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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 22:30

J'ai enfin trouvé un portrait de Jean Philippot, architecte de la gare de Pointe-Noire, et de celle de Deauville ! Elle m'a été gentiment transmise par son petit fils (merci à Vincent).

J'avais abordé ce sujet dans plusieurs articles du blog, ayant voulu vérifier la "rumeur" qui faisait des deux gares de (fausses) soeurs jumelles.

 

cf comparaison des gares de Deauville et de Pointe-Noire

http://voyage-congo.over-blog.com/article-gare-pointe-noire-copie-deauville-73773923.html

cf les deux "versions" de la gare CFCO

http://voyage-congo.over-blog.com/article-pointe-noire-gare-cfco-premiere-version-115956472.html

http://voyage-congo.over-blog.com/article-pointe-noire-gare-cfco-seconde-version-115956578.html

Jean Philippot en 1943 (© A.L. Guillaume)

Jean Philippot en 1943 (© A.L. Guillaume)

Le cliché est postérieur d'une dizaine d'années à la période de construction de la gare de Pointe-Noire.

Si l'on en croit l'annotation située en bas à gauche, le portrait a été effectué en 1943 par "A.L. Guillaume". L'architecte Jean Philippot était alors âgé de 42 ans.

Après quelques recherches, il s'agit d'un photographe du Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Parcourant la France détruite par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, il a laissé dans les archives de précieux témoignages des villes touchées, comme le Havre, Compiègne, Tergnier...

Il n'y a rien d'étonnant que les deux hommes se soient rencontrés, Jean Philippot œuvrant dès 1941 à la reconstruction de Compiègne. Il a poursuivi cette tâche après la guerre, son beau-père Raoul Dautry étant nommé à la Libération, Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme (1944-1946).

Gare Congo-Océan de Pointe-Noire vers 1950 (carte postale)

Gare Congo-Océan de Pointe-Noire vers 1950 (carte postale)

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:30

Un fidèle lecteur m'a envoyé un petit article évoquant le souvenir de son aïeul au Congo, il y a plus d'un siècle. Il s'agit de la mise en place du premier service de pigeons voyageurs à Brazzaville. A l'heure d'Internet et des moyens de communication modernes, cela parait bien désuet. Mais les pigeons voyageurs étaient des messagers efficaces, qui furent notamment employés en Europe au cours des deux Guerres Mondiales.

Gabriel de Mostuéjouls vers 1900 (d'après le Monde Illustré)

Gabriel de Mostuéjouls vers 1900 (d'après le Monde Illustré)

Le commandant Raynaud effectue en 1907 avec Gabriel de Mostuéjouls, dans les environs de Brazzaville, les premiers essais d'envoi postal par pigeons, sous l'égide de la Société de Géographie.

 

​Le contexte local est alors le suivant : " La création des relations télégraphiques et postales est le premier souci de toute administration coloniale s'implantant dans un pays neuf, beaucoup plus étendu que la France, et relativement peu peuplé. La télégraphie ordinaire, très couteuse à établir, traverse de vastes espaces où son entretien et sa protection sont extrèmement difficiles à assurer. Les indigènes malveillants ou ignorants l'interceptent souvent ; parfois aussi les animaux, les éléphants en particulier, s'attaquent à une ligne et la détruisent méthodiquement en déracinant les poteaux sur de longs parcours. Dans ces conditions, le nombre de lignes télégraphiques est forcément très limité en raison des frais anormaux qu'elles occasionnent et du personnel technique que nécessitent leur entretien et leur service ".

Voilà le décor planté ! Il est évoqué ici la totalité du Congo français d'alors, et pas seulement le Congo Brazzaville d'aujourd'hui.

Par conséquent : " A défaut de moyens de transmissions perfectionnés, il a été fait appel à un mode de correspondance, en apparence seulement, primitif et surrané : le pigeon voyageur ".

Le colombier de Brazzaville vers 1907 (© Sté de Géographie)

Le colombier de Brazzaville vers 1907 (© Sté de Géographie)

L'article nous apprend que le pigeon voyageur peut parcourir de longues distances. De 60 à 70 km en une heure, et avec de l'entrainement, pour un bel athlète, de l'ordre de 1 000 km en une journée !

Ceci est plutôt du domaine de l'exploit, qui ne peut pas se renouveler chaque jour. Le trajet journalier "raisonnable", est un parcours de 200 km effectué en 2h30. L'idée qui germe est donc l'implantation de colombiers, espacés chacun de 200 km. Le message à transporter passerait donc d'un pigeon à l'autre, et en dix heures, on peut espérer que les 1 000 km soient franchis !

" Tel est le fonctionnement de cette poste aérienne dont l'emploi ne nécessite aucune connaissance technique compliquée et dont le service sera très largement assuré par un personnel restreint : deux colombophiles par colombier. Un pigeon porte aisèment en papier pelure une longue lettre de six pages écrite sur le format écolier. Si le message est écrit en deux exemplaires portés par deux pigeons lâchés séparément, les chances de pertes sont nulles. " 

Voilà le programme postal du Commandant Raynaud. Il met en place un premier colombier à Brazzaville, grâce aux subsides du Ministère de la Guerre, de celui des Colonies et avec l'aide de la Société de Géographie.

" Les nouvelles récentes qui arrivent du Congo confirment toutes les espérances, et les expériences qui s'y poursuivent sur l'emploi des pigeons-voyageurs donnent des résultats de plus en plus satisfaisants. L'administrateur de Mostuéjouls est parti de Brazzaville en septembre dernier emmenant 10 volatiles, et après cinq jours de marche, du marché de M'Koï Euoka, à environ 100 kilomètres au nord de Brazzaville, on recevait de ses nouvelles, bien que les pigeons n'eussent jamais été entrainés dans cette direction. " [...] " Le commandant Raynaud estime que ce service sera complètement organisé en juillet 1908."

 

Source : revue "A Travers le Monde" - n°1 du 4 janvier 1908.

 

 

Bien sûr, l'élévage des pigeons existait traditionnellement au Congo (cf http://voyage-congo.over-blog.com/article-loudima-poste-village-110937605.html) avant l'arrivée du colonisateur français.

 

Les pigeons de Brazzaville et Gabriel de Mostuéjouls

Un peu d'histoire...

 

Gabriel de Mostuéjouls est né le 28 mai 1862 à Toulon. C'est le fils du Comte Dieudonné de Mostuéjouls, famille noble fort ancienne, originaire du village du même nom, dans l'Aveyron.

Il est arrivé en Afrique en 1892 comme mécanicien.

Nommé "chef d’exploration" au Congo français, il participe en 1899-1901, aux côtés d'Emile Gentil à la Mission Congo-Tchad. Ce dernier le qualifie de "vieil ami".

Il devient chef de poste de "Tounia" au sud du Tchad (futur Fort-Archambault) et est commandant du " Léon Blot ", bateau lui permettant alors de naviguer tant bien que mal sur le fleuve Chari. C'est un bateau à vapeur démontable, qui a ainsi pu rejoindre en "pièces détachées" le cœur de l'Afrique. Il porte le nom d'un compagnon de Savorgnan de Brazza, mort au cours d'une expédition.

Les qualités de mécanicien de Mostuéjouls sont un atout pour mettre en service ce moyen de locomotion fluviale, indispensable aux longs trajets effectués par les missions françaises. Il participe ainsi indirectement à la féroce répression militaire contre le sultan tchadien Rabah (cf http://voyage-congo.over-blog.com/article-loango-colonial-sultan-niebe-exil-123728502.html).

 

Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1901 (à titre civil), pour " 8 ans et 10 mois de services : services distingués rendus aux missions de l'Afrique centrale et spécialement à la mission Gentil. Titres exceptionnels."

Il devient administrateur colonial en 1904. il quitte le Congo en 1912, en prenant sa retraite " à sa demande et à titre d'infirmités contractées au service " à l'âge de 50 ans.

On voit Gabriel de Mostuéjouls lors de la mission Congo-Tchad, tout à droite sur la photo ci-dessous, aux côtés d'Emile Gentil (cf    http://voyage-congo.over-blog.com/article-rapport-brazza-gentil-congo-accusation-124554764.html).

Gabriel de Mostuéjouls (à droite) aux côtés de Gentil, photographié par Bruel vers 1901 (© BNF)

Gabriel de Mostuéjouls (à droite) aux côtés de Gentil, photographié par Bruel vers 1901 (© BNF)

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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