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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 16:28

En ce dimanche matin, sortant de ma chambre, je croise deux militaires (béret rouge vissé sur la tête). Il s'agit de la garde rapprochée du Ministre du Tourisme qui réside dans l'hôtel, depuis hier. Je leur dis bonjour, ils me répondent entre les dents...
Après le petit-déjeuner, vers 9h30, je discute avec Patrice. Olivier (le pharmacien) arrive à l'hôtel et demande si je peux passer à la clinique. Deux infirmiers restent à former... Il va donc falloir travailler en ce dimanche matin. Patrice trouve que c'est plutôt bon signe que l'on vienne ainsi me chercher ! Je travaille donc de 10 à 12h.
Je retrouve ensuite vers 12h45 quelques membres de la clinique pour un sympathique repas au restaurant du Club Nautique. Le "Saumur Champigny" que l'on boit n'est pas très bon. Acide, il a visiblement mal supporté le voyage et les températures élevées.
Interrogeant les convives, Patricia m'apprend que le bel arbre au tronc singulier, à l'angle du bâtiment, est un ficus ( La Côte Mondaine ) . Le restaurant est situé en hauteur, ouvert sur les côtés, ce qui permet d'avoir de l'air et une vue agréable sur la baie.
Par contre, l'escalier est assez raide pour redescendre du restaurant. Je donne en partant un pourboire au gamin qui m'a "gardé" la voiture. Je retrouve Arsène. Je lui dis au revoir. Il me sollicite à demi-mots pour une nouvelle aide. Mais j'arrête là les frais. Il n' a en mains que quelques DVD X à vendre...

De retour à l'hôtel, je retrouve Gauthier qui m'attend déjà, en avance sur l'horaire. Je l'invite à venir dans ma chambre. Ne perdant pas le sens des affaires, il me propose quelques colliers, dont certains en ivoire, des éléphants en ébène gris. Je lui fais part de mon refus d'acheter de l'ivoire, ceci pouvant concourir à perpétuer les trafics et notamment le massacre des éléphants. Gauthier est dubitatif quand je lui dis que dans certaines régions l'éléphant a failli disparaître. Il me dit que ce n'est pas possible car "c'est Dieu qui a créé les animaux". Je lui explique que malheureusement l'homme a la capacité de faire disparaître des espèces animales. C'est arrivé par le passé. Certaines espèces comme le tigre ou les gorilles sont actuellement très menacées. Depuis l'interdiction du commerce de l'ivoire en 1990, le nombre d'éléphants a augmenté. La légalisation récente de la vente des stocks d'ivoire favorise le retour du braconnage, dans les pays où les contrôles ne sont pas suffisants.
Je n'achète rien mais fais part à Gauthier de mon intention d'acquérir une "statue médecine" pour mon entreprise. Ni une, ni deux, sentant la bonne affaire, il repart et quelques dizaines de minutes plus tard, il me présente trois objets. Un seul correspond vraiment à ma requête. C'est un "fétiche Vili", statue en bois d'une trentaine de cm de haut, ornée de plumes et de miroirs (Statue "Fétiche Vili" ) . Gauthier me propose l'objet à 160 000 FCFA ! Dure négociation, j'arrive à avoir la statue pour 100 000 FCFA, budget maximum que l'on m'a donné. Il est vrai que ce genre d'objet aux "pouvoirs magiques" est plus rare.

Comme convenu, Gauthier m'invite à passer chez lui, à "la Cité". Sur le chemin, je m'arrête à un distributeur de billets, car je n'avais pas une telle somme sur moi. Après le Rond-Point Kasaï, je bifurque vers le quartier du Km4. Sur le sentier (il n'y a plus de route goudronnée), nous rencontrons deux étranges moutons de couleur rousse. Ils semblent croisés avec des chèvres !



En fait de "Cité", terme (pudique) employé par les Congolais, il s'agit plutôt d'un bidonville. Gauthier habite une baraque en bois, au bout d'une impasse au sol détrempé par la pluie des jours précédents. Il me présente son fils et sa femme. Son autre fils, plus grand, n'est pas là. Je propose de faire une photo mais son épouse refuse d'être sur le cliché. Par contre, elle s'empresse de mettre un short au petit garçon afin qu'il soit présentable. Gauthier pose fièrement auprès de son fils Enoch.



Au dessus de la porte, fermée par un rideau rouge, on lit sur un panonceau "Jésus-Christ, mon compagnon de route". Enoch est un prénom biblique cité dans la Genèse.

Les voisins ne tardent pas à pointer leur nez. C'est rare de voir un Blanc dans le quartier ! Le voisin, Serge, est sympathique. Ses enfants jouent dans la cour. Le plus grand joue avec la coque d'une télécommande de téléviseur, le plus petit mordille celle d'un téléphone portable. Le plus grand a la tête entièrement recouverte de croûtes blanches (probablement dues à la teigne). Contraste fort avec sa peau noire... Le père lui met une casquette afin de cacher cette disgrâce sur la photo.



Un autre voisin arrive. Gauthier me dit que c'est le propriétaire de son logement. Il s'exprime avec difficulté car il est presque sourd. On arrive quand même à le comprendre un peu.
Un autre homme me demande si je pourrais lui offrir de quoi "en descendre une". Gauthier est un peu gêné... Il a déjà visiblement un peu trop goûté à la bière ! Un autre interlocuteur me dit que "Sans la France, le Congo n'est rien".
L'environnement est assez sordide. Tôles rouillées, planches et carcasses de voiture font partie du décor. Les bassines et les seaux pallient l'absence d'eau courante.

 

Le linge sèche sur les fils tendus entre les baraques. Un peu surélevées, entre quelques murs de parpaing, trônent les toilettes. Un petit ruisseau s'écoulant au milieu de la végétation doit servir de "tout à l'égout". 



On ne sort pas indemne d'une telle visite. C'est difficile d'être confronté de visu à la misère. En dépit de celle-ci, les habitants sont accueillants et souriants, sans doute heureux que l'on s'intéresse un peu à eux.
On comprend aussi la colère, la révolte contre la misère qui a pu animer des personnes comme l'Abbé Pierre ou Soeur Emmanuelle. Pourquoi certains ont-ils tout, et même trop, et d'autres presque rien ?

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 18:25

Le retour de Mengo est impératif avant la nuit ! Vu l'état de la piste, je préfère rouler de jour. Ma hantise est de rester bloqué au milieu de nulle part...  Nous saluons donc les sympathiques villageois et faisons chemin inverse. C'est quand même moins stressant qu'à l'aller, car je repère mieux les passages à éviter. Le dessous de la voiture frotte malgré tout à plusieurs reprises. Un taxi me double. Je le redouble peu après car il s'est arrêté prendre un passager.
Patrice trouve que je bois beaucoup d'eau ! Il me dit ne boire qu'un seul litre par jour. Moi, ce serait plutôt deux.

Patrice me fait part de son désir d'acheter un fruit pour le repas du soir. Nous faisons donc étape à l'orée de l'agglomération ponténégrine. A la limite du chantier de construction de la route se tient en effet un marché "informel". On a l'impression d'une véritable frontière. Je gare mon véhicule entre les camions. L'un des camions est rempli de petits ballots verts. Patrice m'explique que c'est du charbon de bois qui est emballé dans des paquets de feuilles. Les exploitants de la forêt viennent le vendre en ville. C'est un combustible couramment utilisé pour cuisiner en l'absence de gaz et d'électricité.
Certains me regardent  du coin de l'oeil, sans agressivité, peu habitués sans doute à voir un Blanc dans ces lieux. Scène typique de l'Afrique, une femme en boubou porte son enfant dans le dos.
Patrice négocie l'achat d'un ananas auprès d'une vendeuse. Le prix initial de 2500 FCFA est ramené  à 2000. Les ananas sont de bonne taille. Mais il faut aussi choisir un fruit assez mûr !

Nouvelle traversée des faubourgs animés et pauvres des environs de Loandjili et de Pointe-Noire. La nuit commence à tomber. Il faut donc redoubler de vigilance au milieu du trafic pour ne renverser personne. Un bar, le bien nommé "Wake up", crache sa musique et ses lumières. Nous prenons un chemin différent par rapport à l'aller. Patrice me fait passer par le "quartier indigène". Nous passons à proximité d'une petite mosquée (celle des Béninois) et ensuite par le "Grand Marché". Même en cette fin de journée, il y a encore du monde. Je suis contraint de rouler lentement et de faire attention à ne pas accrocher des étals. Il y a notamment un marché aux fripes. Pas le temps de s'arrêter, Patrice doit retrouver un ami chez lui.
Nous retrouvons enfin le rond-point Lumumba et l'avenue De Gaulle. Nous tournons à gauche vers la route de l'aéroport. Je dépose Patrice près de chez lui vers 19h30.
J'arrive bien fatigué vers 20 h à l'hôtel. Quelle expédition ! Stress et fatigue se sont accumulés ces derniers jours.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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