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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 13:00

De retour à l'hôtel, je m'inquiète d'avoir un chauffeur. Le week-end, c'est la galère ! En dépit des promesses d'assurer notre transport, il n'y a en tout et pour tout que deux chauffeurs pour l'ensemble des missionnaires de la ville. Enfin, ceux privés de véhicule...

Les pauvres gars qui sont de service n'arrêtent pas de courir entre les hôtels, la base industrielle, l'avenue Poincaré, l'aéroport, voire le terminal de Djéno.

J'arrive donc assez tard pour déjeuner au Derrick. Une fête se prépare. Le restaurant d'entreprise est en train d'être relooké en casino. Une enseigne lumineuse surplombe l'entrée, de fausses machines à sous sont installées. Un orchestre prend place. J'apprends que c'est pour la Fête des Mères.

 

J'attends assez longtemps pour avoir un chauffeur après le repas. Je discute ainsi avec un garde de la SCAB, Ferdinand. Il me dit qu'il gagne 75 000 FCFA par mois avec les primes, soit 114 Euros. Moins de 4 euros par jour. Difficile de faire vivre une famille avec un tel revenu, même si dans beaucoup de pays très pauvres certains ne disposent que d'un euro par jour pour survivre.

Deux femmes "expat" parlent d'aller demain à "la pointe" (sous entendu la Pointe-Indienne), lieu de villégiature des ponténégrins les plus favorisés. Mon chauffeur arrive enfin. Il répond aux appels incessants 

 

De retour à l'hôtel, c'est farniente, lecture et télévision. Le vendeur d'antiquités Serge passe me voir. Mais il n'a rien qui m'intéresse et j'ai déjà acheté pas mal d'objets. Il repart bredouille, mais je l'invite à me trouver une statue de chef.

Plus tard, c'est au tour de Nicaise de déballer ses "trésors" : coupe de cérémonie en bois, poire à poudre, statue de maternité, dont l'originalité est que la femme est assise dans un fauteuil... Je possède déjà ce type d'objet.

Mais ce qui retient mon attention, c'est une sorte de hochet (cf La cloche de cérémonie de Nicaise ). Le vendeur insiste pour que j'achète un objet afin qu'il puisse avoir un peu d'argent pour retirer à la gare un autre sac d'antiquités. Vrai problème ou mensonge, marché conclu !

 

En fin d'après-midi, Manu passe à l'hôtel. Il ne désespère pas de m'emmener en balade, à condition de pouvoir utiliser son véhicule avec l'expatriée ("sa cousine") qu'il a transporté toute cette semaine. Celle-ci a le privilège de garder "son" chauffeur, car elle travaille parait-il le week-end. 

Manu évoque des destinations assez lointaines, les gorges de Sounda et la gare des Saras. Vu le peu de temps dont nous disposeront, je lui conseille une expédition plus raisonnable, comme le lac Kayo. Cela tombe bien, Manu me dit qu'il ne connaît pas cet endroit.


Le soir au restaurant, j'apprends que le pauvre Red s'est fait voler son téléphone portable dans un taxi. Il pense qu'il dépassait de sa poche et qu'on lui a ainsi dérobé.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 11:00

Je traverse la voie ferrée, en partie enfumée. Une odeur de plastique brûlé me prend à la gorge. Des tas d'ordures amassés le long des voies se consument. Des oiseaux qui se nourrissent des détritus volent alentour. Charmant spectacle en plein centre-ville...

 

ordures-voie-ferree

Voie ferrée enfumée... 

 

Je tourne à gauche au bout de la rue, en direction de la gare. J'emprunte les bas-côtés sableux. Le soleil cogne. Dès que l'on quitte le rivage, il fait tout de suite plus chaud.

Devant la Préfecture règne une certaine agitation. Juste en face, un train est prêt à prendre le départ. L'avant de la locomotive a été décoré d'un drapeau congolais.

 

locomotive-cfco

Locomotive au départ de Pointe-Noire

 

Mon objectif est de rendre visite à la "boutique colorée", chez Moussa. Il est bien fidèle au poste ! Cette fois-ci, il me reconnaît. Je lui demande pourquoi le train est orné d'un drapeau, ce n'est pas habituel. Il me répond qu'un client lui a parlé d'une inauguration pratiquée par le Préfet, à Dolisie peut-être, mais il n'est pas très sûr de la destination. Moussa me dit que je suis toujours un bon observateur ! Le train préfectoral va en tout cas traverser l'infect nuage de fumées...

Je n'ai de projet d'achat, mais je donne à Moussa la photo de son frère Alaye (cf Vie quotidienne : journée moins barbante (suite) ) prise en novembre dernier. Moussa rit devant le large sourire de son frangin.

 

Sur le trajet retour, je croise un second mariage, au même endroit. Cette fois, le marié est habillé d'un costume jaune canari. Mais c'est un beau volatile, à l'embonpoint assuré. La mariée arbore une longue traîne.

Je rejoins la plage. Peu après, un homme m'aborde et me demande de quoi s'acheter de l'eau. Il dit s'appeler Franck M'bala. Comme il est poli et pas agressif, je lui donne 200 FCFA. Il repart satisfait.

 

Arrivé face l'hôtel, je m'assois sur le sable. Je profite de l'air marin. Mais un Blanc sur la plage ne passe pas longtemps inaperçu... Une jeune femme m'aborde à son tour. Elle ne tourne pas longtemps autour du pot. Elle souhaite épouser un étranger pour quitter le Congo. Léa se dit célibataire, infirmière, mais sans emploi. Elle n'a pas le look d'une "accompagnatrice". En préalable, elle me demande si je n'ai rien contre les Noires.

Je lui répond que ce n'est pas le problème. Mais je ne souhaite pas non plus donner de faux espoirs à mon interlocutrice. Je n'ai pas l'intention de l'épouser. Elle n'insiste pas.

Quelle misère dans ce pays où on s'offre au premier venu dans l'espoir de quitter sa triste condition.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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