Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 09:30

Certains jeunes congolais ont eu la bonne idée de rendre hommage à leurs ainés. Ainsi le photographe Bourges Naboutawo a publié un certain nombre de clichés sur le thème des "anciens combattants". Il ne reste presque plus aucun combattant au Congo de la période 1939-1945, quelques uns peuvent encore témoigner des conflits plus récents (Indochine, Algérie, Cameroun).

 

 12-FFL Villa Joachin 1942

M. Villa Joachin, ancien combattant des FFL (© Bourges Naboutawo)

 

Le photographe avait cependant eu la chance de rencontrer à Brazzaville un ancien combattant de la Seconde Guerre Mondiale. M. Villa Joachin, né en 1924, s'était engagé dans les Forces Françaises Libres en 1942, à tout juste 18 ans. Il était dans une unité combattante, aux côtés des Français, et a participé aux conflits en Egypte, Italie, Allemagne...

 

12-FFL acte-engagement-brazzaville

Acte d'engagement et carte d'identité FFL d'un combattant congolais (© Bourges Naboutawo)

 

Près de soixante-dix ans plus tard, le vieil homme pouvait encore montrer son acte d'engagement aux côtés des forces militaires françaises ralliées à de Gaulle, et sa carte d'identité frappée de la Croix de Lorraine.

Je ne sais pas si l'ancien combattant est toujours vivant (Villa Joachin aurait alors 88 ans, longévité peu fréquente dans le pays).

 

13-tirailleurs-congo-mitraillette-1943

Tirailleurs congolais à l'exercice à Brazzaville en 1943 (Germaine Krull © CAOM)

 

La capitale du Congo a été durablement marquée par cette histoire miliaire coloniale, par exemple dans les noms des rues et des quartiers.

Le quartier "Tchad" rappelle les casernes fondées en ce lieu vers 1900 et le "camp Tchad" des années 1940 où stationnaient les Forces Françaises Libres. Le "plateau des 15 ans" évoque le quartier où les militaires congolais pouvaient prendre leur retraite au bout de 15 ans d'engagement.

 

 12-FFL ancien-combattant-Brazza

Plaque de rue hommage à un ancien combattant (© Bourges Naboutawo)

 

Le jeune photographe congolais a aussi photographié une plaque de rue rendant hommage aux anciens combattants de la période 1939-1945.

 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
commenter cet article
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 08:30

Après la reconquête de l'Afrique du Nord et de l'Italie, c'est le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. On a beaucoup parlé de ce débarquement des Alliés, dans lequel la participation directe des français est cependant mineure. Seuls les 177 fusilliers marins du commando Kieffer y participent.

 

 10-tirailleur-exercice-moyen-congo

Exercice de campagne d'un mitrailleur congolais - 1943 (Krull Germaine © CAOM)

 

L'autre débarquement qui implique cette fois largement la France, à travers l'Armée d'Afrique, c'est celui du 15 août 1944 en Provence. Il regroupe les hommes mobilisés en Afrique du Nord (Européens et Indigènes) et les troupes coloniales (Afrique Noire, Madagascar...).

Ainsi le soldat Itoua Itoua (né à Kikoumou en 1916) appartenant à la 1ère DFL, meurt le 16 août 1944 à bord du "Durban Castle", bateau anglais stationné dans la baie de Cavalaire, au large de Hyères (Var). Etait-il blessé ? Est-il mort noyé ? Mystère. Il sera considéré comme "Mort pour la France".

De même, le soldat Madpo (né à Dianga, près de Sibiti, en 1912) appartenant au 4ème RTS meurt à Toulon (Var) le 25 août 1944. Il sera considéré comme "Mort pour la France".

 

L'armée débarquée en Provence libère Toulon, Marseille et prend ensuite la route de Lyon ou la Route Napoléon, à travers les Alpes. D'autres militaires de l'AEF perdent la vie dans les semaines qui suivent le débarquement. Comme le soldat Baniakissa Jacob (né à Boko, au sud du Pool, en 1925) appartenant à la 1ère division des FFL, qui meurt dans un "accident en convoi de voitures militaires" à Aubagne (13) le 5 octobre 1944.

Son compatriote Acouba Venceslas (né à Lombia (?), Brazzaville, en 1922) appartenant au Bataillon de Marche n°10, meurt de maladie bien après, le 20 septembre 1945, à Pierrefeu-du-Var (83).

 

07-tirailleur-brazzaville-1944

Tirailleur à Brazzaville en 1944 (Krull Germaine © CAOM)

 

Après Lyon (ville libérée le 3 septembre 1944 par la 1ère DFL), il faut prendre la direction de l'Alsace. La 1ère Armée commandée par le général de Lattre de Tassigny prend part à la bataille des Vosges. A partir de fin septembre 1944, elle a pour objectif de s’emparer de la "trouée de Belfort" (passage emprunté par les Prussiens en 1870), afin de déboucher sur Mulhouse et la plaine du Rhin.

Le 13 septembre 1944, la 9ème division d'infanterie coloniale rejoint le 1er corps d'Armée et s'engage dans la boucle du Doubs. Dans les environs de Belfort, autour du fort de Lomont, se livrent de furieux combats.

C'est dans cette région que le soldat Kaligo Jean (né à M'Baiti (?) en 1918) appartenant au 6ème RTS trouve la mort "des suites de blessures". Il décède le 1er octobre 1944 à Consolation-Maisonnettes (Doubs), sans doute dans l'ancien monastère transformé en hôpital de campagne.

 

L'été touchant à sa fin, l'hiver étant très rigoureux dans l'est de la France, une majorité de Tirailleurs "Sénégalais" jugés peu résistants au froid, furent renvoyés vers la Côte d'Azur ! Ce fut alors la période de "blanchiment" de l'armée de Libération... Profonde injustice pour nombre de ces soldats africains qui avaient participé aux différentes phases de la guerre depuis 1939. Ils furent ainsi privés de Victoire... Des régiments changèrent aussi de nom, par exemple le 6eme R.T.S. devint le 6eme R.I.C.

 

 

08-tirailleur-oubangui-chari-royan-1945

Tirailleur du Bataillon de marche n°2 de l'Oubangui-Chari à côté du fanion de son unité, à Royan en 1945 (Général Henri Amiel-ECPAD ©)

 

Le bataillon de marche n°2 (BM 2), connu sous le nom de "Bataillon de marche de l’Oubangui-Chari", interviendra également dans la Libération de la France, notamment dans la région de Royan. Occupée par plus de 5 000 soldats allemands très bien armés, la libération de la "poche de Royan" donnera lieu à de longs et violents combats, de septembre 1944 à avril 1945.

Le BM2 avait été formé à Bangui en novembre 1940 et a participé aux campagnes en Afrique et Moyen-Orient en 1941-1943 (cf Hommage aux combattants Congolais (1939-1945) - 2 ).

 

11-tirailleur sara-congo-brazza

Tirailleur de la garde indigène à Brazzaville -1943 (Ellebé © CAOM)

 

Notons que l'ethnie Sara a encore une fois été mise à contribution lors des recrutements militaires dans les années 1930-40 en AEF (comme lors de la construction du CFCO...). Les impressionnantes scarifications faciales de certains de ces soldats retiennent l'attention des photographes (notamment ceux du service d'information des Forces Françaises Libres). On leur doit ainsi de beaux portraits de tirailleurs issus de l'AEF.

 

 

Sources principales : 

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Scheck, R. (2007). Une saison noire. Les massacres de tirailleurs sénégalais. Mai-juin 1940. Paris : Tallandier.

http://www.cheminsdememoire.gouv.fr

http://www.francaislibres.net/

http://www.netmarine.net/

http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/CultureSociete/1306.asp 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories