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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 10:30

Nous partons avec beaucoup de retard sur l'horaire envisagé. Il doit être 11h30 quand nous quittons Brazzaville. J'aurais bien aimé repasser à l'hôtel, mais nous sommes arrivés au pont du Djoué quand je comprends que ce n'est pas dans les intentions de Manu... Quand il ne répond pas à ma question, cela veut dire en général "non". Nous prenons donc la direction du sud et notre objectif est d'atteindre les chutes de Loufoulakari. D'après les renseignements donnés à Manu, il faut environ deux heures de route. A voir...

 

La route au départ est neuve et goudronnée, c'est en fait la Nationale 1 qui rejoint  Pointe-Noire. Mais nous n'avons nullement l'intention d'aller aussi loin ! D'autant plus que la région de Mindouli est encore assez dangereuse (attaque par des bandes armées des voyageurs, pour les rançonner). Nous traversons les faubourgs de la capitale congolaise, le long de la route parallèle au fleuve dans un premier temps. C'est plutôt calme par rapport à Pointe-Noire, pas de bouchons dominicaux en tout cas.


Avant le péage de Nganga-Lingolo, nous effectuons le plein de carburant. Quelques mobylettes font de même. De multiples clients (à pied) font la queue pour remplir d'essence des bidons jaunes. Dans la petite boutique de la station, Frédéric va acheter des bouteilles d'eau pour notre périple. Problème, la jauge de carburant ne fonctionne pas et reste bloquée en bas...

Nous passons le péage et étrangement la barrière est levée. Aucun agent pour nous faire payer. Nous poursuivons donc notre route sans chercher à comprendre. Peut-être est-ce gratuit le dimanche ?

 

brazzaville-sud-RN1-savane

Paysage du sud du Pool

 

Sur la Nationale, dans la traversée de certains hameaux, des ralentisseurs ont été mis en place. Manu m'explique que les gens roulent comme des fous sur cette belle route et que de nombreux accidents sont à déplorer. Le code de la route est bien souvent en option...

Vers midi, nous faisons une courte halte au sommet d'une colline. On trouve quelques maisons dispersées dans la végétation, constituée de grandes herbes jaunes et de petits arbres. Dans le vallon, des étangs en escalier, encadrés de quelques palmiers, laissent à penser qu'il s'agit d'une exploitation piscicole. 

brazzaville-sud-RN1

Etangs au creux d'un vallon 

 

Le soleil sort un peu des nuages mais il ne fait pas trop chaud. Ces paysages sont sympathiques et différents de la platitude des environs de Ponton. Je retrouve le relief vallonné vu d'avion la veille.

 

brazzaville-sud-RN1-route

Route Nationale 1 (sud de Brazzaville)

 

Plus nous nous éloignons de Brazzaville, moins nous croisons de véhicules. Le ruban d'asphalte serpente à travers les vertes collines, où nous voyons peu de terres cultivées.

Par contre, on dresse des pylônes électriques. Les imposants mécanos d'acier parsèment le paysage. On voit encore par endroit des étais en bois, vestiges sans doute de leur récente construction. Certains étais semblent bien frêles et, bien que n'ayant plus d'utilité, sont encore en place. Au moindre coup de vent ou en cas de pluie importante, ils risquent de s'effondrer sur la chaussée et de provoquer des accidents. Les derniers pylônes rencontrés ne portent plus de fils.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pool
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:45

Je commande un café avec du lait. Je veux me laver les mains car elles sentent l'huile de notre peu ragoûtant 4x4. Je me rends dans les toilettes au fond de la salle. Il n'y a pas d'eau au lavabo ! Je retourne dépité à ma table, mais la serveuse m'apporte peu après une bassine d'eau. Sans savon... Les commodités du lieu sont à revoir.

 

On m'apporte ensuite un café en poudre et du lait en poudre. Nouvelle déception... On n'est pas très branché "vrai" café au Congo ! C'est étrange que les rideaux de la salle soient tirés, on est dans la pénombre et cela m'insupporte. Je détourne un rideau pour avoir de la luminosité. C'est nécessaire, d'autant plus que le ciel est couvert.

L'endroit est peu fréquenté. Un couple s'installe au fond de la croissanterie pour boire un soda, puis plus tard un homme seul en costume cravate prend place derrière moi.

 

J'ai terminé mon petit-déjeuner. Je règle la modeste facture. Je vais à l'entrée et observe la vie du quartier derrière les portes vitrées. Le quartier est animé par d'incessants va-et-vient. Nous ne sommes pas loin du marché Total. Manu et Décos ne reviennent pas et je commence à trouver le temps long... 

 

bacongo-femme-enfant-brazza

Femme et enfants cheminant dans le quartier Bacongo

 

Je m'éloigne de l'entrée quand un bus crache dans le virage un immonde nuage de fumée noire. Beurk !

Je reviens et fais quelques photos des environs. On entend au-dessus de nous le bruit d'un hélicoptère. Cela me permet d'engager la conversation avec les serveuses. Je m'assois dans un fauteuil près de l'entrée et discute avec les demoiselles. Mes interlocutrices se prénomment Audrey, Grace, Parfaite et encore Audrey. On parle de la France et du Congo, on m'interroge sur divers sujets. Il y a t-il des chinois en France ? Bien sûr, ils ont même "leur" quartier à Paris ! Combien il y a d'arrondissement à Paris, en quelle saison est-on en France... L'une des serveuses trouve que je parle "comme un professeur".

Une autre déclare "Il y a trop d'enfants au Congo !", on ne sait pas quoi en faire... Les jeunes femmes déplorent la forte pression de la famille pour se marier. En France, il y a environ 8 millions de célibataires. Mes interlocutrices sont effarées.

Manu passe en coup de vent, pensant à juste titre que le temps d'attente devenait important. En me voyant installé, il me dis que je fais salon ! Il m'informe que le prétendu lavage s'est transformé en un changement de pneus, plus long que prévu... Il repart de nouveau.

 

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Serveuses de la croissanterie Sélé    

 

Nouvelle attente... Des jeunes courent dans la rue poussiéreuse et forment un attroupement. Les serveuses disent "C'est les kinois !". L'une des serveuses souffre d'une crise de palu et traîne les pieds. Elle a triste mine. On me demande si le palu sévit en France... Non ! Et le SIDA ? Malheureusement, oui, il ne connaît pas les frontières. En parlant d'immigration (ou d'émigration, tout dépend du point de vue), on me dit "Sarkozy, il est méchant, il ne donne pas de visa !".


Un jeune homme entre pour acheter des viennoiseries. Il ne dit ni bonjour, ni merci. Echange minimal de paroles. Toujours surprenant pour moi. On me dit "C'est comme ça au Congo !".


Je fais ensuite une photo souvenir des serveuses dans la boutique et je demande l'adresse où je pourrais l'envoyer. Difficile question... Personne ne connaît le nom de la rue ! Une serveuse sort se renseigner. Finalement en mettant "Bacongo moderne" et le nom du magasin, le courrier devrait arriver à bon port.

Dans la rue d'à côté, je remarque une antique Peugeot 504. C'était la voiture typique des taxis, avant les Toyota. Est-elle encore en état de rouler ?

 

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Vieux taxi Peugeot 504

 

Manu et Frédéric reviennent enfin me chercher. Cela doit faire 1h45 que je suis ici... Ah, les imprévus africains ! Ce pays n'est pas fait pour les gens pressés ou les stressés.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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