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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 15:45

Nous reprenons la direction du centre-ville et faisons une courte halte devant ce qui est appelé la "gare centrale". Pas de forces de police à l'horizon... Mais le soleil couchant se trouve juste dans l'axe de la photo et rend difficile la prise de vue.

 

brazza-gare-centrale-cfco

Gare centrale de Brazzaville en 2011

 

La gare de Brazzaville a été construite vers 1930, en même temps bien sûr que la ligne du Chemin de Fer Congo-Océan. Mais elle n'a pas la fière allure et l'originalité architecturale de celle de Pointe-Noire (cf Gare de Pointe-Noire : Deauville ?  ; Second week-end à Pointe-Noire (suite) ) ! 

 

Brazzaville-nouvelle-gare-centrale

Gare centrale de Brazzaville vers 1970 (carte postale Iris)

 

L'édifice a été profondément remanié en 1962, lit-on. On peine à croire qu'il s'agit bien du même bâtiment que celui photographié au début des années 1940 ! J'ai plutôt l'impression que la gare a été rasée et entièrement reconstruite au goût du jour...

 

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La gare de Brazzaville (côté voies) en 1943 (© CAOM Germaine Krull)

 

L'architecture en béton de la gare des années 1930 rappelle celle des autres gares que l'on peut voir le long du parcours du CFCO, et celle des bâtiments coloniaux de cette époque, avec arcades, balcons ajourés et toit à deux niveaux.

 

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Gare CFCO (côté place) en 1955 (© Pierre Vermorel)

 

On trouve devant la gare une grande place agrémentée d'un petit square, avec des bassins en demi-lune, et d'une statue. De chaque côté, il reste deux pavillons des années 1930 qui présentent la même architecture que celle de la gare d'origine. Malheureusement, je n'ai pas fait de photo de ceux-ci...

 

 

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Vue aérienne de la place de la gare de Brazzaville vers 1980 (origine ?)

 


La place comportait la statue d'un homme debout brisant ses chaînes. La statue symbolisant le Congo accédant à la liberté, sous les traits de ce colosse fort et fier, était connue sous le nom de "Ondongo très fâché». Mais il a été remplacé depuis peu par une autre figure allégorique...

Il doit être encore plus fâché !!


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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 15:30

A l'extrémité de l'avenue Edith Bongo, nous tournons à droite, quittant la voie bitumée, pour emprunter une étroite piste défoncée. Fort heureusement, nous ne sommes pas à la saison des pluies, durant laquelle nombre de véhicules doivent s'embourber ici. Nous pénétrons dans un quartier très pauvre, dont l'habitat est fait en majorité de bric et de broc. C'est une partie de Mpila appelée "port de Yoro". Le nom du lieu proviendrait d'un ancien propriétaire sénégalais, dénommé "Yéro Thiam".

Le sol est jonché de détritus, principalement des débris de plastique. Triste spectacle que ces enfants jouant au milieu des immondices, devant leur misérable baraque faite de planches et de tôles rouillées. Certains marchent à peine et piétinent déjà dans les ordures.

 

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Port de pêche de Yoro

 

C'est le quartier le plus pauvre que j'ai pu voir à Brazzaville. Au bout de la rue (enfin si on peut l'appeler ainsi...), Brice fait demi-tour et nous dépose devant une porte qui donne sur le fleuve. Notre chauffeur reste au volant de son véhicule.

Je ne me sens pas à l'aise et je n'ai pas trop le coeur à faire des photos du village de Yoro, ayant l'impression d'être un intrus au milieu de toute cette misère. Nous passons la palissade et un beau paysage s'ouvre devant moi. En contrebas, les pirogues sont rangées au bord du fleuve. Manu m'explique qu'il y a aussi des "baleinières", embarcation de plus grande taille dont une partie est couverte par une bâche. Cela permet de naviguer sans doute plus longuement sur le Congo, avec un petit abri pour passer la nuit.

 

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Pirogue abandonnée au milieu des détritus...


A peine suis-je entré, qu'un jeune homme, dont le pantalon sale tient par une ficelle nouée autour de la taille, me demande un billet... Il ne parle pas bien français et je ne comprends pas la moitié de ce qu'il me raconte. Manu devine mon embarras et il me demande d'attendre pendant qu'il va négocier avec des policiers, assis en retrait le long de la palissade. Abrités sous des tôles, je ne les avais pas vus. Il faut une fois encore obtenir le "droit" de faire des photos...

 

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Baobab du village de Yoro

 

Après le feu vert du policier (contre un petit billet bien sûr), je prends une vue générale du port. En face de nous, c'est toujours l'île Mbamou et ses langues de sable bordées de grandes herbes. Il y a très peu d'arbres. Au loin, de grands panaches de fumée s'élèvent. Ceci explique sans doute cela... Une grande pirogue est posée sur cale, sur un banc de sable. Peut-être est-elle en chantier ? Un autre bateau est dénommé "Le sycomore en marche". Effectivement, si le bois provient de cette essence, voilà un tronc d'arbre qui "marche" sur les eaux.


Ce qui est remarquable au port de Yoro, ce sont les grands baobabs qui dominent les environs. On en voit plusieurs dans le village qui ont été préservés. Vu leur taille impressionnante, ils sont là depuis des siècles et ont vu passer de nombreuses pirogues !

 

Brazza-port-yoro-pirogue

Piroguière sur le fleuve Congo

 

Le soleil commence à décliner. Manu repère une pirogue dirigée par une femme. Cela le chagrine un peu, c'est une pratique des "gens du Nord" ! On ne devrait pas laisser ainsi souquer une "maman". Cela ne se fait pas.


Manu m'encourage à aller plus loin, mais je n'ai pas le coeur à mitrailler de photos le port et le village. Je suis tristement marqué par le contraste entre la beauté du paysage fluvial et la pauvreté ambiante...

 

brazza-port-yoro-berges

Marchandises déposées près des tas d'ordures

 

A notre droite, des marchandises sont entassées sur le sol, près des tas d'ordures. Il ne faut pas chercher bien loin la raison pour laquelle on est ensuite malade, en consommant les aliments de ces sacs. Avec la pollution de l'eau bien sûr, avec laquelle on fait cuire ses mêmes aliments.


Mon interlocuteur ne m'a pas lâché. Je prends pitié de lui et avant de partir lui donne un petit billet. Il me montre un autre jeune assis, en me disant que c'est un "cousin mundele". Il a effectivement le teint clair et est sans doute le fruit d'un métissage. Le jeune homme sourit et je le salue avant de retraverser la palissade. Nous reprenons la piste chaotique du village de Yoro. Il me semble me souvenir que sur le trajet, Fred s'est arrêté acheter je ne sais plus quoi dans une bicoque.

 

Au bout de cette rue misérable, on construit un monument en marbre à la gloire d'Edith Bongo. Je ne peux m'empêcher de dire à mes amis congolais que l'argent serait beaucoup mieux employé à améliorer le sort des habitants de Yoro. Ne serait-ce que le simple fait de bitumer la voie d'accès... Cette femme a déjà une avenue à son nom. A part avoir été la fille d'un président et la femme d'un autre, qu'a t-elle donc fait de si extraordinaire pour mériter un tel monument ?

Misère...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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