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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 16:00
C'est au tour de Franck de me rejoindre. Il est en pause en début d'après-midi avant de reprendre son service à 18 heures.  
Franck en plus de son emploi de serveur officie comme "traiteur". Il prête ainsi le matériel pour le mariage qui a lieu ce soir à l'hôtel. Il peut organiser des cocktails, des buffets, des dîners... Cela lui fait un complément de revenu. Il me dit être mieux payé au Club Pétrolier qu'à l'Abricotier. Il me raconte que lorsque j'avais tenté de le voir en janvier à l'Abricotier, ses collègues lui avaient dit "Un Blanc te cherche !". Franck leur avait demandé "A quoi il ressemble ?". Ses collègues étaient bien en peine de me décrire et répondirent "On ne sait pas, les Blancs se ressemblent tous !". C'est le genre de réflexion que l'on entend également souvent dans l'autre sens... du style "Comment tu fais pour les reconnaître, je trouve que tous les Noirs se ressemblent !".


P franck NB
Franck le souriant serveur

Contrairement à beaucoup de jeunes congolais, Franck ne rêve pas de venir en France. Il aimerait simplement développer son activité au Congo et devenir son propre patron.
Je l'invite à boire une bière près de la piscine et il me remet le téléphone portable. Coût d'achat 17 000 FCFA. Il a choisi le réseau MTN, opérateur sud-africain dont le slogan, matraqué à la radio locale, est "MTN, everywhere you go !". C'est l'un des sponsors officiels de la coupe du monde de football 2010 qui se déroule pour la première fois sur le continent africain.
Le soleil commence à nous chauffer les oreilles et nous allons donc à l'ombre sous la paillote. J'en profite pour tirer le portrait de Franck. Je teste le noir et blanc. C'est ma fois pas mal (les portraits couleur sont souvent plus difficile à réussir). Franck porte un T-shirt de la campagne présidentielle où l'on voit Sassou, le grand bâtisseur !

Pendant que nous discutons, le mariage défile sur la Côte Sauvage, précédé d'une moto à la sirène hurlante. La voiture blanche des mariés, les voitures et les taxis réservés pour l'occasion s'entremêlent dans un joyeux spectacle. Les cris des femmes et les cameraman d'occasion perchés sur les véhicules complètent le tableau.
Le cliché a été pris par Roland (cf Installation hôtelière contrariée et retrouvailles ), apprenti photographe (vu les couleurs, la pellicule semble avoir souffert du climat...).

P mariage
Voitures de mariage sur la Côte Sauvage

Je passe saluer Patrice à l'accueil. C'est son anniversaire aujourd'hui (52 ans). J'envisage pour fêter cela de l'inviter un soir au restaurant avec sa femme Rosine. Affaire à suivre...

Je pars faire une promenade sur la plage avec Franck, ce qui permet en même temps de l'accompagner vers son lieu de travail sur la Côte Sauvage. La plage n'est pas bondée en dépit du beau temps. Je salue un photographe de plage qui me reconnaît.

Après avoir laissé Franck, la pénombre commence à s'installer quand je rentre au Palm Beach. Je me fais accoster par deux jeunes femmes qui me demandent si je suis "accompagné". Je ne donne pas suite. Je croise
Eric un autre "antiquaire" qui tient absolument à me montrer ses objets. Sur son appareil photo numérique, il me dévoile une belle collection. Il a notamment deux fétiches intéressants et un masque Ngulu. Pendant la discussion, les deux femmes, qui m'ont suivi, se sont rapprochées... Je leur dis d'aller trouver un client ailleurs ! Elles partent en râlant : "Pour qui il se prend celui-là !".
Eric me confirme qu'il s'agit bien de prostituées... Quant à lui, il tient à me montrer sa carte d'artiste délivrée par les autorités congolaises. D'ailleurs, il se vieillit ! Il rajoute 9 mois à sa date de naissance. C'est la tradition dans certains pays d'Afrique de considérer l'âge à partir de la date théorique de la conception, et non pas de la naissance déclarée à l'état civil !
Je lui donne rendez-vous au lendemain midi pour me montrer ses "trésors".

De retour au Palm Beach, l'excitation monte ! C'est un employé de l'hôtel qui se marie. Landry, Hermann et Thomas sont un peu agités pour les préparatifs. Ils viennent de s'apercevoir qu'il manque un câble électrique pour l'éclairage du jardin où a lieu la réception...
Je raconte à Patrice mon contact avec les "accompagnatrices" de la plage. Il me raconte qu'un client de l'hôtel s'est justement fait voler la nuit dernière son téléphone portable par une charmante accompagnatrice...
Un peu plus tard, je dîne sous la paillote, ce qui me permet de profiter un peu des animations du mariage. La réception débute vers 21 h. Les hommes et les femmes, endimanchées, arrivent peu à peu. Les serveurs de l'hôtel se sont ceints d'un beau tissu rouge autour de la taille. Patrice est bien sûr invité et rejoint la fête à la fin de son service. Un groupe de jeunes assure une petite animation avec danses au programme.

Quand je rentre dans ma chambre, je croise à l'écart dans le couloir, trois hommes de la maintenance qui guettent la panne. Ils ont quand même le droit de boire un verre.
Le mariage a lieu sur la pelouse sous mes fenêtres... A minuit passé quand je me couche, la musique résonne encore.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 15:00

Après le déjeuner, je retrouve les "antiquaires" qui m'attendent avec impatience, pour faire des affaires.
J'achète à Jacques, un "bâton de chef" Téké Boundji. C'est une sorte de sceptre en bois, attribut d'un dignitaire, d'une cinquantaine de centimètres de long. Il aurait appartenu à un chef qui avait 6 épouses ! Le sceptre présente en son sommet une femme nue, bâton à la main, et portant une charge dans le dos. Le sac est maintenu par une lanière passant sur le front de la femme (cf Art traditionnel : bâton de chef ).

Comme je lui dis être à la recherche d'un fétiche pour un éventuel client, il me présente un étrange animal, qu'il me dit être un pangolin. Posé sur un socle, orné de stries et de losanges (évoquant sans doute les écailles du mammifère), il comporte un miroir sur le dos (siège du pouvoir magique) et quelques clous sur la tête. Ce qui me chagrine, c'est que la statue comporte deux grandes oreilles pointues, alors que le pangolin ne comporte pas (ou presque) d'oreilles externes. Jacques s'est-il trompé d'animal ? Le vocabulaire français plus pointu fait souvent défaut à mes interlocuteurs... Jacques me dit que c'est un animal qui s'active surtout la nuit. C'est le cas du pangolin. La représentation des oreilles est peut-être symbolique car l'animal est réputé pour son ouïe fine.

S pangolin1S pangolin2





Ce pangolin aurait été le protecteur de tout un village (sorte de totem) de l'ethnie Lari, vers Mindouli (région du Pool). C'est selon Jacques une pièce rare, vendue par le chef coutumier du village (celui-ci étant la 6 ème génération de chef).
NB : cette sculpture est toujours à vendre si cela intéresse quelqu'un ! Je pourrai vous mettre en relation avec le vendeur.

C'est au tour d'Olivier et Nicaise de me présenter leurs trésors. Ils me montrent deux petits fétiches Vili, de la taille d'un stylo. Utilisés lors de cultes individuels, l'un comporte du raphia et des yeux blancs à pupille noire, et l'autre des plumes et un petit miroir ventral.

S petit fetiche1S petit fetiche2

Mais ce sont surtout les bronzes qui retiennent mon intérêt. Olivier me montre une sculpture avec un long cou ajouré qu'il présente comme une "gazelle". Pour moi, cela ressemble plus à une girafe ! Mais il maintient son explication.
Je retiens trois bronzes : un masque de panthère, une maternité Kongo (pour faire des cadeaux) et un masque Tchokwé (cf Art traditionnel : masques congolais ).

Un petit masque Téké en bois, de forme circulaire (de type "Kidumu", comme celui vu au musée de Diosso ;  cf Sculpture traditionnelle : les masques ) attire mon attention. C'est un masque "passeport".
La négociation du prix s'engage pour les quatre pièces. Mes vendeurs font valoir les conditions de leur dur "métier". C'est difficile d'aller en brousse chercher des objets (risques, chaleur et promiscuité dans le train, moustiques, kilomètres à pied...). Ils n'ont pas perdu leur journée ! Je ne paye qu'une partie du montant afin d'être sûr d'avoir le papier d'autorisation de sortie d'objets d'art.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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