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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 20:30

C'est à un voyage musical insolite que le Festival "Détours de Babel" nous a invité dans une salle de spectacle de l'agglomération grenobloise, vendredi 11 avril.

Musique et chants de pygmées Aka, peuple réputé pour ses singulières polyphonies, se sont mélangés au son de la guitare de Camel Zekri. Les chants rythment traditionnellement la vie de tous les jours des pygmées (la chasse, un changement de campement...) et les étapes de la vie (funérailles...).

Le contexte est particulier puisqu'il viennnent d'un pays actuellement en proie à des violences et des combats meurtriers (La Centrafrique). Ils remplacent d'ailleurs au pied levé d'autres centrafricains qui n'ont pas pu se déplacer (ensemble de trompes Ongo-Brotto de Bambari, de l'ethnie Bandas... petit clin d'œil, peuple qui a participé autrefois à la construction du CFCO !).

  

pygmées-aka-Lobaye

Artistes pygmées Aka (Détours de Babel © Hexagone)    

 

Les deux artistes Aka viennent de la vallée de la Lobaye, affluent du fleuve Oubangui, d'où le titre du spectacle. Cette région est frontalière de l'extrême nord du Congo, cette limite artificielle n'ayant pas grande signification pour un peuple nomade vivant dans la forêt équatoriale. Mais cette partie du Congo a vu affluer ces derniers mois des milliers de réfugiés centrafricains, qui se trouvent dans des conditions de vie très précaires. Les médias n'en parlent guère... Le sort réservé aux "autotochnes" du Congo n'est pas toujours très enviable (cf Les Pygmées au Congo ;  Lékoumou : rencontre de "Pygmées" près de Bihoua ).


Lors de l'entrée en scène, le physique des pygmées tranche avec la haute stature du musicien d'origine algérienne. Bien entendu, là n'est pas l'essentiel. Le musicien a noué progressivement des liens étroits avec la population Aka, conduisant à la démarche artistique actuelle.

Pas d'artifices folkloriques, nos hommes sont habillés de sobres costumes 3 pièces et d'une chemise blanche (contrairement au cliché ci-dessus).

 

camel-zekri-guitare

Le guitariste Camel Zekri (© RD)

 

Pendant 1h30, plusieurs tableaux musicaux se succèdent, sur fond d'images d'un séjour de Camel Zekri dans un village pygmée en 2000, mêlés d'effets de caméra "en direct". 

Le quatrième acteur du spectacle est le danseur Congolais Orchy Nzaba (il a notamment participé au spectacle "Anatomies 2009 : comment toucher ?" au Centre Culturel Français de Brazzaville). Il s'intègre parfaitement au trio, en participant également aux chants et aux percussions (maracas africain).

Les deux personnes qui retiennent l'attention sont bien sûr Prosper Kota et Jean-Pierre Mongoa. Le premier chante et joue de percussions (tambour local), avec une très forte présence scénique. Le second joue de plus de la "harpe" (similaire à celle vue au Congo cf Art traditionnel : "harpe coudée" ). Sans comprendre les paroles, les chants vous portent vers des horizons lointains, aux sources de l'humanité...

Tout le monde entre à tour de rôle dans la "danse", certains pas évoquant la progression des chasseurs sur les sentiers de l'épaisse forêt équatoriale.

 

orchy-nzaba-danseur

Le danseur Orchy Nzaba (© Congopage)

 

Certains spectateurs ont sans doute été un peu perturbés par le mélange de musique ethnique et de musique moderne, ainsi que par le "mur d'images" (une dame âgée a quitté la salle avant la fin...). Un épisode où la guitare s'est électrisée et où les tambours résonnaient fort, frisait le concert de hard rock !!

Mais le "rappel" (émouvante et lancinante chanson, dédiée à leur ami Jean, qui ne pouvait pas être de l'aventure) et le tonnerre d'applaudissements à la fin de la représentation montrent la satisfaction d'une très large majorité du public.

Les artistes étaient eux aussi émus et visiblement heureux de l'accueil qui leur était réservé. Beau moment d'évasion et de rencontre !

 

Le monde est quand même devenu petit. Les 6 000 km qui nous séparent de la Centrafrique et qui représentaient une distance extraordinaire, il n'y a pas si longtemps, n'est plus un obstacle (du moins, il est franchi assez rapidement avec l'argent nécessaire pour payer le voyage en avion...).

Pour faire état d'un certain optimiste, notons aussi que ces Hommes étaient exposés dans des "zoos humains", il y a moins d'un siècle (jusque dans les années 1930). Les Européens ont donc eux aussi évolué et posent désormais un autre regard sur ces cultures différentes, à la fois humainement si proches et si lointaines de nos vies quotidiennes. 

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 19:00

Pour aborder un sujet un peu plus léger, à l'heure où le printemps étale ses fleurs en France, les fleurs tropicales croisées en Afrique, au détour d'une rue, d'un petit jardin, le long d'un fossé ou d'une palissade, égayent l'environnement.

 

On trouve ainsi une grande variété de formes et de couleurs qui vient ponctuer de touches de beauté, la ville ou la brousse. 

 

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Bec de perroquet, Heliconia (Nigeria juin 2013 © FabMoustic)

 

Il existe par exemple différentes variétés de fleurs dénommées "bec de perroquet" dont on constitue parfois des bouquets.

Les couleurs vives de ces fleurs originaires d'Amérique du Sud est une raison de leur succès. Elles appartiennent à la famille des Heliconiaceae. Les fleurs sont présentes à l'extrémité d'un pédoncule, soit "érigées" (comme sur la photo ci-dessous), soit "pendantes".

La plante se reproduit par des rhizomes qui peuvent être quelque peu envahissants.

 

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Fleur orange "bec de perroquet" (Nigeria juin 2013 © FabMoustic)

 

Une autre fleur couramment rencontrée est la canna. C'est une plante herbacée, elle aussi originaire d'Amérique tropicale, de la famille des Cannaceae.

 

canna-fleurs-congo-2012

Canna (Congo décembre 2012 © Truuuc)

 

Cette plante ornementale produit quelques fleurs à l'extrémité d'une solide tige droite. La variété rouge est aussi cultivée en France.

 

canna-fleur-congo-2012

Fleur rouge de canna (Congo décembre 2012 © Truuuc)

 

Une fleur plus surprenante est la remarquable "rose de porcelaine". Elle pousse au bout de longues tiges dépourvues de feuilles, aux côtés de hautes branches évoquant celles du palmier.

De la famille des Zingiberaceae, la rose de porcelaine (Etlingera elatior) est une espèce originaire du sud-est asiatique (notamment de Malaisie).

 

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Roses de porcelaine (Angola novembre 2012 © FabMoustic)

 

La fleur non épanouie prend de délicats tons roses nacrés, imitant la porcelaine.    

 

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Rose de porcelaine juvénile (Angola novembre 2012 © FabMoustic)

 

La fleur à maturité est spectaculaire. De la taille d'un artichaut, elle paraît si parfaite qu'on la croirait artificielle ! La fleur rose-rouge est bordée de jaune ou de blanc.

 

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Rose de porcelaine épanouie (Angola novembre 2012 © FabMoustic)

 

Une autre fleur remarquable par sa forme singulière est la passiflore. Il s'agit cette fois d'une plante grimpante qui s'accrochera volontiers aux haies et autres palissades.

On doit son nom au médecin botaniste espagnol Nicolas Monardes. Au XVIème siècle, il fut apparemment le premier à employer le terme religieux de flos de passionis, «fleur de la passion». En effet, la fleur était selon lui "faite pour représenter la Passion du Christ ».

La fleur comporterait ainsi les symboles de la crucifixion. Les cinq pétales et cinq sépales représenteraient dix des douze apôtres (en excluant Judas et Pierre), la couronne ainsi formée évoquerait la couronne d’épines, les cinq étamines seraient les plaies du Christ, le pistil symboliserait la croix et les trois stigmates du pistil seraient les clous.

 

passiflore-gabon-2013

Passiflore (Gabon novembre 2013 © FabMoustic)

 

Le terme "passiflora" a été créé au XVIIème siècle par le naturaliste italien Federigo Cesi.

Il existe des centaines d'espèces différentes de passiflore, principalement originaires des Amériques. Celle photographiée au Gabon ressemble fortement à Passiflora edulis.

Comestible, elle est alors plus connue par son fruit appelé grenadille ou... fruit de la passion ! On accorde aussi à la plante des vertus médicinales (anti-inflammatoire, anti-oxydante, anxiolytique).


Notons que la belle fleur se referme pendant la nuit et parait alors bien anodine...


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Passiflore "endormie" (Gabon novembre 2013 © FabMoustic) 

 

Comme vous le constatez les fleurs voyagent au fil des siècles, avec les humains qui passent d'un continent à l'autre. Bizarrement, aucune fleur originaire d'Afrique !

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Publié par Fabrice Moustic - dans Nature
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