Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 19:00

Je retrouve ensuite Martin, vendeur ambulant rencontré lors de mes précédents voyages. Il est spécialisé dans les bronzes. Il rentre de brousse et me présente de nouvelles trouvailles, sous un parasol près de la piscine. Ce n'est pas pour s'abriter du soleil mais de la pluie.
Il me montre ainsi un bel ensemble en bronze : un roi d'Angola assis sur sa chaise, entouré de deux guerriers. Il y a aussi un petit reliquaire en cuivre martelé (Mahongwé), une statue en bois représentant une femme porteuse de coupe (qu'il appelle "mendiante"), une grande coupe Kasaï (permettant de mettre des bijoux), une cuillère ancienne en bois...
J'explique que j'ai déjà acheté beaucoup de choses et que la taille de mes valises n'est pas extensible. J'ai d'ailleurs déjà une coupe Kasaï (cf Objets et autres antiquités ).

Martin insiste lourdement pour que je lui achète un objet... Il a besoin d'argent pour faire passer ses marchandises à la frontière du Cabinda. Il me propose même une installation au Congo pour faire du commerce d'antiquités avec lui et pourquoi pas d'ouvrir un commerce de ce type en France ! Plus sérieusement, je finis donc par faire l'acquisition de deux statuettes en bronze Kongo, provenant d'Angola.

L'une représente une femme "penseur". Assise en tailleur, elle pose un visage à la douce expression sur la paume de sa main. Belle impression de sérénité. J'en ferai plus tard cadeau à ma nièce Léa.
L'autre montre une femme, toujours assise en tailleur, tenant dans ses mains une lourde poitrine.


P-penseur-bronze-kongoP-bronze-Kongo-seins


Penseur au féminin (bronze 10 cm)                      Guérisseuse mammaire (bronze 11 cm)



J'interroge Martin sur la signification de la deuxième statuette. Il me raconte que c'est une "guérisseuse pour les seins". Selon la légende, par sorcellerie, pendant la nuit un enfant vient téter la femme endormie. Celle-ci se réveille le lendemain avec les seins gonflés et douloureux. Cette statuette accompagnait donc un rituel, incluant un remède traditionnel, pour soigner ce mal mystérieux.
ll est très probable qu'il s'agisse de mammites d'origine infectieuse, mais bien entendu l'absence de connaissances médicales a permis aux croyances de perdurer.

Je croise ensuite Jacques qui s'inquiète de ne pas avoir de réponse de mon acheteur potentiel pour le fétiche à clous. Il est ennuyé car le "vieux papa" a envoyé son fils le chercher... Il veut savoir ce qu'il advient de la transaction. Malheureusement, pas de réponse de mon côté ! 

Insolite, un gardien qui s'est mis à l'abri dans le couloir de l'hôtel porte un masque grillagé, qui lui sert de moustiquaire ! Il a fier allure, on dirait qu'il est parti récolter du miel. Il m'explique qu'il ne veut pas "se faire détruire le visage" par les moustiques.
 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
commenter cet article
1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 08:00

Dans la nuit de lundi à mardi, la diarrhée me reprend. La crise est plus intense que le samedi. Toutes les 2 heures, je me vide littéralement dans les toilettes...
Je ne dors pas beaucoup à cause du mal au ventre. J'entends les oiseaux chanter dès 5 heures du matin. Le jour venu, je reçois un appel de Junior qui compte passer me voir mercredi.
Après avoir prévenu la clinique, j'arrive avec une heure de retard. Terne journée. Je mange à midi seulement du poisson avec du riz. Fatigué, je rentre me reposer à l'hôtel de 13h30 à 15h.
Le soir à l'hôtel, je croise Martin, le vendeur de bronzes. Je lui dis que nous discuterons un autre jour. Je reçois un appel de Patrice qui gentiment prend de mes nouvelles.
J'ai tellement empesté ma chambre que les femmes de ménage ont désodorisé l'atmosphère...

Le mercredi matin, un minuscule gecko passe sous ma porte. Il s'est planqué dans ma chambre, mais où ? Je vais un peu mieux avec les médicaments, mais c'est pas la forme olympique.
Je mets ma "chemise africaine" ornée de motifs rouges, dont des tortues. Mon chauffeur Dave me dit que je suis "à moitié africain", et son collègue me voit musulman !
A la clinique, les agents de l'accueil me disent que cela me va bien. La femme de l'entretien est visiblement étonnée de voir habillé ainsi... Elle écarquille les yeux en me voyant.
A midi, je retourne avec Irma acheter le sac choisi par ma collègue de travail. C'est Alaye (prénom diminutif d'Abdoulaye) qui nous reçoit.
Je mange ensuite au Derrick. Mais j'ai mal au ventre et prends un antispasmodique. J'en profite pour échanger mon T-shirt "moustik" qui présentait des défauts. Le vendeur Philippe m'explique qu'il fait l'impression lui-même ou qu'il confie parfois la tâche à ses enfants. Malheureusement, ils n'attendent pas toujours que le tissu soit sec, ce qui explique les bavures de couleurs ! Je découvre que c'est lui qui est l'auteur des peintures exposées (signées Ngala) sous la paillote du Derrick. Certaines ne sont pas mal réussies.
Une averse s'abat soudainement sur la ville. Je rentre à l'hôtel me reposer et me changer, car avec ma large chemise africaine, j'ai un peu froid. Mon chauffeur me dit que ce soir ce sera "double tarif" (les jours de pluie la circulation est très difficile, et les taxis doublent alors leur prix...).
Sur l'avenue face à la côte Mondaine, je suis surpris de croiser une course cycliste ! Quelques valeureux participants, accompagnés de motards, affrontent la pluie, la circulation chaotique et les nids de poule. Bon courage ! C'est limite suicidaire, quand on voit le comportement des camions... Il y a deux parcours dans Pointe-Noire et ses environs : 35 et 72 km. J'apprendrai ensuite que la course cycliste s'effectue à l'occasion de l'ouverture de nouvelles agences de "MoneyGram" (société internationale de transfert d'argent). Une troisième agence ouvre à Pointe-Noire. Cela explique aussi le petit stand musical monté devant la Poste (près de la boutique de tissus d'Alaye).
Il y a par ailleurs un projet de Tour du Congo en 2010. La compétition cycliste devrait se dérouler en août. Je suis sceptique quant à la possibilité de faire vraiment le tour du pays vu l'état des routes...

affiche congotour

A l'hôtel, on a déjà commencé à mettre les décorations de Noël. Le bagagiste Thomas me demande si j'ai été mouillé... Il me raconte que la première pluie du mois porte bonheur !
Une pluie continue s'installe pour l'après-midi.

Ce mercredi soir, comme convenu Junior passe me voir, accompagné de Yann. Comme il tourne toujours autour du pot pour un "cadeau", je lui dis que je pourrai éventuellement lui ramener un appareil photo de France si je reviens au Congo, mais que ce ne sera pas gratuit. Junior ne connaît pas son budget... difficile de fixer quelque chose avec quelqu'un d'aussi indécis.
J'évoque avec Yann son problème de reconnaissance de paternité. La "famille officielle" de son père français n'est pas au courant de son existence... Situation difficile ! Il a réussi à joindre son père, mais que fera ce dernier ? Pour l'instant, il consulte un avocat. Yann espère acquérir la nationalité française, mais une reconnaissance de paternité implique aussi des droits de succession et une assistance mutuelle fixée par le Code Civil. Dur, dur...
 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Découverte du Congo
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories