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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 21:29

Nous reprenons la Nationale. Après avoir dépassé un troupeau de chèvres noires et blanches broutant sur le bas-côté, nous nous arrêtons car les enfants ont envie de manger quelque chose. Un vieux paysan (il n'a peut-être que 50 ans mais en parait 70) vend sur un petit étal en bois, posé au bord de la route, quelques fruits. Ce sont des fruits rouges qu'il appelle " lili ". Il parle un peu français. Je lui demande le prix et il me propose d'acheter le tout pour 150 FCFA. Vu le prix modeste et la pauvreté de notre interlocuteur, au sourire édenté et aux habits sales et usés, je ne négocie pas le prix. Ces fruits rouges à l'écorce bosselée et à la chair blanche sont je pense en fait des litchis. Ils sont acides car pas suffisamment mûrs.

Christ et Chris se régalent quand même. Nous lui demandons à quoi sert la case qui est de l'autre côté de la route. Il nous dit que c'est pour abriter des gardiens qui protègent les chimpanzés. Content, il remballe alors son étal et part vers sa très modeste habitation.



Habitation du vendeur de fruits

 

Nous décidons d'aller voir la case de plus près. Il ne s'agit pas d'une habitation typique du Congo mais plutôt une reproduction proche de l'habitat traditionnel de l'Afrique de l'Ouest. La savane est étrangement silencieuse. Nous ne voyons pas le moindre animal, ni même un insecte (excepté quelques fourmis). Les habitants de la campagne n'ayant pas beaucoup de viande à manger, tous les animaux et notamment les petits mammifères sont bons à se mettre sous la dent (porc-épic, rat musqué, antilope...). D'où la disparition progressive de la faune, que l'on vend aussi sous le terme générique de "viande de brousse". Les singes peuvent malheureusement aussi en être les victimes.

 

BK_case.jpg

Case des gardes

 

En retournant vers la voiture, nous remarquons un homme qui récupère péniblement un peu d'eau douce au fond d'un trou creusé dans la terre sablonneuse. Quelle misère que de devoir boire l'eau sortie de ce marigot...


 

BK_savane.jpg

Paysage de savane

 

Nous reprenons notre chemin. A quelques kilomètres défilera un petit groupe de baraques en tôle, alignées parallèlement à la nationale. Tout au long de le route, de petits étals proposent des fruits, principalement des mangues. Nous nous arrêtons ensuite pour prendre quelques photos. Un taxi bleu et blanc bondé de marchandises nous dépasse.

 

BK_paysage.jpg

Paysage de transition...

 

Le paysage est une transition entre celui du bord de mer et la forêt. Nous apercevons au loin le relief plus tourmenté des gorges de Diosso...

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 21:44

Nous reprenons la voiture et parcourons une vingtaine de km pour rejoindre Bas-Kouilou. Nous quittons la route principale pour accéder à un petit port, situé à l'embouchure du fleuve. Il y a quelques baraques et deux embarcadères. Patrice me conseille de me garer en position de départ... On ne sait jamais ! Sous le pont, une pirogue dérive seule puis est arrêtée par les branchages de la rive. Quelques instants plus tard, des jeunes récupèrent la fugitive et partent sur trois pirogues chargées de jerricans (remplis d'eau potable sans doute). Ils doivent pagayer ferme pour remonter le courant. Nous remarquons aussi un poste de police sous ce pont, comme s'il s'agissait d'une frontière. Mais pas de garde en vue. Le pont sur le Kouilou est un grand pont en béton construit en 1983 et long de près d'un km. Nous décidons de gravir les marches pour monter sur le pont et admirer le paysage. Arrivé en haut, je ne prends pas garde à la présence d'une guérite et m'apprête à sortir mon appareil photo. Deux congolais attendant au bord de la route m'en dissuadent en disant "pas de photo, pas de photo". Je m'exécute et constate la présence d'un panneau "zone militaire" et d'un homme armé d'une mitraillette près de la guérite.
Avec Patrice, nous nous interrogeons sur les raisons de l'interdiction. Il s'agit d'un site stratégique pour traverser le fleuve mais bon... Nous poursuivons notre chemin et croisons le chef du poste de police, accompagné d'un autre homme en civil. Une discussion s'engage, à laquelle je ne pige rien, car elle se tient en langue locale. J'en connaîtrai la teneur ensuite. Au milieu du pont, nous croisons une femme pygmée (c'est un terme occidental signifiant "haut d'une coudée", les Pygmées sont appelés localement "Boongos" ou "Bingas"). Nous admirons le paysage. Christ et Patrice ont un peu le vertige, tandis que Chris n'hésite pas à se pencher au dessus de l'eau. Je reste prudent, le mélange hauteur et eau n'étant pas ma tasse de thé... A l'embouchure, une fine bande de sable sépare le fleuve de l'océan, l'eau douce a du mal à se mélanger à l'eau salée. Seule une petite ouverture semble laisser l'eau du fleuve passer. De l'autre côté, à perte de vue, les rives du fleuve sont recouvertes d'une végétation luxuriante.
Arrivés au bout du pont, à gauche, un chantier de construction navale s'offre à notre regard. Un superbe bateau en bois, d'une vingtaine de mètres de long, est déjà bien avancé. De nombreux ouvriers s'affairent sous les ordres d'un contre-maître... asiatique, sans doute chinois ! 
Bravant l'interdit, je décide de prendre une photo du côté droit du pont. Je n'ai quand même pas fait 6000 km pour ne pas pouvoir garder un souvenir de ce superbe paysage ! Masqué par Patrice et ses enfants, je dégaine mon appareil et prend le fleuve en direction de l'intérieur des terres.


                     Le fleuve Kouilou près de son embouchure



Nous faisons ensuite demi-tour. Au loin, nous remarquons une embarcation qui descend le fleuve. Arrivés au bout du pont, nous constatons qu'il s'agit en fait de trois pirogues amarrées ensemble (une grand et deux petites). Quelle vision que cet attelage chamarré qui passe sous les arches du pont. Le chargement mélange hommes, femmes, cochon aux pieds ficelés, poissons, régimes de bananes, sacs d'arachide, bidons... Du haut du pont, nous assistons au "spectacle" du débarquement des marchandises. Quel dommage de ne pas pouvoir prendre de photos !
Nous devons redescendre du pont en passant devant le poste de contrôle. Patrice fait alors ce que j'ai nommé ensuite "le coup du Colonel". Il dégaine son téléphone portable et fait semblant de converser avec un Colonel : "Bien sûr mon Colonel, rendez-vous ce soir à Pointe-Noire, à toute à l'heure mon Colonel...". C'est un bon moyen d'intimider le garde et d'éviter que celui-ci nous cherche des noises (confiscation de l'appareil photo, bakchich...). Il continue son dialogue imaginaire lorsque nous croisons un autre militaire dans l'escalier.
Arrivés calmement en bas, nous allons vers le petit port pour assister à la suite du "débarquement". Des hommes portent de gros sacs sur leur tête et remplissent le coffre de taxis venus de Pointe-Noire. Ils vont être chargés à mort de marchandises et de passagers (l'arrière du véhicule touche presque par terre !). Ces congolais venus de l'intérieur du pays vont vendre tout cela sur le marché de la ville.
Patrice hésite à acheter du poisson. On nous montre un gros poisson qui ressemble à un poisson-chat. Mais après négociation, il ne trouve pas le rapport qualité-prix convenable. Nous quittons donc Bas-Kouilou et décidons d'aller voir les gorges de Diosso.
Je demande à Patrice la nature du dialogue avec le chef du poste de police. Ce dernier contre quelques bières aurait peut-être autorisé la prise de photos... Le mélange hommes armés et alcool n'étant pas recommandé, Patrice a bien fait de ne pas donner suite à la proposition. Il s'agissait aussi sans doute d'un "test" pour voir si on pouvait tirer quelque chose de nous.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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