Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 21:00

Enfin, après environ 3 heures de piste, nous trouvons le bitume vers Linzolo. Des travaux de voirie sont d'ailleurs prévus dans le coin, car des engins de terrassement sont présents. Nous roulons enfin plus vite et plus paisiblement, mais... pas très longtemps.

 

Au péage de Nganga-Lindolo, nous tombons sur la barrière fermée et sur un "policier". L'endroit était pourtant désert ce matin... Manu râle un peu mais paye le montant demandé (2 500 FCFA je crois). C'est normal de payer le péage, mais est-ce de vrais agents et l'argent va t-il au "bon endroit" ? Nous n'avons pas eu de reçu contrairement aux péages des environs de Pointe-Noire.

A peine avons-nous parcouru quelques kilomètres, que nous tombons sur un nouveau barrage fait de bric et de broc. Mais l'homme en kaki est armé d'une mitraillette et ne donne guère envie de discuter... 

 

barrage-militaire-congo

Militaires armés (photo d'illustration - origine non déterminée)

 

Il s'agit parait-il d'un contrôle des douanesTous les véhicules sont arrêtés. Le militaire (du moins je présume, car j'ai bien du mal à reconnaître les uniformes congolais et à différencier les forces de l'ordre) demande une déclaration de "transport de passagers". D'après ce que je comprends des échanges, Manu explique qu'il est avec moi (un Blanc) et que nous ne faisons pas payer le transport à nos compagnons d'un soir. Finalement, un petit billet facilite le passage de l'obstacle...

 

Tout cela donne une ambiance assez glauque... Même si les propos restent courtois, je n'ai pas l'habitude d'être arrêté la nuit par des militaires en arme, dont le but principal est visiblement de vous soutirer de l'argent.

Troisième épisode au niveau du Djoué, à l'entrée de Brazzaville. Cette fois nous sommes stoppés à un nouveau barrage par un homme de la "brigade de surveillance du pont du Djoué". Le militaire demande les papiers du véhicule... Là encore un petit billet facilite le passage sans encombre. Triste habitude, reflet de la corruption quotidienne et sans doute de fonctionnaires mal payés ou abusant de leur pouvoir. Que peut faire un civil face à des hommes armés ? Combien de temps aurions perdu si nous avions refusé de payer ? Aurions-nous essuyé des insultes ou subi des violences ? Connaissant ces tristes méthodes, mon chauffeur n'a pas cherché les embrouilles et n'a pas envisagé de ne pas cracher au bassinet (pour reprendre une vieille expression française).

 

Voilà enfin Brazzaville, nous remontons l'avenue du Djoué. Il est temps car mon mal au ventre s'intensifie. A Bacongo, nous nous arrêtons devant une boulangerie. Nos passagers descendent avec armes et bagages, hommes, femmes et enfants. Nous sommes tout prêt d'un gros groupe électrogène dont le bruit est pénible et, plus encore, la fumée d'échappement m'incommode. J'ai des nausées. La vie du quartier continue la nuit, des braseros brûlent dans des bidons.

Je suis resté un premier temps dans le 4x4. Mais je trouve ce débarquement bien long... Je descends du véhicule et je constate alors que Frédéric essaye de faire payer le transport à nos passagers, assis par terre ou sur leurs bagages ! C'est moi qui règle la location du véhicule et il n'a jamais été question de cela. Je suis assez stupéfait. Misère...

Après un petit moment, Manu relève ma surprise et mon insatisfaction. Il me fait signe de mettre fin aux négociations et, un peu gêné sans doute, retourne au volant. Je demande alors à son frère Frédéric d'arrêter ces discussions. Il obtient tout de même une participation symbolique de nos voyageurs (je crois 1000 FCFA par famille), ce qui payera une partie du rançonnement policier...

 

Nous effectuons une dernière étape à une station service. Mais nous n'atteindrons pas les 5000 FCFA prévus... Une coupure d'électricité vient interrompre le plein de carburant ! La pompe s'arrête et on nous rembourse le manque à gagner.

C'est enfin le retour à l'auberge de la jeunesse. Il est environ 23h et je suis fatigué. Voilà plus de 4h que nous sommes partis des chutes de la Loufoulakari...


auberge-jeunesse-sdb-brazza

Salle de bains de l'hôtel

 

Manu propose d'aller manger quelque chose. Je n'ai pas du tout faim. Je décline l'invitation et lui donne un peu d'argent pour payer sa chambre. Mes comparses sont déçus mais je n'ai pas le courage de repartir, la journée a été assez longue.

Bien m'en a pris car un quart d'heure plus tard, mon mal au ventre trouve son épilogue. Je repeins littéralement la cuvette des WC par une diarrhée explosive... Je passe les détails scatologiques.

La soirée n'est pas très calme, car au stade Massamba-Débat a lieu un concert, consécutif à un meeting d'athlétisme. A vol d'oiseau, il n'est pas loin et la musique cogne fort, assez tard dans la nuit...

 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pool
commenter cet article
12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 20:00

Finalement, je ne trouve pas cette route en meilleur état que l'autre. Simplement, la distance à parcourir sur des pistes défoncées doit être un peu moins importante (environ 40 km). Justement cela se corse... A l'approche d'un passage difficile, nous descendons de notre véhicule. Manu envoie en éclaireur Fred pour repérer la traversée d'une zone humide. Et nous tombons sur un véhicule de couleur noire, que nous n'avions pas vu au départ, embourbé jusqu'à la portière !

Le luxueux 4x4 piloté par un libanais est en mauvaise posture. Impossible de se sortir seul du bourbier. Manu quant à lui arrive de justesse à passer à droite sans s'embourber. Ouf !

Comme je suis arrivé "discrètement" à pied dans la pénombre, quand on découvre ma présence, j'ai droit à la réflexion d'une jeune femme : "T'as vu, j'y crois pas !". Je ne suis accompagné que de congolais et sans doute est-elle surprise par la présence d'un Blanc, tout seul ? Ils sont de leur côté 4 ou 5 dans le 4x4.

 

vehicule-embourbé-congo

Véhicule embourbé (photo d'illustration © dany masson)

 

Je serre la main du conducteur qui m'explique qu'il vient lui aussi des chutes de la Loufoulakari. Il demande logiquement si on peut le tirer avec une corde. Je demande l'avis à Manu, qui refuse. Cela doit être assez délicat à faire et il avance comme arguments le manque de carburant (la jauge ne marche pas, et nous n'avons pas fait de provision depuis le matin au péage de Nganga-Lingolo) et le fait d'un roulement cassé. Tiens, il me l'avait caché. C'était cela le bruit bizarre dans la roue !

Un peu désolé, je me range derrière l'avis de mon chauffeur et propose quand même d'emmener quelqu'un. S'il y a une personne fragile (enfant, personne âgée...) ou désireuse d'aller chercher du secours, on peut toujours la sortir de là. Mon intercoluteur explique que des amis sont partis de Brazzaville pour venir les chercher mais... qu'ils sont à leur tour tombés en panne, avant d'arriver ici !!

La jeune femme que je devine dans l'obscurité exprime son ressentiment : "C'est pas possible, il va nous laisser comme cela !". Le conducteur libanais prend l'épidose avec plus de philosophie "Laisse tomber, il fait ce qu'il veut !".

 

Nous reprenons notre route en espérant ne pas connaître une telle mésaventure. Nous croisons quelques kilomètres plus loin trois hommes à pied, au milieu de nulle part. Ce sont les amis venus au secours des embourbés ! Nous échangeons quelques mots, mais difficile de leur dire à quelle distance du but ils sont. Peu après, nous trouvons leur 4x4 soigneusement rangé au bord de la piste. Le moteur s'est parait-il arrêté d'un seul coup, impossible de redémarrer...

Quelques kilomètres encore et nous croisons cette fois un gros véhicule chargé de policiers, qui vient au secours des "naufragés". Manu essaye d'expliquer la situation, mais ne maitrise pas bien la langue (laquelle ?) et demande alors à l'un de nos passagers de préciser la situation. Nous confirmons en tout cas leur présence effective sur cette route. C'est dingue, à l'aller nous n'avons pas croisé un seul véhicule et pour ce retour de nuit, c'est le troisième.

 

Je commence à trouver la piste interminable, d'autant plus que le mal au ventre me reprend. Les trous, les bosses, les secousses s'enchainent, la végétation défile dans la lumière des phares, parfois les cris de nos passagers fusent à l'arrière quand le choc est trop fort. Quand va t-elle arriver cette route goudronnée ??!

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Pool
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories