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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 23:30

Après avoir évoqué la petite ville coloniale, parlons des habitants de Loango et des environs. Une multitude de hameaux entourait la zone réservée aux bâtiments administratifs et aux commerces.

Quelques clichés centenaires apportent un émouvant témoignage sur les Congolais de cette époque.


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Famille Noire à Loango vers 1905 (carte postale cliché P.A.)

 

Cette famille rurale du Kouilou, pratiquant le plus souvent les cultures vivrières et l'élevage à petite échelle, prend la pose devant les cases traditionnelles en panneaux de papyrus. Un jeune enfant se blottit dans les bras d'une femme, un homme se tient un peu à l'écart à droite, vêtu d'un pagne et d'une veste d'apparence plus européenne.

 

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Femmes et enfants de Loango (extrait carte postale cliché P.A.)

 

La jeune femme de gauche fume la pipe. Il parait qu'alors les femmes fumaient et buvaient de l'alcool autant que les hommes ! La lanière située au dessus de la poitrine se retrouve sur les anciennes statuettes en bois sculpté.

 

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Un petit curieux... (extrait carte postale cliché P.A.)

 

Peut-être avez-vous remarqué en haut à gauche du cliché, un jeune garçon caché... Trop timide pour figurer sur la photo, mais assez curieux pour pointer son nez !

 

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Port des enfants chez les Loangos (vers 1900 - carte postale © Audema)

 

L'administrateur Audema nous montre le port traditionnel des enfants par les femmes Loangos. Ce n'est bien sûr pas l'exclusive du Congo, l'enfant est porté dans le dos et tenu par un tissu enroulé autour du corps de la mère. Colliers, bracelets et boucles d'oreille parent la jeune maman. Le bébé regarde franchement le photographe !

 

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Loango - "bébé mignon" (carte postale vers 1910 - © Marichelle)

 

Un autre cliché montre une mère et sa petite fille, avec des habits plus "européens". Le "bébé migon" (selon la légende) a la peau un peu plus claire. S'agit-il d'une petite métis (ou "mulatresse" selon le terme employé à l'époque), fruit des amours avec un colon ?

La femme et l'enfant portent des boucles d'oreille. La maman tient une fleur dans la main, ce portrait n'est pas improvisé.


 

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 "L'espoir de l'avenir au Congo" (vers 1910- carte postale © Marichelle)

 

On photographie également un groupe d'enfants assis au seuil d'une case, et on légende le cliché "L'espoir de l'avenir au Congo". L'école commence à exister pour la population locale, notamment sous l'impulsion des missionnaires de la Congrégation du St Esprit. Ce sera un facteur de développement pour le pays.

 

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Enfants de la région de Loango vers 1910 (extrait carte postale © Marichelle)

 

Le regard des enfants situés au centre, mélange de crainte et de curiosité, est marquant.

 

Les photographes ne se limitent pas à des portraits statiques. Ils montrent par exemple l'une des activités traditionnelles des villageois, la pêche.

 

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Scène de pêche à la plage (vers 1910 - carte postale © Marichelle)

 

Sur les rivages et les longues plages de sable blancs, les hommes des environs de Loango tirent des filets. La pirogue est sans doute hors champ. Le filet semble un peu trop grand pour qu'il s'agisse d'une pêche côtière à pied.

 

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La pêche est bonne, Li tongo li a fua ! (vers 1910 - carte postale © Marichelle)

 

Une ribambelle d'enfants accompagne les pêcheurs et prend rapidement le devant de la scène pour figurer sur le cliché ! 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 22:00

Les Français tentent de perpétuer les rituels de la IIIème République, à 6 000 km de la métropole.   

Ainsi, on célèbre en grande pompe à Loango la Fête Nationale du 14 juillet ! Les drapeaux tricolores et le canon sont de sortie. La population locale, notamment les enfants, est invitée à assister au "spectacle".

Sous les manguiers et les palmiers, la détonation de la poudre à canon ne devait pas manquer d'impressionner les autotochnes.

 

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  Fête Nationale (14 juillet) à Loango vers 1900 (carte postale - cliché C.M.) 

 

A Brazzaville, on organise à cette occasion des jeux, comme la course en sacs ou le jeu des anneaux. Un défilé du cortège officiel et des troupes, à pied et à cheval, ou bien un concours de tir occupent les Européens, tout comme les spectateurs Congolais. C'est l'occasion pour le Gouverneur de faire usage de sa rutilante automobile, chose bien rare à l'époque (on dénombre seulement 3 automobiles et 1 camion à Brazzaville en 1920).

Un concours agricole se tient comme dans les villes de la province française. Sans peur du ridicule, ces belles dames participent parfois à un concours de... pousse-pousse fleuris !!

 

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Amusements à Loango le 14 juillet (carte postale vers 1910 - © Marichelle)


La population locale est conviée à chanter et à danser au son des "tams-tams". Le bal du 14 juillet en quelque sorte ! Bien que les croyances traditionnelles soient réprimées par l'Eglise catholique, les masques et les danses coutumières sont parfois associés à Loango aux cérémonies du 14 juillet.

La carte ci-dessus nous montre des tambours traditionnels, posés sur le sol à gauche (tambours "Ndanda", de forme allongée) et également les amples costumes faits de feuilles et de plumes, dissimulant tout le corps des porteurs de masque. Armés d'une sorte de bâton, ces personnages faisaient forte impression, notamment auprès des plus jeunes. D'où l'expression de "croquemitaine" employée en légende, mais la signification était peut-être plus profonde. Un spécialiste des Arts africains, rapporte que les masques monstrueux de la région de Loango figuraient... la laideur de l'homme Blanc !!

 

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  Administrateur de Loango en 1906, M et Mme Dumonet (Photo Mission Bel - © BNF)

 

L'Administrateur colonial, personnage le plus important du lieu, réservait un bon accueil au visiteur de passage, comme lors de l'escale de la mission Bel à Loango en 1906.

On pose pour la postérité sur le perron, entourés de plusieurs boys, sous les croisillons en bois de la Résidence. Les belles tenues blanches de Monsieur et Madame restaient-elles longtemps immaculées ? 

 

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 Résidence des Administrateurs à Loango vers 1910 (carte postale - © Marichelle)

 

On n'a pas peur non plus de poser grimpée sur un tipoye, soutenue par deux porteurs, habillée d'une longue robe !! En arrière plan, colons à casque blanc et employés Noirs.

On note à droite la présence de deux hommes qui portent une défense d'éléphant. Toujours le trafic d'ivoire... Un enfant Noir grimpé sur un banc observe la pittoresque scène.

 

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Factorerie SHO à Loango (photographie vers 1910)    

 

Les commercants ne manquent pas non plus de laisser leur empreinte. Coiffé du chapeau à larges bords ou du casque colonial, on se fait photographier devant la factorerie, au milieu des employés, à la veste sagement boutonnée, et des clients.

Les traces laissées ne sont pas que photographiques...

 

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Petite mulâtresse et sa maman à Loango vers 1910 (carte postale © Courboin)

 

Comme Loango est principalement habitée par des hommes jeunes, pour la plupart non accompagnés de leurs femmes (la vie au Congo est alors fort rude pour une Européenne), le rapprochement avec la gente féminine locale est inéluctable. L'Etat Civil de Loango relève très peu de mariages entre Européens, un en 1898 et un autre en 1910. Il y a par contre des mariages entre Européens et filles indigènes.

On voit alors naître "mulâtres" et "mulâtresses". Le phénomène est suffisamment important pour que les cartes postales de l'époque s'en fassent l'écho et pour que les institutions religieuses prennent en charge l'éducation de ces enfants. A Loango, Mère Alphonse s'occupe des jeunes filles métisses.

A Brazzaville, les Sœurs ouvrent l'orphelinat "Augouard" et accueillent les petites mulâtresses.


Les recensements ne sont pas bien précis, mais on estime tout au plus la population européenne à 70 personnes. C'est bien peu ! La première naissance d'un enfant non métis date de 1913... trente ans après la fondation de la ville. Par contre, les décès ne sont pas rares et des épidémies déciment par moment les Européens, parfois à peine débarqués au Congo.

Ainsi l'impression générale donnée par Loango restera malgré tout celle d'un gros village à l'habitat dispersé, à la faible densité de population, et à l'avenir incertain.

 

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Loango - Auxiliaires Noirs pour la mission du chemin de fer (carte postale © Dauvissat)

 

Les missions d'étude pour le chemin de fer se succèdent au fil des décennies et désignent le site de Pointe-Noire comme le lieu idéal pour le terminus de la ligne, celui-ci devant également accueillir le "grand port" de l'AEF. C'est la fin annoncée de Loango...

Les plus avertis font déjà vers 1910 l'acquisition de terrains à Pointe-Noire... et ne manqueront pas de négocier au prix fort le moment venu la revente de leurs parcelles. 

La Première Guerre Mondiale retardera le passage d'un site à l'autre, donnant un sursis d'une dizaine d'années à Loango. Mais l'activité à Loango commença à décliner dès l'ouverture en 1898 du chemin de fer au Congo belge.

 

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  Mission de Loango - Eglise et campanile (carte postale vers 1920)

 

Seule la mission catholique, située à proximité du "centre administratif", survivra à la fin de la ville coloniale de Loango. Implantée un peu avant l'essor de la petite ville (1882), elle transférera cependant au fil des décennies certaines activités à Pointe-Noire, comme le siège de l'évêché (1949) et l'imprimerie (1965).

L'église historique en bois, datant de 1885, a hélas été détruite (cf Loango : la mission catholique (suite)).

 

 

Sources :

Pointe-Noire et la façade maritime du Congo-Brazzaville - P. Vennetier - Orstom - 1968

Photographes d'Afrique (http://photographesenoutremerafrique.blogspot.fr/)

L'Eglise de Pointe-Noire: Evolution des communautés chrétiennes de 1947 à 1975 - Guy Pannier

Delange J. (1967) Arts et peuples de L'Afrique noire : Introduction à l'analyse des créations plastiques, Gallimard, Paris.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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