l'eau. Pas un seul caniveau ou collecteur ! La chaussée risque donc de se déteriorer rapidement à la saison des pluies... Il déplore qu'au Congo on fasse les choses à moitié.

 

pointe-noire-laveur-voiture

Laveur de voiture

 

Les faubourgs aussi sont calmes. La plupart des boutiques sont fermées, des personnes endimanchées sortent des petites églises de quartier. Seuls les laveurs de voiture répètent leur pénible et inlassable tâche... La poussière toujours bien présente leur donnera encore pour longtemps du travail.

David quant à lui travaillait auparavant à l'accueil d'une entreprise italienne. Voilà pourquoi il a le contact facile ! Mais cela ne payait pas beaucoup (100 000 FCFA par mois, environ 150 euros). Il a donc préféré devenir taximan.

 

pointe-noire-route-diosso

Route de Diosso    

 

Nous voilà sur la nationale qui mène à Diosso. Nous croisons de nombreux marcheurs à pied. Sport pratiqué par une frange des congolais.

Le pare-brise du taxi est largement fendu, la fente se terminant par un embout en plastique rouge censée l'arrêter ! Un autocollant de lutte contre le paludisme a été collé sur le tableau de bord et se reflète dans le verre. Pas facile de faire des photos à travers le pare-brise dans ces conditions...

 

Voilà le péage officiel de Lemba où nous laissons comme de coutume 500 FCFA. Mais David s'arrête peu après à un péage officieux. Contrôle des papiers du véhicule... Il connaît le but et ne s'attarde pas à négocier comme le font d'autres conducteurs qui nous précèdent. Il glisse 1500 FCFA dans ses papiers, descend du taxi et va directement auprès des forces l'ordre.

 

pointe-noire-diosso-maison

Cases près du péage de Lemba

 

Nous voilà repartis sans perte de temps, après ce qu'il faut bien appeler du racket. Nous prenons à gauche, dépassons Matumbi et les "pieds dans l'eau". Tiens, la pancarte parait toute neuve, le lieu victime de l'érosion de la côte (cf Sur la route de Bas-Kouilou ) a-t-il été réhabilité depuis ma venue fin 2008 ?

Sur la nationale, les marcheurs prennent des cars pour rentrer. David me raconte qu'ils vont maintenant boire des bières et manger... perdant ainsi en partie le bénéfice de leur activité physique.

 

Manu m'avait dit que son neveu connaissait l'accès aux gorges, étant taximan, mais je constate que ce n'est pas le cas... C'est moi qui lui demande de faire demi-tour, car nous sommes arrivés trop loin... Un panneau indique Madingo-Kayes 18 km ! Si on continue, on va rejoindre le fleuve Kouilou.

 

tchissanga-tilapia

Entrée de "Tilapia"

 

Je vois à peu près où il faut tourner, mais nous nous arrêtons demander notre chemin. Il n'y a pas grand monde dans le coin, et c'est un arrêt au niveau des bâtiments de Tilapia. J'ai cru un instant qu'il y avait un élevage de poissons dans les parages. Mais non, la pancarte indique que c'est une exploitation pétrolière ! Le gisement est exploité en cogestion par la SNPC, sur la commune de Holmoni.

Le couple de gardiens, après réflexion, nous conseille de tourner à gauche à la SITRAD, puis de passer à pied devant la maison de Gaston (décédé il y a peu) et un petit cimetière, pour rejoindre notre objectif.

 

tchissanga-carriere-sable

Piste d'accès et camion

 

Nous reprenons la voiture et tournons peu après à gauche au niveau du panneau cité. Plus de goudron, nous empruntons une piste ocre et sableuse. Après quelques centaines de mètres, nous croisons un camion qui soulève un gros nuage de poussière, sortant de ce qui ressemble à une carrière.  

Mais la couche de sable devient épaisse et devant la montée, le taxi patine et s'ensable...

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
commenter cet article
12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 17:00

Aussitôt arrivés sur la plage, les enfants ne tardent pas à mettre en vrac leurs habits dans mon sac à dos et à enlever leurs chaussures pour plonger dans l'eau.

Patrice et moi rappelons les consignes de prudence. Il ne faut pas oublier que c'est la mer la plus forte ! Mais les vagues sont ici nettement moins violentes que sur la Côte Sauvage.

 

mazra-plage-baignade

Les enfants dans l'eau...    

 

Spectateurs, nous prenons place au resto de plage, assis autour d'une table. Nous commandons la boisson comprise dans l'entrée. La serveuse est toujours aussi peu communicante... Il ne reste plus de choix dans les bières. La Castel que nous buvons n'est pas terrible...

 

mazra-songolo-judoka

Karatékas de la plage    

 

Des karatékas s'entraînent toujours, équipés de leurs kimonos, plus ou moins blancs. D'autres individus les imitent en pratiquant des prises.

Deuxième hasard après celui de l'aéroport, je remarque qu'Olivier est assis à une table d'à côté. Je vais le saluer. Il est accompagné de Xavier, déjà croisé l'an dernier au resto "Sous les manguiers".

Nous discutons de notre projet d'expédition aux gorges de Sounda, envisagée demain. Olivier ne veut pas prendre de risques, il a peur de tomber en panne en pleine brousse. Partir à un seul véhicule, ce n'est selon lui pas très sûr... Bon, ce n'est pas grave, je ferai autre chose ! 

 

mazra-plage-plongeon

Plongeon dans l'océan !

 

Le soleil commence à décliner, je fais quelques photos des enfants s'amusant dans l'eau. Saint Euge et Sofian, les deux plus grands, sont les plus actifs !

 

Patrice leur demande de sortir de l'eau. Personne n'a prévu de serviette pour s'essuyer... Mine de rien, le soleil ne chauffe plus et ce n'est pas facile de sécher. Allan a froid et grelotte en enlevant son maillot de bain. Johan lui aussi est gelé et se retrouve muet. Les plus grands vont se changer derrière une paillote.

Pour se réchauffer un peu, enfin avoir quelques calories, les enfants boivent leur soda. Nous contemplons ensemble le coucher du soleil et juste avant de sombrer dans l'océan, l'astre s'est habillé d'un beau manteau rouge.

 

mazra-plage-soleil-rouge

Soleil rouge...

 

 

Il fait nuit noire quand nous quittons le Mazra Club de Songolo. Il faut faire attention aux trous dans le plancher des pontons... Les oiseaux dans les arbres sont encore plus nombreux que tout à l'heure. Toute la colonie est rentrée au dortoir !

Pas de taxi à la sortie, donc nous cheminons dans la pénombre pour rejoindre un endroit plus fréquenté. Les enfants me montrent un chat blanc. Je leur avais dit que l'on en voyait presque pas à Pointe-Noire... Un homme assis dans le noir nous confirme que c'est bien un chat !

Dans le ciel bleu nuit, une étoile plus brillante que les autres retient notre attention. Patrice croit que c'est un satellite ! 

 

Nous arrivons devant chez Manu, où le bar d'en face a mis la sono en marche. Nous trouvons juste après un taxi libre, qui hésite à nous prendre. Nous sommes un peu trop nombreux...

Direction le Palm Beach. Je ne sais plus comment, la discussion avec le chauffeur s'oriente vers la nourriture. Nous parlons des habitudes culinaires congolaises et françaises.

Arrivés vers la gare, nous croisons la foule qui remonte de la plage de la Côte Sauvage. Chance et Allan veulent voir ma chambre ! Nous libérons donc le taximan et tout le monde descend à l'hôtel. Le bagagiste Thomas nous voyant arriver déclare "C'est la colonie de vacances !". Les enfants semblent un peu surpris, car ils sont muets. Sans être luxueuse, ma chambre est bien sûr fort différente de la leur... J'ai de la place et des équipements (télé, frigo...). Je souligne tout de même qu'il faut payer assez cher pour dormir ici (prix officiel 90 000 FCFA la nuit).

Après cette visite guidée, sur le lieu de travail de leur père, tout le monde repart. Les petits ne peuvent s'empêcher de monter sur les éléphants en bois présents dans le hall ! Bon, ce ne sont pas des jouets, mais le bref chevauchement ne leur a pas été dommageable.

Je salue la famille à l'entrée de l'hôtel. Saint Euge failli repartir avec mon sac à dos, qu'il avait oublié qu'il portait. Chance insiste pour avoir la petite balle qui est dans mon sac... Mais je ne lui donne pas tant qu'elle ne prononce pas un mot magique. Avec un "s'il te plaît" et un bisou, c'est tout de suite plus sympa !

Toute la famille s'engouffre dans un nouveau taxi et moi je passe une soirée tranquille, après une journée bien remplie. Je téléphone à Manu pour lui annoncer l'annulation de notre hypothétique expédition. Il me propose d'aller se balader avec son neveu, qui dispose d'un taxi. Bonne idée !      

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories