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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:45

Je commande un café avec du lait. Je veux me laver les mains car elles sentent l'huile de notre peu ragoûtant 4x4. Je me rends dans les toilettes au fond de la salle. Il n'y a pas d'eau au lavabo ! Je retourne dépité à ma table, mais la serveuse m'apporte peu après une bassine d'eau. Sans savon... Les commodités du lieu sont à revoir.

 

On m'apporte ensuite un café en poudre et du lait en poudre. Nouvelle déception... On n'est pas très branché "vrai" café au Congo ! C'est étrange que les rideaux de la salle soient tirés, on est dans la pénombre et cela m'insupporte. Je détourne un rideau pour avoir de la luminosité. C'est nécessaire, d'autant plus que le ciel est couvert.

L'endroit est peu fréquenté. Un couple s'installe au fond de la croissanterie pour boire un soda, puis plus tard un homme seul en costume cravate prend place derrière moi.

 

J'ai terminé mon petit-déjeuner. Je règle la modeste facture. Je vais à l'entrée et observe la vie du quartier derrière les portes vitrées. Le quartier est animé par d'incessants va-et-vient. Nous ne sommes pas loin du marché Total. Manu et Décos ne reviennent pas et je commence à trouver le temps long... 

 

bacongo-femme-enfant-brazza

Femme et enfants cheminant dans le quartier Bacongo

 

Je m'éloigne de l'entrée quand un bus crache dans le virage un immonde nuage de fumée noire. Beurk !

Je reviens et fais quelques photos des environs. On entend au-dessus de nous le bruit d'un hélicoptère. Cela me permet d'engager la conversation avec les serveuses. Je m'assois dans un fauteuil près de l'entrée et discute avec les demoiselles. Mes interlocutrices se prénomment Audrey, Grace, Parfaite et encore Audrey. On parle de la France et du Congo, on m'interroge sur divers sujets. Il y a t-il des chinois en France ? Bien sûr, ils ont même "leur" quartier à Paris ! Combien il y a d'arrondissement à Paris, en quelle saison est-on en France... L'une des serveuses trouve que je parle "comme un professeur".

Une autre déclare "Il y a trop d'enfants au Congo !", on ne sait pas quoi en faire... Les jeunes femmes déplorent la forte pression de la famille pour se marier. En France, il y a environ 8 millions de célibataires. Mes interlocutrices sont effarées.

Manu passe en coup de vent, pensant à juste titre que le temps d'attente devenait important. En me voyant installé, il me dis que je fais salon ! Il m'informe que le prétendu lavage s'est transformé en un changement de pneus, plus long que prévu... Il repart de nouveau.

 

bacongo-salon-sele-brazza

Serveuses de la croissanterie Sélé    

 

Nouvelle attente... Des jeunes courent dans la rue poussiéreuse et forment un attroupement. Les serveuses disent "C'est les kinois !". L'une des serveuses souffre d'une crise de palu et traîne les pieds. Elle a triste mine. On me demande si le palu sévit en France... Non ! Et le SIDA ? Malheureusement, oui, il ne connaît pas les frontières. En parlant d'immigration (ou d'émigration, tout dépend du point de vue), on me dit "Sarkozy, il est méchant, il ne donne pas de visa !".


Un jeune homme entre pour acheter des viennoiseries. Il ne dit ni bonjour, ni merci. Echange minimal de paroles. Toujours surprenant pour moi. On me dit "C'est comme ça au Congo !".


Je fais ensuite une photo souvenir des serveuses dans la boutique et je demande l'adresse où je pourrais l'envoyer. Difficile question... Personne ne connaît le nom de la rue ! Une serveuse sort se renseigner. Finalement en mettant "Bacongo moderne" et le nom du magasin, le courrier devrait arriver à bon port.

Dans la rue d'à côté, je remarque une antique Peugeot 504. C'était la voiture typique des taxis, avant les Toyota. Est-elle encore en état de rouler ?

 

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Vieux taxi Peugeot 504

 

Manu et Frédéric reviennent enfin me chercher. Cela doit faire 1h45 que je suis ici... Ah, les imprévus africains ! Ce pays n'est pas fait pour les gens pressés ou les stressés.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 08:00

Je passe une bonne nuit, sans la clim, trop bruyante et pas nécessaire vu les températures raisonnables. Pas un seul moustique n'est venu me chatouiller les oreilles. L'insonorisation de l'hôtel n'est par contre pas au rendez-vous, on entend très bien le bruit de l'avenue toute proche. J'ai de l'eau chaude, même si la pression de l'eau est faiblarde.

 

Je vais acheter de l'eau en bouteille à l'accueil de l'hôtel. J'en profite pour signaler l'ampoule grillée de la salle de bains au grand jeune homme qui est de service ce dimanche matin. Comme d'habitude, il n'y a pas suffisamment de monnaie...

Quelques hommes discutent dehors. Les engins de chantier, pour certains déglingués, donnent une ambiance singulière à la cour de l'hôtel. Un autre homme, serviette autour de la taille, fait sécher du linge sur un fil tendu entre les tractopelles.

 

auberge-cour-hotel-brazza

Véhicules de chantier dans la cour de l'auberge de la jeunesse

 

Je fais un petit tour jusqu'à la sortie de l'hôtel. Peint sur le mur, il est bien indiqué "auberge de LA jeunesse". La ville se réveille et les habitants vont chercher quelque chose à grignoter auprès des petites boutiques de rue. Je m'abstiens de faire des photos à cause de la proximité immédiate des forces de l'ordre. Il y a de l'uniforme à l'horizon...


Vers 9h, Manu arrive avec Frédéric (alias Décos), au volant du 4x4 qu'il a trouvé à louer. C'est un véhicule de chantier, pas très propre, et qui sent l'huile. Quelques plaques ont été sommairement soudées sans doute pour remplacer des parties de carrosserie défoncées... Manu me demande si cela me convient. Ai-je le choix ? Je fais remarquer qu'il n'y a que deux places à l'avant et que Frédéric sera obligé de voyager à l'arrière, à découvert. Manu me répond que le coupeur de bois à l'habitude ! Marché conclu.

 

L'hôtel ne fait pas de petit-déjeuner et en bon français, j'ai du mal à démarrer sans un café. Je demande à mes amis congolais de trouver un lieu où en prendre un. Intense réflexion... Ce n'est pas dans leurs habitudes ! On ne veut pas non plus aller dans le centre-ville. Rien à proximité.

Nous prenons la route avec notre tout nouveau véhicule, en direction du sud, pour chercher le "bon" endroit. Un taxi s'est planté sur les bas-côtés de l'avenue de l'OUA en cours de réfection. Il n'avait sans doute pas vu la forte dénivellation. Je n'ai pas compris le nom de l'avenue du premier coup, vu la prononciation locale. Je suppose qu'il s'agit d'une référence à l'Organisation de l'Unité Africaine. Frédéric frappe soudain sur le toit. Il a une idée et la communique à son frère. Nous bifurquons à droite pour rejoindre le quartier de Bacongo "moderne".

 

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Quartier de Bacongo moderne

 

Nous empruntons une route cahotique et poussiéreuse et naviguons entre les habitats hétéroclites. Manu s'arrête le long d'un magasin, étrange îlot de standing au milieu du reste. C'est une "croissanterie". Nous rentrons, l'endroit est propre, je valide le choix.

Manu et Décos m'abandonnent pour soi-disant aller laver notre 4x4.

 

bacongo-croissanterie-sele-brazza

Dans la croissanterie...

 

L'endroit est un peu kitch, comme souvent au Congo quand on veut faire "riche". J'ai droit à un bouquet de fleur en plastique sur ma table... L'accueil est distant et la serveuse peu bavarde. 

Ce qui est étrange, c'est que les décorations de fin d'année (guirlandes, bonne année...) sont restées en place. Suis-je bien au mois de juin ?

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Brazzaville
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