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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 13:00

Après l'observation du pont de Songolo, nous appelons Manu afin qu'il nous redonne le chemin de sa maison. Je sais qu'il faut prendre à gauche après le pont mais ensuite...

Nous passons devant un vieux et imposant flamboyant, un bistrot de quartier puis descendons à gauche par le chemin de terre. Voilà la boutique en vue ! C'est une modeste baraque en planches recouverte d'un toit en tôles. Quelques tasseaux en bois donnent l'illusion d'une construction en dur. Quelques planches ont été jetées par dessus le fossé pour en faciliter l'accès.

 

boutique-manu

Boutique chez Manu

 

Dans la boutique, on vend du pain, des boissons, quelques conserves, paquets de biscuits, et autres bricoles pour dépanner les gens du quartier. On peut s'installer derrière la baraque ou sous des parasols pour manger.

Manu m'accueille avec le sourire, il a déjà commencé à cuisiner derrière la boutique. Il me prépare une carpe rouge au barbecue. La carpe vient parait-il du lac Cayo ! Peut-être notre ami Jules l'a t-il pêchée (cf Lac Kayo : au revoir à Jules et à sa famille ) ?

 

enseigne-manu

Enseigne de la boutique

 

Je rejoins deux copains de Manu attablés autour d'une bière, sous les parasols plantés dans un carré de terre défriché au milieu des herbes folles.

Manu me propose de déboucher une bouteille de vin. C'est fête aujourd'hui ! Je préfère le vin à la bière mais suis très méfiant quant à la qualité... Mon hôte me montre un cabernet du Pays d'Oc. Cela vaut mieux que le mauvais vin espagnol servi au Congo. Il est cependant étrangement mis en bouteille loin de sa région de production... dans le 44 (Loire-Atlantique) ! 

Par contre, Manu ne dispose que du petit tire-bouchon de son décapsuleur. Pas très pratique... Il refile le débouchage de la bouteille à son copain Francis. Si seulement j'avais su, je lui aurais ramené un "vrai" tire-bouchon de France.

Il fait beau et c'est agréable de déjeuner dehors, dans le calme. Seul inconvénient, les mouches. On est obligé de couvrir son verre devant leurs assauts incessants. Le vin quant à lui n'est pas mauvais.

Je suis gâté, Manu sort la nappe blanche et me sert une belle carpe accompagnée de bananes frites et d'haricots verts.

 

carpe-rouge-manu

Carpe rouge

 

Mais les mouches redoublent de vivacité pour s'attaquer à mon plat. Mon hôte tente de les chasser en allumant des bougies. Mais les bougies tombent (pas de bougeoir...) ou s'éteignent avec le petit vent venu du bord de mer.

Manu essaie une autre solution, plus radicale. Répandre du pétrole sur la nappe. Ne vous inquiétez pas, nous n'avons pas essayé les deux solutions en même temps ! 

Plus de mouches, mais en contrepartie, c'est moi qui suis un peu shooté aux vapeurs de pétrole... Je peux finir de déguster ma carpe farcie, en évitant toutefois le piment gentiment proposé.

Au cours du repas, je constate que les passants et les voitures me regardent souvent à deux fois. Tiens, il y a un Blanc ici ?! J'ai même cru qu'un taximan allait se dévisser la tête en se retournant. Ce n'est pas un lieu habituel de restauration pour un mundele.


 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 12:00

En allant au petit-déjeuner, j'assiste à un dialogue animé à l'accueil de l'hôtel... C'est une véritable engueulade entre un réceptionniste et une femme de ménage. L'altercation en langue locale ne me permet pas de comprendre la teneur précise du conflit, mais les quelques mots échangés en français indiquent qu'il s'agit d'une "promesses non tenue".

 

En ce dimanche ensoleillé, il est prévu que je déjeune chez Manu. Je lui passe un coup de fil pour confirmer le rendez-vous. Il m'envoie un de ses collègues pour 12h30.

Gauthier passe me voir pour savoir si je suis bien rentré hier soir. Il me raconte que Lokua a pleuré après mon départ. Est-ce vrai ou bien est-ce pour m'attendrir ? Gauthier envisage d'aller en famille cet après-midi à la frontière du Cabinda. Sans doute joindra t-il l'utile à l'agréable en ramenant quelques antiquités de cette zone d'échanges.

 

Bien entendu, le chauffeur d'Allo Taxi arrive en retard vers 13h. Il fait beau et en ce dimanche la circulation est fluide. Je remarque sur le trajet que l'on a massacré le superbe ficus (sans doute centenaire) qui trônait sur le rond-point du 31 juillet. Il ne reste plus que la souche ! Un gigantesque panneau publicitaire enlaidit désormais le giratoire...

Nous prenons l'avenue Opangault, le goudron cède ensuite la place à une piste où chacun essaie de trouver le passage le moins mauvais. Fort heureusement, la météo est avec nous et les redoutables trous d'eau sont absents.

 

Je demande à mon chauffeur de s'arrêter après le Pont de Songolo. C'est un goulot d'étranglement pour la circulation, car il est à une seule voie ! Qui a la priorité ?? Allez savoir, mais cela occasionne de nombreux conflits entre conducteurs et des blocages sans fin.

Le pont est de plus vétuste et une partie de la rambarde en béton est complètement défoncée. Certains craignent son effondrement. Au delà des victimes potentielles, étant donné qu'un pipe line passe sous son tablier, l'écroulement du pont pourrait être fort dommageable pour l'environnement et les habitants du quartier.

 

pont-songolo-rambarde

Rambarde défoncée du Pont de Songolo

 

Je croise une jeune femme inconnue qui me dit gentiment bonjour, sans doute surprise par ce reporter dominical. En contre-bas, deux petits garçons observent la rivière Songolo. Sans doute devrait-on d'ailleurs parler de fleuve côtier puisque le cours d'eau se jette à quelques centaines de mètres dans la baie de Pointe-Noire (océan Atlantique).

Le lit de la Songolo est presque entièrement recouvert de nénuphars et les berges ornées de palmiers, bambous et autres papyrus. C'est propre, contrairement à d'autres endroits similaires à la "cité". L'ensemble forme un beau paysage.

 

riviere-songolo

Rivière Songolo envahie de nénuphars

 

En fait, je remarque que les deux gamins regardent deux bovins parqués au bord du cours d'eau. De couleur noire, la bête à cornes a tout l'air d'un taureau camarguais ! Comment est-il arrivé là ? Aucune ressemblance en tout cas avec les vaches locales croisées près de Diosso (cf Sur la route de Loango ).

 

bovin-songolo 

Taureau camarguais (?) au bord de Songolo

 

Parallèlement à l'ancien pont, côté océan, un nouvel ouvrage d'art est en cours de construction. Un impressionnant coffrage, entièrement en bois, maintient des blocs de béton armé.

 

construction-pont-songolo 

Nouveau pont de Songolo en construction (octobre 2010) 

 

Espérons que le nouveau pont élargi sera rapidement mis en service et soulagera les habitants du quartier, et de Pointe-Noire en général. Il restera à goudronner les voies d'accès, mais ceci est une autre histoire.

 

 

Pour plus de détails sur l'ouvrage très attendu, lisez l'article de "congo-dechaine.info" : cf link


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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