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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 18:43

Après avoir vainement tenté de travailler au centre de formation en ce samedi matin (panne générale d'internet durant toute la matinée...), je suis retourné à l'hôtel et j'ai pris la sage décision d'aller me promener sur la plage.
Il fait beau mais nuageux et c'est agréable de prendre l'air après avoir passé la semaine devant un écran d'ordinateur. Je croise Gauthier, un vendeur ambulant, qui me propose de me montrer sa marchandise. Nous nous installons sous un parasol.



Gauthier, le vendeur ambulant


J'achète quelques souvenirs pour faire des cadeaux aux membres de ma famille lors de mon retour : collier crocodile (en os de buffle), collier en malachite (perles vertes) et bracelets aux couleurs de l'Afrique. Il me donne rendez-vous pour le lendemain vers 12h pour me montrer des objets plus intéressants.
Je marche ensuite jusqu'au Wharf. Sur la plage, je remarque une femme qui remplit des sacs de sable. Sans doute un moyen d'avoir des matériaux  à moindre coût... Un rasta fait brûler quelques morceaux de bois et, agenouillé, semble plongé dans sa méditation.


Lors du trajet retour, c'est un autre vendeur, Rémi, qui veut me montrer ses statuettes. Bien entendu, chaque vendeur possédant quelque objet ancien se déclare "antiquaire" ! Je suis attiré par une statuette de petite taille et de facture ancienne, représentant une femme. Rémi me dit qu'il s'agit d'une "
maternité Luba" venant de RDC. La statuette ne portant pas d'enfant, il s'agit plutôt d'une "fécondité". Je n'avais pas prévu cet achat. Après avoir négocié le prix (le vendeur fait toujours "un prix démocratique" !), je retourne chercher l'argent à l'hôtel et le donne à Rémi qui m'attend à l'entrée, près du poste de garde.

L'après-midi, j'ai prévu de partir après le repas, avec Patrice et ses enfants pour une balade vers Bas-Kouilou. Au cours de la semaine, j'ai changé de voiture. Je n'aurai plus la crainte de perdre les phares en mettant le clignotant !

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 23:05

En haut de l'Avenue du Général de Gaulle se situe le Rond-Point Kassaï. Il porte le nom d'un important affluent du fleuve Congo, lui même à l'origine du nom de deux provinces de la RDC voisine (on écrit souvent Kasaï). 
Au milieu du rond-point, on trouve une stèle, que personne ne semble plus remarquer. C'est l'un des principaux giratoires de la ville où le trafic est important.

Un carton calciné a noirci le bas de la stèle... La plaque commémorative porte le texte suivant "Aux Français Libres du Moyen-Congo unis pour libérer la Mère Patrie sous l'insigne de la Croix de Lorraine 18 juin 1940 - 28 août 1940".

 

Un peu d'histoire...

Après la période de la Traite des Noirs et de l'esclavage (aboli pour la France en 1848), la colonisation du Congo s'est faite progressivement à partir de la fin du 19ème siècle. Un premier traité est signé en 1880 entre Pierre Savorgnan de Brazza et un souverain Téké, le Roi Makoko. Il fixe au profit de la France un régime de protectorat.

Un autre traité est signé à Loango en 1883 entre le lieutenant de vaisseau Cordier et le Roi Mani Makosso Tchicousso. Le royaume est à son tour placé sous la souveraineté et le protectorat de la France.

C'est la Conférence de Berlin en 1884-85 qui entérine les "droits" de la France sur la rive droite du fleuve Congo. Les Européens se partagent alors l'Afrique et tracent certaines frontières à coup de règles, au mépris des populations locales...
Comme le chante l'ivoirien Tiken Jah Fakoly : "Ils ont partagé le monde, plus rien ne m'étonne, ils ont partagé Africa, sans nous consulter, ils s'étonnent que nous soyons désunis... ".
Le Gabon et le Congo sont réunis et placés sous l'autorité de Brazza. En 1891, la création de la Colonie du Congo Français est officialisée.

En 1910, Brazzaville (nommée ainsi en souvenir de l'explorateur français, décédé en 1905, fondateur de la cité), devient la capitale de l'Afrique Equatoriale Française. On partage le territoire en deux : le Gabon et le Moyen-Congo.
En 1940, le soulèvement de Brazzaville permit le ralliement du Moyen-Congo au général de Gaulle. La ville fut alors érigée en capitale de la France Libre. Le général de Gaulle confia l'AEF à Félix Éboué, ancien gouverneur du Tchad et premier administrateur d'Afrique rallié à sa cause. Il transforme l'AEF en une véritable plaque tournante géostratégique d'où partent les premières forces armées de la France Libre, conduites notamment par les généraux Koenig et Leclerc. Il organise une armée de 40 000 hommes ! L'une de ses premières victoires sera, en novembre 1940, le ralliement par la force du Gabon. Le Gouverneur Félix Eboué, d'origine Guyanaise, repose au Panthéon depuis 1949.

C'est donc à cet épisode oublié, alors que la métropole sombrait dans la défaite et confiait son destin au Maréchal Pétain, que cette modeste plaque rend hommage.
 

Vue du Rond-Point


Du milieu du rond-point, en position surélevée, on embrasse toute l'Avenue de Gaulle. Tout au fond, on devine la gare CFCO. Cela me rappelle de mauvais souvenirs... Mais j'ai jeté un oeil aux alentours avant de prendre ma photo !

A droite de l'Avenue, on remarque la Tour Mayombe, semble t-il le plus haut immeuble de la ville. En ce samedi matin, la circulation n'est pas trop dense. Les taxis, les bus, les 4X4 rutilants des pétroliers cotoyent les piétons (qui traversent un peu n'importe où...) et les pauvres hères poussant leurs carrioles chargées de planches ou de jerricans d'eau. Les véhicules s'arrêtent pour prendre des passagers et redémarrent sans prévenir. Aux grandes intersections, il y a des feux tricolores mais ils ne fonctionnent pas ! Aux heures de pointe, quelques policiers règlent parfois la circulation. Sinon, on force le passage et on joue des appels de phares et du klaxon.... La chaussée goudronnée est en partie recouverte de la terre sablonneuse provenant des rues adjacentes. Cette grande avenue n'est pas exempte de nids de poule, que l'on apprend à éviter avec l'habitude. 
Sur les côtés de l'avenue, en plus des magasins, de petites boutiques permettent de se restaurer ou d'acheter des cartes téléphoniques (un appel pour 500 FCFA). Si l'électricité, l'eau et le téléphone fixe ne sont pas fiables, par contre les téléphones portables sont légion. A intervalle régulier, de hauts pilones abritent les antennes permettant une bonne couverture du réseau. Plusieurs opérateurs se partagent le marché (Zain, Warid et MTN). Etrangement, on peut rencontrer des détenteurs de téléphone portable n’ayant pas à leur domicile l’électricité nécessaire à la recharge de la batterie... Le phénomène de mode est passé par là ! Un dicton ironique dit que "Tout bon congolais possède 2 téléphones portables". On croise aussi de petits vendeurs ambulants, par exemple de lunettes de soleil et plus surprenant... de mouchoirs en papier !

J'ai retenu le nom d'une boite de nuit de l'avenue : "Le bling bling". Un hommage au président français ??



S'agissant de l'urbanisme, en dehors du centre-ville (ancienne ville coloniale), la quasi totalité des rues et ruelles de la ville ne sont pas officiellement dénommées. L'apposition de plaques et la numérotation des maisons y sont quasiment inexistantes. Il est donc difficile de retrouver un contribuable ou un citoyen à partir de son domicile. Autre conséquence de cette situation, l'impossibilité pour la Poste de distribuer le courrier.
 

Clin d'oeil  

Alors que j'étais encore sur le rond-point, deux jeunes m'ont fait signe pour que je les prenne en photo. J'ai accepté d'un signe de la main. Ils ont retiré leurs casquettes et ont pris la pose. Ils m'ont remercié (la convention est un pouce levé, style "c'est ok, c'est sympa") sans s'interroger quant au devenir du cliché... Les voilà sur mon blog !

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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