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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 19:00

Après les bouchons de Loandjili, nous arrivons à Songolo. Le quartier est plongé dans le noir ! Nous avançons à tâtons pour entrer dans la maison de Manu...

Une jeune femme nous accueille et nous éclaire dans la venelle. Drôles de circonstances pour rencontrer la copine de Manu. Nous sommes un peu dans le stress du départ !

Nous devons changer de tenue pour être plus présentable pour prendre l'avion. Manu nous amène un seau d'eau et un savon pour se nettoyer le visage. Pas facile dans la pénombre, nous allons dehors, et moi, sans lunettes, je ne vois pas grand-chose ! Je plaisante en disant, tant pis si on sent un peu mauvais, en France, il fait froid.

Il faut aussi faire les comptes (je déduis de la location du véhicule les frais de réparation des plaquettes de frein), ranger les valises, tasser les tresses, trier ce qu'on peut prendre en cabine ou pas ... Tout ça à la lumière (limitée) d'un néon à piles.

Nous ne sommes pas très en avance, encore deux rendez-vous à honorer et nous ne sommes pas enregistrés sur le vol !!  Il fait chaud sous les tôles et le visage d'Aurélien ruisselle à nouveau.

Manu nous offre un cadeau de départ, un pack touristique CD/DVD sur le Congo et des sets de table aux motifs africains. Sympa ! Il s'inquiète de la disparition de mon petit sac-à-dos, pas de problème, je l'ai mis dans la grande valise.

 

pointe-noire-claise-boutique

La boutique "Claise" à Pointe-Noire (© Truuuc)


Nous filons en direction du Palm Beach, cela ne fait pas un gros détour. L'avenue de Gaulle affiche quelques décorations lumineuses pour Noël. C'est nouveau !

Gauthier nous attend sagement sur le parking. En voyant Aurélien, il dit : "Il est là lui ?". Il pensait sans doute qu'il était reparti. Je récupère le peigne en bois (commande pour un collègue cf Sanza et autres objets ) et l'autorisation pour les "œuvres d'art". Gauthier nous demande si nous avons marché. Non, cette fois pas beaucoup, pas comme pour aller à Sounda. Puis ce sont les au-revoir. Gauthier nous dit : "Que Dieu vous garde à l'aller comme au retour ! ". Pour l'aller, c'est déjà fait, Dieu ne devrait pas nous abandonner au retour...

 

Direction la route de l'aéroport, heureusement pas de bouchons à cette heure là. Il est environ 20h30 quand nous retrouvons Patrice près de l'hôtel Pemba. Il est en tenue décontractée.

Il nous propose de boire un verre juste à côté, au bar de la boucherie (!?) "Claise". Il parait que le nom du commerce vient du prénom du propriétaire. Ce serait une variante francisée du prénom néerlandais Niklaas (Nicolas). C'est aussi une rivière du sud-Touraine.

Nous prenons place autour d'une petite table en bois, assis sur des tabourets. Ouf, enfin quelques instants pour souffler !


pointe-noire-bar-claise

Un dernier verre avant le départ... (© Truuuc)

 

Nous demandons à la serveuse de nous prendre en photo. Non sans difficultés, nous arrivons à avoir un cliché correct. Nous trinquons au Congo... et peut-être aux futurs mariés ! Erissia est un peu gênée... Manu rêve d'un mariage l'été prochain et aussi de nous inviter. C'est super sympa, l'avion par contre coûte très cher (plusieurs milliers d'Euros l'aller-retour). C'est pas évident.

Certains trinquent à la TurboKing "La bière des hommes" selon la pub. On charrie Manu en lui demandant s'il va mettre le turbo ce soir avec Erissia... Le pauvre doit être bien fatigué après toutes ces heures de conduite.

Patrice me dit que son fils Chris était vexé de ne pas être venu en "expédition" avec nous. Rendez-vous raté... Je dis à son père de lui rappeler qu'en mai dernier, il avait fait un très beau voyage (Gorges de Sounda, Loudima, Nkayi, barrage de Moukoukoulou). Nombre de congolais n'en n'ont pas vu autant. Patrice espère que la prochaine fois, ce sera son tour. Mais ce n'est pas facile avec son boulot...

En tout cas, Patrice va prier pour que je revienne ! C'est le moment de la séparation... Au-revoir à toute la famille !

Il est grand temps de partir vers l'aéroport, à 21h30.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 18:00

Avant d'atteindre la nationale, nous effectuons un arrêt dans un minuscule village. D'ailleurs peut-on parler de village concernant 2 ou 3 cases isolées, au bord de la piste de Bilala ?

Nous descendons les pieds dans les flaques d'eau... Je vois d'ailleurs une nèpe, insecte aux moeurs aquatiques, reconnaissable à sa forme et surtout à son siphon caudal qui lui permet de respirer.

Une famille est installée là, sous les arbres. Je distribue quelques bonbons (nous n'avons presque pas vu d'enfants à Bilala), notamment à un tout petit garçon qui marche tout juste. Il ouvre bien grand ses yeux ronds !

Les grands ne rechignent pas sur la friandise, mais la maman râle. Elle me reproche que ce soit tout ce que j'ai à offrir. Elle m'explique avoir sept enfants et préférer de l'argent. Je lui réponds que nous avons eu la gentillesse de nous arrêter... Ce n'est pas grand chose, bien sûr, dans cette misère ambiante ! Je lui donne quelques pièces et elle me dit que "c'est bien".

J'offre à un ancien qui nous rejoint, un stylo. Il me demande si je n'ai pas un bloc-notes. Hélas, non !

Aurélien est resté en retrait et, trop timide, a posé ses crayons de couleur sur une souche d'arbre. Il n'a pas osé les donner directement. Je fais l'intermédiaire. Ce sera utile pour les enfants.

 

mayombe-marché-cadeaux

Distribution de stylos (© FabMoustic)

 

Nous voilà repartis ! Comme il nous reste quelques stylos, que nous ne comptons pas ramener en France, nous effectuons une autre halte, quelques kilomètres plus loin, au niveau d'un petit marché. Il se situe au bord de la route nationale, avant Malélé. 

Nous nous garons derrière un camion. Au début l'accueil est assez froid. Nous sommes perçus un peu comme des intrus... Les fruits et légumes sont étalés sur le sol, attendant le preneur. Je distribue mes derniers bonbons, mais les regards des petits et des grands sont fuyants. Que font-ils là ? Méfiance.


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Manu distribuant les stylos (© FabMoustic)

 

Mais quand nous commençons à distribuer des stylos, l'intérêt est plus marqué. Manu aide Aurélien à faire face à l'afflux de demandeurs ! Au début des enfants, et ensuite aussi des adultes. Manu tempère les audaces des plus téméraires...

 

Un homme montre la mine de stylo avec laquelle il travaille et se plaint de son sort. Je lui donne un stylo tout neuf ! Il est content et me montre les petits bouts de papier qu'il met sur ses fruits (bananes notamment) pour indiquer le prix.  

 

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Homme à la mine de stylo... (© FabMoustic)

 

Je remarque parmi ces légumes à vendre au marché, des gombos. Le fruit de cette plante africaine est une capsule pentagonale verte, assez remarquable. Je n'ai pas encore goûté !

Je charrie un peu un adolescent qui porte un T-shirt à l'effigie du rappeur Eminem. Un autre me dit d'acheter des bananes ! Je lui réponds que j'en ai mangé à midi.

Nous voilà repartis, je salue le chauffeur routier qui porte son permis autour du cou. Bon, je dis à Manu que le choix de l'arrêt était moyen... C'est plus sympa dans un petit village qu'au niveau d'un marché en bord de route.

 

mayombe-nationale-manzi

Panneau indicateur "Manzi" sur la RN6 (© Truuuc)    

 

Au carrefour de Malélé, Aurélien remarque la pancarte qui indique "Manzi", nom d'un village sur la route des gorges de Sounda. C'est le nom d'un ancien collègue de travail !

C'est possible que les Portugais aient laissé des traces dans cette zone du Congo. Mais les documents plus anciens évoquent plutôt "Mandji". Mystère...


Il nous reste encore 70 km à parcourir. Alors que le soleil descend à l'horizon, nous arrivons vers la saline et les installations pétrolières italiennes. En haut de la colline, c'est l'occasion de faire un beau cliché associant soleil couchant et torchère. 

 

mayombe-coucher-soleil-torchere

Torchère sur fond de soleil couchant (© FabMoustic)

 

La fin de parcours est moins agréable. Les véhicules roulent beaucoup trop vite sur cette portion quasiment plate de la nationale. Manu double un car (encore siglé du Conseil Général de Vendée, don de ce département). Mécontent, le chauffeur le redouble un peu plus loin dans des conditions très limites. Un autre car nous double en klaxonnant et en prenant la route en contre-sens. Complètement givré ! 

Je dis à Manu de se calmer à moins qu'il veuille que nous reprenions l'avion pour la France entre 4 planches... Je lui annonce que la prochaine catastrophe sera un accident de car, avec des dizaines de morts à la clé, si les chauffeurs conduisent comme des fous. Il prétend qu'ils sont formés à la conduite !! Eh bien, ils ont dû tout oublier. Un grumier en face, et c'est foutu...

Après Mengo, nous retrouvons une vitesse plus raisonnable à cause de la densité de circulation des faubourgs anarchiques de Pointe-Noire. Il fait nuit. Dans les bouchons, je téléphone à Gauthier pour lui donner rendez-vous au Palm Beach afin qu'il me remette l'autorisation de sortie d'oeuvres d'art.

Et puis nous devons aussi saluer Patrice avant notre départ. Le programme est encore chargé...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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