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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 18:00

Après les détours historiques et la découverte du Pointe-Noire colonial, retour au quotidien. C'est la veille de mon départ, et pour marquer le coup, j'ai invité Manu, Honoré et Patrice à boire un verre.

Manu passe me chercher en fin d'après-midi à la clinique. Mais comme les deux autres comparses ne sont pas encore libres, pour tuer le temps, nous allons faire un tour à l'Espace Trentenaire. C'est un lieu de loisirs qui m'est inconnu, où l'on peut pratiquer différentes activités sportives et culturelles.

 

avenue-gaulle-pointe-noire

Avenue de Gaulle

 

Manu me conduit à la découverte des installations, il me présente le "maître" de la musculation, à la carrure impressionnante. A l'intérieur de la salle, différents appareils permettent d'acquérir des muscles, pour tenter de ressembler au colosse... En tout cas, certains essayent. Dans une salle annexe, de jeunes enfants s'activent sur le tatami auprès d'un maître judoka. Il vient me saluer, me prenant peut-être pour un visiteur important.

De l'autre côté, on trouve une bibliothèque et un bar associatif. J'y croise le Président congolais de l'association.

Sous le préau, des femmes s'entraînent au "Nzango". C'est une sorte de danse sportive, très rythmée et chantée. Issue d'un jeu de pieds traditionnel, le nzango moderne est une discipline sportive à part entière, avec des compétitions.


C'est à ce moment là que nous croisons Pierre, notre loueur de véhicule du week-end dernier. Il me fait part de ses doléances... Il prétend que la location était de 125 000 FCFA par jour, et non pas pour les deux jours ! Il l'avait demandé à Manu lors du retour du véhicule, mais le chauffeur ne m'en avait pas dit mot. Je lui réponds qu'il doit y avoir un quiproquo, car lors de la prise du véhicule, il n'a jamais été question d'un tel montant. Je lui rappelle que nous avons dû payer une amende à Mvouti, pour un contrôle technique non effectué (cf Retour dans le Mayombe... halte à Mvouti ). Pierre argumente sur ses frais d'entretien et sur une éventuelle future location. Je reste ferme et lui indique que je n'aurai jamais loué son véhicule à un tarif aussi élevé. Si c'est aussi cher qu'un véhicule d'une société de location, à quoi cela sert-il ? Autant avoir un véhicule récent dans ce cas ! Nous nous séparons en bons termes apparents. Peut-être a t-il tenté un coup de bluff pour me plumer ?

 

Nous quittons l'Espace Trentenaire. Il pleut et la circulation est un peu plus difficile. Nous recevons un appel de Patrice qui est en route. Nous convenons d'un lieu de rendez-vous pour le prendre au passage.

Nous nous rendons au bar "Le Griffé", situé dans une rue parallèle à l'avenue de Gaulle, à peu près au niveau de la Tour Mayombe. La pluie ne nous permet pas de nous installer en terrasse...

Un homme nous invite à rentrer dans le bar et nous découvrons une ambiance feutrée. L'intérieur est de taille modeste. Une première installation ne dure guère... nous sommes sous le flux glacial de la climatisation et nous nous orientons rapidement vers les banquettes latérales. Cela me rappelle Camille l'infirmier, étonné de ma demande de modération de la climatisation, "Ah, un mundele qui n'aime pas la clim ! ". Peu de temps après, Honoré nous rejoint. 

 

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Patrice, Honoré et Manu    

 

La musique n'est pas trop forte et nous pouvons discuter tranquillement. Patrice nous dit que sa femme a eu du mal à croire que je lui avais donné rendez-vous dans un bar. Je montre à Honoré des photos de notre expédition dolisienne, le pauvre n'avait pas pu venir à cause d'un décès dans sa famille. A la vue d'un cliché du Mayombe (cf En route pour Pointe-Noire... vendeur de gibier ), il me fait part d'une expression amusante. En Bembé, la cravate est appelée "queue d'écureuil" ! 

 

Je fais quelques photos souvenir devant les murs pailletés du bar. Manu semble se moquer de son pote Honoré, qui pose avec beaucoup de sérieux.

 

bar-griffé-pnr-2

Patrice, moi et Honoré

 

Honoré évoque l'échouage, il y a quelques semaines, d'une baleine près de Djéno. Cela confirme la présence du cétacé au large des côtes congolaises. Son ami Justice ne croyait pas à l'existence de l'animal dans les parages...


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Baleine échouée à Djéno (Source : Jean © MyPointe-Noire.com)


La pauvre bête, semble t-il déjà morte lors de son arrivée sur le rivage (le 24 août 2010), aurait été blessée par une hélice de bateau. Honoré nous raconte que la baleine a ensuite été dépecée rapidement par les habitants des environs. Voilà une importante source de viande, plusieurs tonnes sans doute.

Mais difficile de se rendre compte de sa taille sans point de repère pour l'échelle... S'agit-il d'une baleine à bosse ? C'est en tout cas une espèce que l'on croise assez souvent près des côtes du bassin du Congo.

 

Honoré nous quitte car il reprend le travail. Je lui dis au revoir et peut-être à une autre fois... ou pas. Je ne sais pas à ce moment là si je reviendrai au Congo. Ensuite, Manu me ramène à l'hôtel, avec Patrice qui prend son service vers 20h.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 13:15

Les sociétés concessionnaires comme la CPKN (Compagnie Propriétaire du Kouilou-Niari) possédaient d'immenses exploitations qu'elles étaient chargées de mettre en valeur. Il fallait défricher, planter, récolter en utilisant la main d'oeuvre locale.

 

congo-plantation-ouvriers

     Congo - Ouvriers dans une plantation

 

Les cultures vivrières concernaient le marché local ou l'exportation : café, tabac, bananes, agrumes, cacao, arachides et riz.

 

Certaines cultures avaient des visées industrielles, comme l'hévéa pour le caoutchouc (fabrication de pneumatiques), l'huile de palme et de palmiste (lubrifiants et huile de moteur des avions) et la canne à sucre (sucre et distillation d'alcool). On parlait alors de "plantations".

 

congo-plantation-caoutchouc

Congo Français - Plantation d'arbres à caoutchouc (1910)

 

Le Congo était peu peuplé et il était difficile de trouver des ouvriers en nombre suffisant. Les hommes refusaient bien souvent de quitter le lopin de terre familial et n'étaient guère habitués aux notions de rendement. Les compagnies concessionnaires employaient alors parfois la contrainte... La faible présence sur le terrain des autorités coloniales laissait libre cours aux abus.


 

congo-plantation-arrosoir

Congo Français - Ouvriers des plantations, équipés d'arrosoirs (avant 1904)

 

 

La CPKN posséda jusqu'à 2,5 millions d'hectares, mais l'institution d'une taxe territoriale à l'hectare contraint la société à céder progressivement ses terrains. Elle possédait encore 1 million d'hectares vers 1930, principalement des plantations de palmiers et de cacaoyers. La concession se situait au nord de Pointe-Noire dans un triangle Conkouati - Kakamoéka - Bas Kouilou.


Le fleuve de la région donna son nom à une variété de caféier Canephora dénommée "café Kouilou" (Coffea canefora var Kouilouensis) appréciée pour la fabrication des cafés solubles. L'espèce africaine, présente au Congo et au Gabon, proche du Robusta (donc riche en caféine), fut exportée à Madagascar pour sa bonne résistance aux maladies.

 

Café-kouilou

Culture de café Kouilou à Madagascar vers 1940 (© CAOM)

 

La SCKN (Société Commerciale du Kouilou Niari) exportait le café originaire de l'AEF dans les années 1940-1960 vers le port du Havre. En 2005, la production de café n'était plus au Congo que de 2 000 tonnes.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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