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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:00

Je passe une bonne nuit, sans la clim, trop bruyante et pas nécessaire vu les températures raisonnables. Pas un seul moustique n'est venu me chatouiller les oreilles. L'insonorisation de l'hôtel n'est par contre pas au rendez-vous, on entend très bien le bruit de l'avenue toute proche. J'ai de l'eau chaude, même si la pression de l'eau est faiblarde.

 

Je vais acheter de l'eau en bouteille à l'accueil de l'hôtel. J'en profite pour signaler l'ampoule grillée de la salle de bains au grand jeune homme qui est de service ce dimanche matin. Comme d'habitude, il n'y a pas suffisamment de monnaie...

Quelques hommes discutent dehors. Les engins de chantier, pour certains déglingués, donnent une ambiance singulière à la cour de l'hôtel. Un autre homme, serviette autour de la taille, fait sécher du linge sur un fil tendu entre les tractopelles.

 

auberge-cour-hotel-brazza

Véhicules de chantier dans la cour de l'auberge de la jeunesse

 

Je fais un petit tour jusqu'à la sortie de l'hôtel. Peint sur le mur, il est bien indiqué "auberge de LA jeunesse". La ville se réveille et les habitants vont chercher quelque chose à grignoter auprès des petites boutiques de rue. Je m'abstiens de faire des photos à cause de la proximité immédiate des forces de l'ordre. Il y a de l'uniforme à l'horizon...


Vers 9h, Manu arrive avec Frédéric (alias Décos), au volant du 4x4 qu'il a trouvé à louer. C'est un véhicule de chantier, pas très propre, et qui sent l'huile. Quelques plaques ont été sommairement soudées sans doute pour remplacer des parties de carrosserie défoncées... Manu me demande si cela me convient. Ai-je le choix ? Je fais remarquer qu'il n'y a que deux places à l'avant et que Frédéric sera obligé de voyager à l'arrière, à découvert. Manu me répond que le coupeur de bois à l'habitude ! Marché conclu.

 

L'hôtel ne fait pas de petit-déjeuner et en bon français, j'ai du mal à démarrer sans un café. Je demande à mes amis congolais de trouver un lieu où en prendre un. Intense réflexion... Ce n'est pas dans leurs habitudes ! On ne veut pas non plus aller dans le centre-ville. Rien à proximité.

Nous prenons la route avec notre tout nouveau véhicule, en direction du sud, pour chercher le "bon" endroit. Un taxi s'est planté sur les bas-côtés de l'avenue de l'OUA en cours de réfection. Il n'avait sans doute pas vu la forte dénivellation. Je n'ai pas compris le nom de l'avenue du premier coup, vu la prononciation locale. Je suppose qu'il s'agit d'une référence à l'Organisation de l'Unité Africaine. Frédéric frappe soudain sur le toit. Il a une idée et la communique à son frère. Nous bifurquons à droite pour rejoindre le quartier de Bacongo "moderne".

 

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Quartier de Bacongo moderne

 

Nous empruntons une route cahotique et poussiéreuse et naviguons entre les habitats hétéroclites. Manu s'arrête le long d'un magasin, étrange îlot de standing au milieu du reste. C'est une "croissanterie". Nous rentrons, l'endroit est propre, je valide le choix.

Manu et Décos m'abandonnent pour soi-disant aller laver notre 4x4.

 

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Dans la croissanterie...

 

L'endroit est un peu kitch, comme souvent au Congo quand on veut faire "riche". J'ai droit à un bouquet de fleur en plastique sur ma table... L'accueil est distant et la serveuse peu bavarde. 

Ce qui est étrange, c'est que les décorations de fin d'année (guirlandes, bonne année...) sont restées en place. Suis-je bien au mois de juin ?

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 19:00

C'est la fin de notre petite escale à l'école de Poto-Poto. Manu est pris de quelques problèmes intestinaux et envoie son frère chercher un remède dans le quartier. Je lui propose le secours de la thérapeutique occidentale, mais il refuse mes médicaments.

Pendant ce temps, je discute avec Brice. Le jeune homme se plaint quant à lui de douleurs articulaires liées au paludisme. Coïncidence, je me fais piquer pour la première fois (à Brazzaville) par un moustique ! C'est l'heure propice et la végétation du jardin constitue un bon refuge pour les antipathiques insectes.

Brice prend la pose devant son taxi, le pouce levé, alors que le jour décline. Il me griffonne son adresse sur une enveloppe marron et je lui promets de lui faire parvenir le cliché (ce que j'ai fait quelques semaines plus tard, de retour en France).

 

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Brice le taximan

 

Nous reprenons la route par le rond-point de Moungali où Manu me fait remarquer une église moderne. La circulation est toujours dense et agitée. Nous empruntons de grands boulevards, celui des Armées où ont lieu les défilés officiels, dénommé aujourd'hui "Boulevard Alfred Raoul" (cf  Post-Scriptum : cinquantenaire de l'Indépendance du Congo).

Brice me dépose à l'hôtel vers 18h15 et chacun va se reposer. Je paye une partie de mon dû au chauffeur. La journée de location n'est pas finie ! Je prends plus ample connaissance de ma chambre. Pour la lumière, c'est assez épique. Pas de plafonnier, seule une applique fonctionne à côté du lit et il faut tourner un singulier petit bouton pour que la lumière soit. Dans la salle de bains, avec WC (sans couvercle...), l'ampoule est grillée.

 

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Chambre à l'auberge de la jeunesse

 

L'ensemble est vieillot mais propre. La climatisation est perchée au plafond (assez haut) et heureusement l'interrupteur fonctionne.

 

Comme convenu vers 19h30, nous partons pour dîner. Mais Frédéric n'est pas là. Manu me dit qu'il a préféré se reposer. Il fait nuit. Brice sur les conseils de Manu nous conduit pas très loin, sur une petite place où se situent plusieurs commerces, dont un hôtel et deux restaurants. Nous choisissons un établissement de "moyenne gamme" et dînons à l'intérieur pour éviter les moustiques. La décoration du restaurant, dont j'ai oublié le nom, est kitch et d'inspiration orientale... Après avoir pris connaissance de la carte, je demande à Manu d'aller chercher Brice qui nous attend dans son taxi. Autant qu'il mange avec nous ! Le chauffeur est très content et surpris de l'invitation.

Nous commandons du poisson et Brice du poulet. La serveuse rigole devant ma prononciation hasardeuse du nom des plats locaux. J'ai pris un liboké ya ngolo.

En attendant, nous prenons une bière. La mienne a un goût bizarre... Je vérifie la date de péremption et je constate qu'elle est échue depuis avril 2011 ! Cela fait seulement deux mois, mais vu les médiocres conditions locales de conservation, l'effet est là. Un serveur vérifie le stock dans le frigo et les autres Heineken sont également périmées... La découverte ne fait visiblement pas plaisir. Que va dire le patron ? Bon, eh bien en tout cas, je change de marque de bière.

La télévision diffuse le concert du Stade de France à Paris, "La nuit africaine". Les artistes défilent et l'un d'eux provoque la joie de la serveuse. Brice me demande s'il y a beaucoup de Noirs en France. Que répondre... Je lui explique déjà que de nombreux français sont Noirs car issus des DOM-TOM ou bien originaire d'Afrique, nés en France de parents africains ou parfois adoptés. Par contre, à Paris on croise indéniablement plus de Noirs que dans les autres régions, français ou pas ! 

Au moment de servir les plats, Manu appelle la jeune serveuse, "ma soeur". Elle est troublée et en fait tomber un couvert. Un photographe ambulant rentre dans le restaurant. Brice me propose de faire une photo avec lui. No problem. Cela lui fait visiblement très plaisir, c'est lui qui paye le cliché. Manu lui fait remarquer que ce n'est pas du tout fréquent d'être invité par un client !

Mais Brice a un petit appétit et à la fin du repas, il reste beaucoup de nourriture dans l'assiette... Il faut dire que la dose de riz servie est importante. Manu insiste pour qu'il emporte le reste. Il a bien raison. Sus au gaspillage ! Le serveur met la nourriture dans une assiette en carton et l'enveloppe.

Mais au moment de l'addition, c'est moins sympa. On me facture la bière périmée !! Je fais remarquer au serveur que je ne l'ai pas bu... Manu proteste également. Peine perdue, nos interlocuteurs ne veulent rien entendre. Je ne compte pas faire un scandale pour un montant si modeste et je règle la note. Cependant cela ne donne pas envie de revenir ici !

Nous ramenons Manu au Noblesse Hôtel et lui donne de quoi payer la nuit. Brice me conduit au mien et je lui règle le reste de mon dû. Je lui dis que nous ferons peut-être appel à ses services lundi.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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