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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 21:17

En ce dimanche soir, Patrice finit son service vers 20h15. J'ai mis le gâteau dans la voiture ainsi que mon sac quelques minutes avant. Nous filons donc vers son lieu d'habitation en prenant une nouvelle fois la direction de l'aéroport. Nous tournons à gauche vers l'hôtel Pemba et après avoir pris quelques ruelles, j'arrive dans une impasse devant la maison de Patrice. Patrice est content car ce soir, il y a de l'électricité. Il me dit avoir prié en ce sens... Il a été exaucé !

Sa maison est "en dur" mais simplement en parpaings et béton non enduit et recouverte d'un toit en tôles minces, directement posé sur les murs, sans aucune isolation. Les gaines de fils électriques courent sous le toit. Il n'y a ni carrelage, ni papier peint, ni peinture, ni décoration sur les murs. Mais la maison est propre et bien rangée. Une grosse fissure apparait sur le côté droit du sol de la pièce principale. La faiblesse des fondations explique sans doute cet affaissement. Une bonne partie de la ville a été gagnée sur les marécages. A l'intérieur, il n'y a pas de portes mais de simples rideaux séparant les quatre pièces.
Rosine, sa femme, et quatre de ses enfants sont là : Chris, Allan, Sofian et Chance (la seule fille). Christ qui était venu se balader avec nous, est sorti (il a 18 ans). Il n'y a pas d'eau courante. Chris, le plus âgé des enfants présents, aide sa mère et apporte de l'eau dans des seaux.
Pour l'apéro, Rosine va nous acheter une Mutzig (bière brassée sous licence au Congo) dans une petite boutique toute proche. Les enfants ont droit exceptionnellement à un soda.
Les enfants sont curieux et veulent voir le gâteau que j'ai apporté. Horreur, en le déballant, deux cafards et quelques fourmis s'échappent du carton. Comment sont-ils arrivés là ? Je viens à peine de le déposer sur le buffet... Soit ils se planquaient dans le frigo de l'hôtel (mais je n'en ai jamais vu dans ma chambre) ou bien plus probablement sont-ils rentrés dans la boîte pendant les quelques minutes où j'ai laissé le gâteau dans la voiture. Sales bestioles...
Pendant l'apéro dans le salon, la télé locale diffuse une émission débile sur les salaires des rappeurs américains. Il n'est question que de "bling bing" et de millions de dollars. Quel contraste avec ce qui m'entoure et quelle connerie !
Nous passons ensuite à table. J'apprends que les enfants ont déjà mangé. C'est dimanche et donc demain, il faut se lever tôt pour aller à l'école. Sofian donne déjà des signes de faiblesse...
Pendant que nous passons à table, les enfants mangent donc une part de gâteau au chocolat dans le salon. La télé diffuse maintenant un match de foot.


Sofian, Chris, Allan et Chance

Les enfants vont ensuite se coucher sans broncher. Je découvre sur la table tous les petits plats préparés par Rosine. Elle a cuisiné au charbon de bois car elle est en panne de gaz. Nous nous lavons les mains dans une bassine d'eau posée à même le sol. Patrice aide sa femme à mettre le couvert. Il fait une prière avant de commencer le repas. Nous concluons par "Amen" !
Il y a en dégustation :
- du silure au court bouillon
- du
Saka Saka, accompagnement à base de feuilles de manioc pilées (plat national au Congo).
- du
fufu (prononcé foufou), farine de manioc bouillie, présentée en boule
- des bananes plantain, frites, comme autre légume
- des
safous (nsafus), fruits en forme de dattes et de couleur prune. L'arbre est le safoutier (source de la photo : Wikipédia). Bof... Ces fruits sont trop acides à mon goût.



Patrice avait mis une bouteille au frais, un vin de table espagnol. Le vin français est sans doute trop cher pour les congolais... même "de table". Il fait chaud sous les tôles, mais les moustiques nous laissent tranquilles (il est vrai que les fenêtres sont fermées...). Un grillon chante, on a l'impression qu'il est dans la maison. J'offre mes cadeaux : un dictionnaire Larousse 2009 (utile pour toute la famille) et un livre "Les merveilles de France racontées aux enfants", que je dédicace. Rosine raconte que les dictionnaires arrivent avec plusieurs années de décalage au Congo. Les invendus sont moins chers ! Impossible pour la plupart de se payer un ouvrage qui correspond à la moitié d'un mois de salaire.
Galey, le plus âgé des 6 enfants de Patrice (une vingtaine d'années), passe en coup de vent pendant le repas. Il est visiblement surpris de me voir là. Il a quitté la maison familiale et joue au foot. Mais ce soir, il n'a encore rien mangé... Il a donc droit lui aussi à sa part de gâteau puis il repart !
En dessert, on mange aussi de l'ananas, meilleur que les safous...
Rosine dit que le vin lui fait tourner la tête. On finit bien sûr par le gâteau au chocolat.



Un peu plus tard, je remercie mes hôtes et rentre sans souci vers 23h30 au Palm Beach.


Ma soirée me fait penser (encore une fois...) à une chanson de Tiken Jah Fakoly, "Viens voir", dans laquelle il incite les occidentaux à aller au delà des clichés véhiculés par les médias sur l'Afrique : 
" Mon Afrique n'est pas ce qu'on te fait croire
Africa n'est pas ce qu'on te fait croire,
Viens dans nos familles, viens dans nos villages,
Tu sauras ce qu'est l'hospitalité 
La chaleur, le sourire, la générosité,
Viens voir ceux qui n'ont rien,
Regarde comme ils savent donner
Tu repartiras riche, et tu ne pourras pas oublier
Viens voir..."

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 21:49

En ce dimanche matin ensoleillé, je discute avec l'un des gardes de l'hôtel. Il m'a interrogé au sujet de mon appareil photo. Roland aimerait bien en avoir un et me demande conseil. Je lui explique les différentes techniques (argentique, numérique) et les différents types d'appareil (compact, bridge, réflex). Bien entendu, le prix est un critère déterminant, et un petit argentique d'occasion ferait le bonheur de mon interlocuteur. Je lui montre un peu le fonctionnement de mon appareil. Inévitablement, je le prends en photo et effectue un zoom pour lui montrer le résultat.


Je zoome sur son écusson de la SCAB, société de gardiennage incontournable à Pointe-Noire (le slogan publicitaire est "protection, sécurité, prévention").


Nous discutons de choses et d'autres. Le chantier de construction de la résidence, située derrière l'hôtel, n'a guère avancé depuis octobre. Roland me dit que les ouvriers ne sont pas payés par l'entrepreneur chinois... Le chantier se poursuit donc pour un seul des 2 bâtiments.
Roland évoque le métro à Paris dont il a entendu parlé et trouve extraordinaire qu'un train roule sous terre, sous la ville ! Il me demande de quand il date, quelle est sa profondeur... Il me dit avoir pris le train pour Brazzaville. Il évoque les bandes armées qui rançonnent les voyageurs (sous peine de leur voler leurs bagages) qu'il qualifie de "
sauvages" parce qu'ils ne sont pas rasés, avec les cheveux longs et vivent souvent dans les forêts. Il me raconte que même les militaires ont peur d'eux et qu'à l'approche des zones dangereuses, ils enlèvent leur uniforme et prennent un habit civil ! Hallucinant.
J'apprends aussi à cette occasion que Jean-Louis, le préparateur en pharmacie de la clinique, est l'oncle de Roland. Le monde est petit...

Je pars ensuite acheter un
gâteau au chocolat, comme Chris l'a choisi, en prévision du repas prévu le soir chez Patrice. Je le paye 10 000 FCFA (environ 15 Euros), un peu moins cher qu'en France mais une somme exorbitante pour la plupart des congolais, pour un simple dessert. Devant le magasin, je donne 500 FCFA à un mendiant qui m'explique qu'il doit soigner son enfant malade. Discours classique de mendicité mais malheureusement très probable... Après avoir mis le gâteau dans le petit frigo de ma chambre d'hôtel, je vais faire une balade côtière.

Je croise un vendeur, Olivier, qui me propose un
masque Fang. Pendant notre discussion, deux chinois s'approchent, regardent l'objet puis repartent. Ils ne parlent pas français et visiblement pas anglais. Olivier me dit que les chinois n'achètent jamais rien... Olivier me raconte qu'il a besoin d'argent pour aller chercher le reste de sa marchandise restée à la frontière du Cabinda. J'achète donc le masque pour un prix raisonnable ( Objets et autres antiquités (suite) ).

Plus loin, près du Wharf, un pêcheur en combinaison de plongée noire, sort de l'eau avec un sac. Nous lui demandons de nous montrer le fruit de sa pêche. Il ouvre son sac duquel émergent plusieurs types de poisson, dont certains allongés ressemblent à des anguilles. Il est par contre aussi muet que ses poissons...

Après un repas sous la paillotte, je passe deux heures à la clinique suite à l'appel d'Olivier.

En fin d'après-midi, je fais de nouveau un tour sur la plage et croise notamment deux jeunes, Thierry et "Voltarène" (à droite) qui mangent une glace. Etrange surnom...



Un adolescent amoureux sollicite un cliché. La jeune fille n'a pas l'air emballé par la chose...



D'autres garçons, un rien frimeurs prennent la pose. L'un deux porte une djellaba blanche par dessus ses habits (remarquez en arrière plan le couple d'amoureux, plus souriant). Les congolais prennent soin de leur apparence physique, en dépit souvent de leurs maigres moyens. La mode vestimentaire occidentale est arrivée jusqu'ici, pour certains à travers les marques de sport. Contre-façon, troc, vêtement d'occasion acheté au marché des fripes, peu importe !

    









Un peu plus loin, un jeune homme est heureux que je le photographie "en l'air" lors d'une cabriole. Original !



Je croise enfin en retournant à l'hôtel, une jeune femme. C'est rare qu'une congolaise sollicite une photo. C'est en général les groupes de garçons moins timides, parfois chahuteurs, qui le font. Sa copine, par contre, ne veut pas être sur le cliché. A l'instar d'une très large majorité de congolaise, elle a les cheveux défrisés. Je n'ai pas vu beaucoup de congolaises avec les cheveux "au naturel". Mon interlocutrice est par contre déçue que je ne puisse pas lui donner la photo.

 

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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