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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:30

Je dors sans problème étant donné l'arrivée tardive à Dolisie. Si j'ai ce matin de l'eau chaude, j'ai plusieurs motifs d'insatisfaction. Le ménage n'a pas été fait (les traces de boue sont toujours sur le carrelage...) et le lit non plus. La lampe de chevet dont l'abat-jour est à demi-cramé ne fonctionne pas.

 

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Chambre à l'hôtel la Renaissance (© FabMoustic)

 

Je prends le petit déjeuner à l'hôtel. Je ne vois ni Manu, ni Aurélien. Je demande des informations au laveur de voiture, qui me dit que Manu est parti seul. Mais j'ai beau frapper à la porte de la chambre d'Aurélien, pas de réponse...

L'information donnée n'est pas exacte. Le serveur m'expliquera que le laveur de voiture est "analphabète" et n'a pas dû bien comprendre ma question. Mes deux compères sont bien partis ensemble !

 

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Extrémité du marché central de Dolisie (© Truuuc)

 

Réveillés plus tôt que moi, ils sont en fait partis dans le centre de Dolisie. Manu fait découvrir à Aurélien le nouveau marché, vaste vaisseau de béton peint en rose. Avec la climatisation !

 

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Intérieur du maché de Dolisie (© Truuuc) 

 

A l'intérieur, les étals en béton sont organisés par type de marchandise à vendre : les légumes, les poissons... L'étage montre un enchevêtrement de colonnes et de balustrades.

 

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Etage du marché de Dolisie (© Truuuc)

 

Aurélien peut ensuite comparer avec la version "traditionnelle" du marché dans un autre quartier, avec ses petits étals en bois.

 

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Marché de quartier à Dolisie (© Truuuc)

 

L'ordre est plus aléatoire et les marchandises souvent posées à même le sol... La chaleur est suffocante sous les tôles.

 

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Marché de quartier à Dolisie (© Truuuc) 

 

Mais Manu n'a pas trouvé son bonheur... Il n'aura pas de "boa" pour le petit-déjeuner !

 

Lorsqu'ils reviennent à l'hôtel, je demande à retourner au centre-ville, car je n'ai plus suffisamment d'argent liquide pour payer les nuitées.

Heureusement, le distributeur de billets du marché fonctionne !

 

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Marchand de sibissi (© Truuuc)

 

Face au marché, on trouve un vendeur de sibissi (cf Dolisie : vous avez-dit "sibissi" ?), qui les dépouille en pleine rue, sur un étal en bois. Au top niveau de l'hygiène !

 

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Ecrevisses du Congo (© Truuuc)

 

Il propose aussi de petites bêtes, cachées dans une glacière... De superbes écrevisses grises, parait-il pêchées dans la Louessé (cf Vue du pont sur la Louessé ). Les pinces sont impressionnantes !

 

De retour à l'hôtel, nous faisons les valises. Je négocie une réduction du prix de ma chambre. Je fais comprendre au réceptionniste que la qualité du service se dégrade, et que si cela continue, plus aucun Blanc ne viendra dans cet hôtel. Message à transmettre au patron ! Les petites réparations ne demandent pas un gros effort...

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 20:00

On me pose souvent la question, alors qu'est ce que tu as vu comme animaux au Congo ? Les médias véhiculent encore l'image idyllique de l'Afrique des grands espaces, avec les grands mammifères (éléphants, zèbres, girafes, buffles...), vivants dans une savane de carte postale.

 

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Chasse à l'antilope au Congo français (carte postale vers 1910 - G. Giraud)

 

Force est de constater que nombre d'espèces animales ont disparu des paysages congolais. Au quotidien, la plupart des Congolais ne voient pas plus d'animaux sauvages que les Européens. 

Je dirais même que les plus chanceux des enfants européens, qui ont visité zoos et parcs animaliers, ont vu plus d'animaux d'Afrique que les enfants de Brazzaville ou de Pointe-Noire.

 

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Chasse à l'hippopotame au Congo français (carte postale vers 1910 - G. Giraud)

 

La chasse à grande échelle est la principale raison de la quasi-disparition de certains animaux au Congo. L'introduction par les européens des armes à feu modernes en grand nombre, à compter de la colonisation active du continent africain dans les années 1870-1900, a sonné le glas des grands mammifères de la brousse.

 

 

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Retour de la chasse au lion en AEF (carte postale vers 1940)

 

A titre d'exemple, éteint dans 26 pays, en un siècle, le lion a ainsi disparu de 80% de son territoire d’origine.

Fini le temps où des familles de chimpanzés ou de gorilles traversaient les pistes du Mayombe sous le nez des voyageurs. Spectacle encore fréquent dans les années 1950.


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Gorille tué dans un village de Haute-Sangha (carte postale vers 1910 - CD) 

 

Pendant des décennies, c'est à qui veut son trophée et vivre le grand frisson en affrontant la faune locale. Mais la lutte est devenue bien inégale et laisse peu de chance à la bête traquée, contrairement à la chasse traditionnelle.

Bien entendu, la chasse était pratiquée depuis des millénaires avec arcs, flèches, sagaies et pièges de toute sorte.

 

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Petit léopard tué à la chasse (carte postale vers 1900 - CFCO)

 

Pendant la période coloniale, c'est à qui veut sa photo à côté de la bête vaincue, voire même sur la bête vaincue ! Comme ce colon grimpé sur un éléphant mort au Gabon.

On tue parfois pour se défendre de l'attaque d'une bête sauvage. Mais les Européens chassent rarement les gros animaux pour la viande. Il l'offre aux autochtones, ravis d'en profiter. 

 

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Chasse à l'éléphant au Gabon (carte postale vers 1930 - Missions évangéliques)

 

Ainsi, les clichés de cadavres d'animaux pullulent dans les cartes postales des années 1900-1950. On fait parfois poser les enfants Noirs aux côtés des cadavres de chimpanzés...

 

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Chimpanzé mâle tué au Congo français (carte postale vers 1900 - Visser)

 

On croit la ressource sans fin et on tue sans compter... Il y a d'autres victimes que les mammifères terrestres, par exemple on pêche le machoiron à la dynamite !

 

Même les religieux participent au massacre et prennent la pose assis sur leur imposante victime...


Pourtant, certains avaient pressenti le danger. Georges Brousseau, administrateur colonial et compagnon d'exploration de Brazza, écrivait ainsi en 1925, parlant d'une espèce de bœuf du Gabon : " On les retrouve encore aujourd'hui dans ces parages, moins nombreux cependant, à cause de la venue des chasseurs civilisés, ces grands destructeurs d'espèces, plus dangereux que les pires fauves, qui en ont fait depuis quelques années de véritables hécatombes avec les armes à feu modernes ".


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Hippopotame tué par un Frère de la mission de Loango (carte postale vers 1920)

 

Après les indépendances, les africains poursuivent la décimation, seuls, ou avec des invités avides de pratiquer leur "sport" favori.

Exemple récent, celui du roi d'Espagne, chassant l'éléphant au Botswana. Le comble étant qu'il était président d'honneur de la branche espagnole du WWF (association mondiale de protection de la nature) !! Titre dont il a été déchu, après que l'affaire soit dévoilée, suite à son accident de chasse...


Les mentalités n'évoluent guère (j'ai entendu au Congo "les animaux ne peuvent pas disparaître, puisque c'est Dieu qui les a créés !") et dans le contexte de misère, comment reprocher aujourd'hui aux Congolais de chasser pour manger, contrairement à la plupart de leurs prédécesseurs.

 

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Nature
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