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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 23:01

Dans la lignée des masques, les statues jouaient un rôle important dans les cultes et les croyances animistes. Les populations d'Afrique Centrale et Equatoriale croyaient en un Dieu unique et également en des forces vitales répandues dans les êtres et les choses. Dieu se présente aux hommes sous la forme d'esprits multiples.


St_jumeaux.jpg
Statuette évoquant la gémellité (musée de Diosso)

 

La mère au centre est entourée de ses 2 enfants. Cette statue en bois est ornée de grelots.

La femme ayant accouché de jumeaux jouissait d'une certaine considération et de respect au sein de la société. En Vili, un terme permet clairement de la nommer ("Nguli basa").


Les statues magiques de la société Vili, en bois, sont constellées de clous plantés, les yeux sont souvent faits de miroirs. Parfois des logettes renferment les médecines censées guérir les maladies ou résoudre les conflits. Ces statues ont un air menaçant, le bras levé, armé d'une lance.
D'autres statuettes en pierre servaient de figures tombales.



St_case_homme.jpg

Poteau de case, origine Ndoungou, enseigne de fécondité (musée de Diosso)

 

Une remarquable sculpture en bois présente deux personnages. Les corps sont de couleur ocre. Les visages des personnages sont encore peints en blanc.

L'homme est situé en haut du poteau. Il tient dans sa main son phallus, de taille imposante. Mes interlocuteurs congolais, rigolards, ont insisté pour que je prenne cette statue en photo... Selon leur expression, "C'est un beau bakala" !
Le guérisseur oeuvrait bien sûr pour traiter les problèmes d'impuissance.


St_case_femme.jpg
Poteau de case, origine Ndoungou, enseigne de fécondité (musée de Diosso)



En dessous, la femme est également nue et présente sa poitrine pendante et un ventre arrondi. Le féticheur agissait alors pour traiter les problèmes de fécondité.

Cette insolite et impressionnante sculpture (plus de 2 m de haut) constituait une sorte d'enseigne "publicitaire", poteau situé au centre de la case d'un guérisseur.

 

J'en ai trouvé par hasard, quatre ans plus tard, un cliché ! L'homme portait alors un collier.

congo poteau-fetiche-ndoungou

Poteau Ndoungou en place dans la case du guérisseur (origine inconnue)

 

Le thème de la fécondité et de la maternité est un thème majeur dans la sculpture traditionnelle d'Afrique Centrale. On le retrouve représenté dans nombre de statues, de taille et d'expression diverses.



 

Fécondité Luba
(13 cm de haut)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les mains posées sur ses seins, le ventre arrondi, cette statuette est agenouillée dans la position traditionnelle de l'accouchement. Cette "ancêtre" évoque la fécondité.

Au Congo, la tradition matriarcale donnait plus d'importance au clan de la femme qu'à celui du mari. La femme est la "fondatrice de lignées".




Penseur vili

(22 cm de haut)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Assis en tailleur, le menton reposant sur ses mains, cet homme dégage une impression de sérénité.
Cette statue était un symbole de sagesse.
Les traits du visage sont très soignés.

 


Tel Lamartine, je suis contraint de m'interroger : " Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?".
On est fortement tenté de répondre par l'affirmative devant l'aura exercée par ces statuettes simples, mystérieuses et belles à la fois.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 19:10

Les masques jouaient un rôle important dans les cultes traditionnels, danses, cérémonies d'initiation, circoncision... On attribuait aussi à certains masques des pouvoirs, comme la divination pour les féticheurs, la communication avec l'au-delà pour les masques royaux, ou l'exercice de l'ordre et de la justice.
L'aspect des masques varie en fonction de leur ethnie d'origine.










Masque Pounou
(musée de Diosso)



Ce visage peint en blanc et ses yeux mi-clos évoquent étrangement l'Asie ! Il a un petit air de Geisha ou de masque No...

Mais non, il est bien africain et originaire d'une ethnie du Nord du Congo et du Sud du Gabon. Certaines populations locales ont de fait les yeux en amande, légèrement bridés. L'universalité des expressions artistiques est évidente à travers ces créations.
























Masque de danse rituelle Kidumu
(musée de Diosso)


Le style est bien différent ! Ce peuple Téké a créé des masques qui ressemblent pour certains à des cartes géopolitiques.













 







Masque de guerrier Téké (?)




Ce visage est plus réaliste. Les yeux et la bouche sont pourvus de fentes. Les sourcils et les pommettes sont nettement marqués.
Une figure géométrique orne le front. Les scarifications frontales étaient courantes. Cette croix rappelle celle des Portugais ou la croix éthiopienne, fréquente pour les masques Tchokwé.



















Masque jumeaux Lengola (?)


Ce masque est plus mystérieux... Il m'a été présenté par le vendeur comme un masque Vili. Mais il s'agirait plutôt d'un masque Lengola ou Lega (RDC). Il évoque en fait la gémellité. On devine au centre la mère, et sur les côtés les 2 jumeaux. Ils partagent les yeux en commun.

Dans ces régions d'Afrique, la naissance de jumeaux était considérée comme quelque chose de positif et donnait lieu à des cérémonies, des danses... Le blanc des visages correspond à  la couleur de la chance.


Ce type d'art africain influença des peintres célèbres du 20 ème siècle comme Modigliani (on retrouve les visages allongés et les yeux mi-clos) et Picasso.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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