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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 20:00

A peine arrivé à l'hôtel, je tombe sur le vendeur Basile qui attend toujours. Comme il n'est pas agressif et a fait preuve d'une grand patience, je prends quand même un peu de temps pour voir ses "antiquités". Un singulier bracelet en pierre, finement sculpté, avec des têtes de jumeaux, retient mon intérêt. Basile me dit que c'est d'origine Tchokwé d'Angola (cf Sculpture : bracelet en pierre ).

Pendant que je discute sur le parking, je croise le garde Landry qui achève son service. Il me réclame sa photo ! Je l'avais en effet immortalisé en duo lors de mon dernier séjour (cf Samedi : "tour du propriétaire"). Je lui donne son cliché, il a de la chance, je l'ai sur moi. Landry me confirme que son collègue ne travaille plus à la SCAB.


Une jeune femme, perchée sur des talons hauts, s'approche de nous et semble intéressée par l'achat de trois petits masques. Elle demande à Basile de passer la voir après avoir terminé la négociation avec moi. Elle m'explique qu'elle est en charge de l'animation musicale, ce soir, à la paillote de l'hôtel. Je suis donc convié au spectacle. Pourquoi pas ? Je quitte Basile et refuse de voir deux autres vendeurs casse-pieds.

 

Après un peu de repos, je décide donc de dîner sous la paillote. Un petit orchestre (un batteur, un guitariste, un synthé) a pris place sur une estrade, au bout de la piscine. Le public est assez restreint. J'en profite aussi pour remettre au serveur Gaston quelques photos (cf Veille de départ : photos souvenirs et... papaye ). Il est très content.

 

L'animation musicale est de style variétés-pop-rumba passant de Patricia Kaas à James Brown et de Michel Sardou à Tracy Chapman, sans oublier l'inévitable chanson de l'Indépendance, "Félicité". La voix est agréable, juste et assez puissante. Des voisins de tablée reprennent en coeur les "Champs Elysées" de Joe Dassin, mais l'interprétation de l'orchestre manque de peps, faute de de trompettiste.

La chanteuse laisse le micro a un homologue masculin et passe de table en table, puis au bar pour tenter de vendre son album. J'accepte d'acheter un exemplaire (5 000 FCFA). La jeune femme me dit que le vendeur d'antiquités n'est pas venu la voir. Sans doute Basile a t-il cru que sa proposition d'achat n'était pas sérieuse et que c'était uniquement un prétexte pour m'aborder...

 

lady-christelle-dvd

      Pochette du DVD de Lady Christelle


La chanteuse est dénommée "Lady Christelle" (en référence au pseudo de la célèbre "Lady Gaga" ?) et possède son propre répertoire. Mais il est sans doute difficile de l'imposer et il faut bien manger, en réalisant des animations avec les chansons des autres ! J'ai cru qu'il s'agissait d'un CD, mais c'est un DVD trois titres, avec des clips réalisés avec les moyens du bord. C'est cependant plutôt bien fait. Par contre, la position de l'interprète sur la pochette est un peu étrange...


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 16:30

Je remarque près des tôles quelques plantations. Gauthier m'explique que ce sont des légumes qu'il mange mélangés avec du riz.

 

L'une des plantes est appelée "matembélé" (mot lingala) et seules les feuilles sont apparemment dégustées. Le végétal est proche des patates douces.

 

matembele-plante-gauthier

Matembélé (Ipomoea batatas)

 

L'autre plante est grimpante, d'un vert plus clair et présente de petites graines noires. Gauthier l'appelle "épinard". C'est visiblement un terme générique employé pour plusieurs légumes verts au Congo.

Il pourrait s'agir de la baselle blanche (Basella alba), appelée aussi "épinard de Malabar".

 

epinard-plante-gauthier

      Plante grimpante "épinard"

 

On me parle aussi de "biteku", mais il s'agit d'une autre plante (mot lingala désignant Amaranthus hybridus).

Gauthier cultive également quelques pieds de manioc (pour faire le saka-saka avec les feuilles) et un minuscule papayer (30 cm de haut !). Béna a donc quelques légumes sous la main pour cuisiner. Je note toutefois un inconvénient,  j'ai vu les enfants faire pipi pas très loin...

La nuit commence à tomber et je pense à rentrer. Le bar situé juste derrière les tôles crache ses décibels. Gauthier me dit que le bruit l'empêche souvent de dormir, car la musique dure parfois jusqu'à deux heures du matin.

 

Je salue tout le monde et Gauthier m'accompagne. Je remarque une petite boutique que je n'avais pas vue à l'aller. Il s'agit d'une salle de jeux vidéos, disons, plutôt rudimentaire. Dans une baraque en planches, derrière un rideau, deux télés ont été branchées et une dizaine de gamins (des garçons uniquement) s'entassent dedans. Voilà donc la salle "2 jeux",  comme l'indique l'inscription, en place à la cité ! Cela permet quand même de se faire la main sur la Play Station 2.

 

 

salle-jeux-cité

La salle "2 jeux"


Juste à côté se trouve le bar, peint en bleu comme beaucoup de nganda. Un homme m'interpelle pour être pris en photo avec sa famille.

 

 

 bar-cité-gauthier

Famille au bar

 

Par contre, le voisin de table n'est pas d'accord. Il ne veut pas être sur le cliché. Il prétend que je vais vendre la photo pour me faire de l'argent. Gauthier me glisse à l'oreille qu'il a bu et je n'insiste pas pour convaincre cet interlocuteur aviné de ma bonne foi.

L'homme à la chemise bigarrée qui m'a interpellé, nous accompagne un peu. Me demandant ce que je fais, il veut que je monte une clinique privée à Pointe-Noire, pour l'embaucher. Il a parait-il déjà travaillé dans un bloc opératoire. Bien voyons, c'est simple comme projet !

Gauthier me présente à son épicier, un sénégalais me dit-il, installé dans une petite boutique à l'angle de la ruelle. Les produits s'entassent partout dans un désordre apparent. Il lui annonce que je suis son "patron". Tiens, tiens, je ne savais pas !!  Je suppose que Gauthier a des dettes et qu'il veut rassurer ainsi son commerçant de quartier...

 

On rejoint l'avenue de Gaulle en traversant un sordide cloaque. Un immense tas d'ordures permet  à deux gros cochons noirs de fouiner, à la recherche de quelque nourriture. Les odeurs d'égouts, d'urine et de fumée issue des ordures brulées se mélangent... L'apnée est recommandée. Des enfants jouent à proximité, des carcasses de voiture couronnent le tout.

 

Dans la ruelle, un peu plus loin, un bar est ouvert et un atelier de couture accueille quelques ouvriers. Nous voilà sur une grande place de sable, celle de la bourse du travail, et je crois le siège de la télé locale. La nuit est tombée. Je salue Gauthier et prend un taxi. Je serre un peu les fesses lorsqu'il fait demi-tour en pleine avenue, face à la station service.

 

Le taximan s'appelle Narcisse. Il est sympa et se plaint de la circulation anarchique de la cité ponténégrine. Il est ici depuis seulement 18 mois et trouve Brazzaville moins agitée. Il déplore aussi le trop grand nombre de taxis. Je lui demande ce qu'il faut faire comme démarches pour être taxi. Il me répond qu'il faut seulement un permis"à 3 cachets" pour s'installer. Pas de licence hors de prix à racheter. Arrivé au Palm Beach, il ne cherche pas à m'arnaquer.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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