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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 09:00

Après avoir quitté les faubourgs de Pointe-Noire, nous passons le péage de Lemba (1000 FCFA à débourser). Manu "fonce" (dans les limites de notre véhicule un peu lourd) et nous passons Diosso, Ntoupou, Bas-Kouilou (pont sur le fleuve) pour arriver à Madingo-Kayes. Dans le village, un gendarme nous arrête pour un contrôle de papiers. Manu présente son permis de conduire. Le gendarme rit de la photo de Manu datant de près de 20 ans ! On le reconnaît bien, même si naturellement les années sont passées par là (Manu a 38 ans). Tout est en règle et nous repartons sans encombre. Pendant notre contrôle, le gendarme fait signe à un taxi de s'arrêter. Celui-ci obtempère puis redémarre discrètement pendant que l'agent de la force publique a le dos tourné ! Manu suppose que le contrôle aura lieu au retour...

A la sortie du village, c'est la fin de la route goudronnée. Après les 60 premiers kilomètres, effectués en un peu plus d'une heure, nous entamons la partie la plus difficile : environ 75 km de pistes ! Le début de l'aventure... Le temps est nuageux et Manu espère une amélioration. 
La "route" qui se poursuit est officiellement la Nationale 5. Singulière Nationale... La piste est par endroit correcte mais bien souvent les trous, les bifurcations et passages délicats mettent à rude épreuve le véhicule... et ses passagers ! On est bien secoué et je m'accroche donc à la poignée, en haut de la portière.


La Nationale 5


Au bord de la piste, je photographie une superbe ravine. L'érosion a creusé ce petit canyon dans la terre sablonneuse. C'est beau mais dangereux car situé juste au bord de la route... Je remarque deux carcasses de voiture dans la ravine. Mieux vaut ne pas rater le virage !

Ravine au bord de la piste


A un moment donné, je remarque une ligne noire qui traverse la piste et qui semble bouger. Je demande à Manu ce que c'est. Il me répond que ce sont des fourmis magnans ! Ces grosses fourmis (au doux nom de Dorylus nigricans) migrent en colonie et s'avèrent très voraces. Elles dévorent sur leur passage les autres insectes et petits animaux. Pour leur échapper, le seul moyen est la fuite... Dommage que Manu ne se soit pas arrêté, j'aurai peut-être pu observer (de loin) ces redoutables hyménoptères.

Après une vingtaine de kilomètres, non loin de Tchizalamou, Manu décide de s'arrêter pour acheter du manioc. Au bord du chemin, se dresse une petite halle en bois où quelques femmes vendent leurs récoltes. Les enfants fuient en riant sur mon passage, dans une sorte de jeu du chat et de la souris, quand je fais mine de dégainer mon appareil photo. Les adultes font aussi des signes "pas de photo, pas de photo". En brousse, c'est l'inverse de la ville où la plupart du temps les congolais aiment bien se faire tirer le portrait. Je respecte leur volonté et ne prend point de clichés.
Le village constitue l'entrée du Parc National Conkouati-Douli. Un panneau défraîchi, présentant en son milieu un lamantin, rappelle les interdictions de pêcher, de transporter des animaux sauvages, de chasser, de poser des pièges...


 

Entrée symbolique du parc


En repartant Manu hésite sur la route à suivre. La piste se scinde en deux et seul un petit panneau indique à gauche la direction de l'Hôtel "Long Beach". Nous l'empruntons mais très rapidement Manu, incertain, décide de faire demi-tour afin de retourner demander des renseignements au village. Une femme, devant sa petite maison en bois, nous oriente vers la route... à droite ! Nous la remercions et redémarrons sans perdre plus de temps. A cet instant, deux autres 4x4 remontent la piste "erronée" à gauche. Sans doute ont-ils commis la même erreur que nous, mais en allant beaucoup plus loin (la route doit rejoindre la côte). 

Un peu plus loin, Manu me prête son portable. Je passe un coup de fil amical à Patrice qui n'a pas pu venir avec nous. Je l'informe que nous venons d'entrer dans le parc national.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 07:00
Ce samedi matin, l'air ambiant empeste le pétrole. Sans doute le vent a t-il changé de direction, apportant avec lui les effluves nauséabondes de la raffinerie CORAF ("COngolaise de RAFfinage") située pourtant loin de l'hôtel. C'est une entreprise d'Etat, filiale de la SNPC (Société Nationale des Pétroles du Congo).
Je perturbe la femme de ménage en lui demandant à l'avance la bouteille d'eau distribuée habituellement dans la matinée. Je n'obtiens rien d'elle... Je demande à l'accueil qui m'oriente vers le bar. En donnant le numéro de ma chambre, je récupère enfin la dite bouteille de Mayo.

Manu arrive un peu en retard à 8h15. Il me dit qu'il n'a pas pu joindre Patrice. Il s'est en fait trompé en notant le numéro !! Nous l'appelons donc ensemble. Patrice fait de nouveau une crise de paludisme (il vient d'avoir une injection) et n'est donc pas en état de venir avec nous. M.... ! Lui qui était libre tout ce samedi et se faisait une joie de partir en excursion. On promet de passer quand même le voir.
Avant cela, Manu doit conduire un "expat" à Poincaré. C'est chose faite vers 8h30. On fait ensuite le plein de carburant dans une station Total. Un groupe de militaires descend sportivement l'avenue de Gaulle, effectuant des exercices et scandant des chants. On file alors chez Patrice. Pour tester les amortisseurs de notre 4x4, Manu passe par le raccourci menant à la route de l'aéroport (route non goudronnée rejoignant le Club Hippique). Il fait "aïe, aïe !"... Ils sont un peu fatigués. Le véhicule a plusieurs années et est moins confortable que son moyen de transport habituel. Un contrôle policier a lieu au carrefour... un taxi fait demi-tour pour y échapper.
On arrive chez Patrice. Prefna est dehors en train de laver du linge dans une cuvette. Patrice est triste et malade. Il souffre de l'injection et peut difficilement s'asseoir... J'essaie de le réconforter et l'interroge sur les médicaments qu'il a pris. Il a heureusement envoyé les enfants dans une "vraie" pharmacie.
Je lui propose d'emmener éventuellement un enfant avec nous (l'aventurier Chris par exemple). Il préfère logiquement garder ses enfants avec lui et évoque la "retraite" religieuse à laquelle ils doivent participer.

Un peu triste et contrarié, je salue donc Patrice. Je reprends la route avec Manu. Nous nous arrêtons faire quelques achats dans le quartier du Plateau. Il faut penser à emmener quelque nourriture pour notre expédition, en plus de l'eau. Le trajet est en effet de 4 ou 5 heures. J'achète à des marchandes de rue quelques bananes pour 1000 FCFA. Dans une boulangerie, j'achète 3 baguettes pour 450 FCFA. Le boulanger est un fan de l'OM ! Il porte un maillot de l'équipe phocéenne et a même apposé une plaque dans sa boutique. Ce soir c'est OM-Grenoble. Manu le charrie en disant que son équipe favorite n'est pas sûre de gagner en ce début de championnat de France. J'apprends que Manu est plutôt un supporter du PSG. Je rassure au contraire le boulanger, vu la faiblesse de l'équipe dauphinoise, l'OM a toutes les chances de l'emporter !
En sortant de la boutique, je donne une petite pièce à un mendiant, qui me semble muet.

Nous reprenons notre 4x4 en direction du Nord de la ville. Avec tout cela, il est déjà 9h30. Manu décide de passer par Songolo afin d'éviter les éternels bouchons de Mvoumvou et Loandjili. On passe le goulot d'étranglement que constitue le petit pont à sens unique sans trop de difficultés. 
Dans les faubourgs, nous croisons plusieurs mariages.  Le samedi à Pointe-Noire c'est le jour des mariages (tiens, cela me rappelle une chanson !), notamment en saison sèche où il est plus facile de voyager, donc de réunir les familles. Nous voyons une superbe voiture décapotable enrubannée. Certains congolais s'endettent lourdement lors de leur mariage... Manu me dit que la meilleure solution, c'est de faire de mettre de côté des économies avant !
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Publié par Fabrice Moustic - dans Découverte du Congo
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