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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 05:00

C'est un lever dominical bien prématuré, un peu avant 5 heures. Voilà longtemps que je m'étais levé aussi tôt un dimanche... Je prépare le sac à dos, la trousse de médicaments, les boissons et les fruits conservés dans le petit frigo de la chambre.

Trop tôt pour prendre un petit déjeuner classique à l'hôtel. Je mange quelques biscuits et boit du Coca. Ce n'est pas dans mes habitudes, mais la caféine est là.

Mes deux compères sont au rendez-vous, je retrouve Manu et Honoré sur le parking à l'heure dite. La ville est calme. Le jour s'est levé et une douce lueur baigne le paysage. Je monte à côté de Manu et Honoré est à l'arrière. Nous remontons l'avenue de Gaulle et faisons une halte à la boulangerie du Plateau acheter un peu de pain. Manu et Honoré s'étonnent que le mendiant "habituel" dans sa petite "voiture" bricolée, soit déjà là, devant la boutique !

 

Trajet-PNR-Dolisie

Trajet (approximatif) de Pointe-Noire à Dolisie (source : Google Earth)


Nous filons vers le nord et traversons le quartier de Loandjili. La ville s'éveille lentement. Un homme habillé de blanc prie à genoux devant chez lui, tandis qu'à côté un autre torse nu se lave les dents en crachant dans le caniveau.

Manu récupère son appareil photo auprès d'un collègue qui attend au bord de la route. La solidarité entre chauffeurs n'est pas un vain mot. Puis c'est le début de l'aventure via la Nationale 1. Dans sa partie urbaine, elle est bien défoncée, les bords sont érodés et il faut zigzaguer pour éviter les dénivellements soudains. Nous montons la côte du Mont Kamba. Cela me rappelle mon expédition avec Patrice à Mengo ( Sur la route de Mengo ). Nous étions restés coincés là pendant 1 heure à cause d'un camion en panne. L'ascension est cette fois-ci rapide. Mes compères m'expliquent que le cimetière du Mont Kamba est désormais "plein" et qu'un autre est ouvert plus loin.

En haut de la côte, c'est toujours le chantier, entre rond-point en construction et canalisations à mettre en place. La route est encore recouverte de graviers et bien poussiéreuse. Il faut attendre la forêt d'eucalyptus pour voir une belle route bitumée. Aucun marquage au sol, ni aménagement routier cependant. Je reconnais le village de Mengo lors de sa traversée. On a l'impression qu'une autoroute coupe le petit village en deux. Un panneau invite à limiter sa vitesse, mais tout le monde s'en fout, y compris mon chauffeur. A Hinda, nous subissons un premier contrôle de police. Papiers du véhicule et permis de conduire. Nous poursuivons notre chemin sans problème.

La partie neuve cède bientôt le pas à l'ancienne nationale plus étroite. Il n'y a en fait que quelques kilomètres de la nouvelle route qui sont goudronnés (vingt kilomètres ? difficile à dire avec précision). Nous atteignons une zone marécageuse où un "camp de transit" pour les camions est installé. Nous apercevons au loin des torchères qui crachent de grandes flammes oranges et leurs fumées noires. Manu me dit qu'il s'agit d'un site d'ENI Congo, le pétrolier italien. Est-ce le gisement on shore de M'boundi ?


eni-mboundi    

Installation pétrolière d'ENI Congo (© ENI)

 

Nous arrivons enfin à Malélé. Nous avons effectué la partie la plus facile du parcours. Dans ce village, c'est la bifurcation. A gauche, c'est Louvoulou via la Nationale 6. A droite, c'est Dolisie par le Mayombe. Une barrière en bois bloque la route. Elle est théoriquement fermée à cause des travaux. Manu descend du véhicule pour discuter avec le garde. Pendant ce temps, je remarque un gros porc gris qui se balade tranquillement au milieu de la chaussée, près de palissades derrière lesquelles a pris place un camp chinois. Ce sont eux qui ont la charge du chantier. Manu remonte et le garde soulève la barrière. Il nous raconte qu'il a dû "secouer le baobab !". En fait, le chauffeur a donné 500 FCFA, cette singulière expression a été employée par le garde pour l'inciter à mettre la main au portefeuille.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 12:30

Après la balade côtière, je déjeune sous la paillote. Olivier un vendeur d'antiquités vient me voir. Il est très poli, ne me dérange pas longtemps pour me proposer de regarder ensuite ses "trésors".

C'est ce que je fais après le repas. Le vendeur me propose un reliquaire Kota à double visage, une "poupée" Réga, un petit masque en carapace de tortue (cassé dans un coin), des statues sculptées dans des os de buffle, il s'agit d'un chef assis bâton à la main et d'une maternité, un masque "oiseau" du Gabon au long nez pointu... Je choisis un petit fétiche Kongo aux yeux blancs (en verre sur fond de kaolin). C'est selon Olivier un fétiche "protecteur". Son pouvoir est symbolisé par la corde en raffia qu'il porte autour du cou.

Pendant que le vendeur va se procurer de la monnaie, Manu arrive. Patrice a pris son service mais est tout affolé. Sa belle-fille est en train d'accoucher à l'hôpital Sicé. Son fils est "en brousse", c'est donc Rosine qui accompagne la belle-fille. Elle est au bloc opératoire pour une césarienne et Patrice est donc inquiet. Les quelques économies mises de côté passent dans les frais de pharmacie... Au Congo, en l'absence de système de protection sociale, il faut payer les médicaments à l'hôpital !


Je pars avec Manu faire quelques achats "en ville". Avenue de Gaulle, nous nous garons devant le Park N'Shop. C'est un magasin, principalement d'alimentation, tenu par des pakistanais. Je remarque des tas de biscuits à l'emballage exotique (pour moi) et de nombreux sodas mimant une célèbre boisson américaine. Nous achetons des packs d'eau Mayo, quelques sodas et... des sablés Nantais. A la sortie de la boutique, un jeune homme qui range des cartons, pousse de petits cris étranges. Je suppose qu'il est sourd et muet, mais je ne sais pas s'il s'est adressé à moi.

Comme il n'y a pas de fruits, nous filons au petit supermarché Casino, situé plus bas dans l'avenue. Les "anciens" ponténégrins l'appellent encore le "Score", du nom du magasin précédent. Les pommes sont à un prix raisonnable, mais les clémentines sont hors de prix. Pour les bananes, nous trouverons bien sur la route quelques achats à faire.

 

casino-Pointe Noire

Magasin de l'avenue de Gaulle (source : Herwig1961)

 

Un jeune homme qui fait la mise en rayon, prend le soin d'essuyer chaque bouteille. Il s'agit d'enlever la poussière, fléau pour les marchandises transportées sur des milliers de kilomètres et pour Pointe-Noire "l'ensablée". La clientèle est "mixte", entre expatriés et congolais "privilégiés". On est loin de l'ambiance du Grand Marché !

A la caisse, en plus de la caissière, des employés mettent vos achats dans des sacs plastiques. Etonnant. En France, la mode est à la suppression des humains par des caisses "automatiques", où le client effectue en fait le travail de la caissière. Au Congo, la main d'oeuvre n'est pas chère...

Derrière Casino où nous nous sommes garés, quelques magasins "chics" de vêtements se montent dans une sorte de galerie marchande. Des molosses baraqués gardent le chantier. Manu me ramène à l'hôtel et part faire une autre course.

 

Quelques temps après, le "loueur" de véhicule arrive au Palm Beach. Il me montre l'engin. L'aspect extérieur est tout à fait correct. J'apprends que c'est grâce à un tuyau d'Honoré que ce Rav4 a été trouvé. Mon interlocuteur est assez pressé et ne veut pas attendre le retour de Manu. Il doit récupérer une autre voiture devant l'Atlantic Hôtel. Me voilà donc parti avec lui. Je règle les 125 000 FCFA (soit 190 euros pour les 2 jours). Il ne me fait pas payer de caution "parce que c'est moi". Je retourne donc à l'hôtel au volant de la Toyota, en passant par le rond-point du tribunal, évitant ainsi la "zone policière". 

J'informe Patrice de la bonne nouvelle. Quant à lui, il n'a pas d'informations du côté de l'hôpital et demeure donc inquiet. Suite à une erreur de listing, il donne à un client une chambre déjà occupée... Ce n'est pas son jour de chance !

 

C'est le retour de Manu. Nous vérifions ensemble l'état du véhicule. Les niveaux sont OK, les pneus en bon état. Nous avons les 3/4 du plein de carburant. En vérifiant les papiers, nous constatons qu'il s'agit en fait de la voiture de la soeur du loueur ! Ah, le Congo, toujours des surprises... L'assurance est payée et la "taxe de roulage" aussi (équivalent de la "vignette" automobile autrefois réglée chaque année en France). Manu part rendre son véhicule de fonction.

A l'accueil, Patrice m'apprend qu'il est grand-père ! Une petite fille est née par césarienne. Patrice est soulagé mais toujours soucieux pour la santé de sa belle-fille. Il décide donc de ne pas nous accompagner demain.

Manu est de nouveau de retour. Il récupère la Toyota. Je lui donne 10 000 FCFA pour faire le plein. Je lui demande de vérifier la pression des pneus. Il me dit également qu'Honoré sera du voyage. Information tardive, mais je n'ai rien contre, au contraire j'aime bien Honoré, et c'est grâce à lui que le véhicule a été trouvé.

Il est prévu un départ matinal à 6h pile. Ou à "6 heures zéro zéro" comme je m'amuse à l'entendre de la bouche de Manu. Dolisie est à 186 km de Pointe-Noire. La route est en chantier et nous voulons avoir le temps de faire des "étapes" pour observer le Mayombe. Nous devrions arriver en fin de matinée à destination.

 

Le soir au restaurant, Hermann me dit que je prends un "repas de maçon" me voyant attablé avec uniquement du pain et des cacahuètes !

C'est la finale de la Coupe d'Europe. Thomas le bagagiste supporte l'Inter de Milan. Il quitte son poste pour aller jeter un oeil à la porte du bar, où une télé diffuse le match. C'est son équipe préférée qui l'emportera.


 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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