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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 20:00


Vie quotidienne

Après un week-end en demi-teinte, je reprends le travail. La semaine commence par un décalage d'1h suite à l'indisponibilité d'un de mes interlocuteurs. En fin de journée, j'ai la confirmation du changement de programme. Ma mission professionnelle s'oriente désormais vers du recettage, mâtiné d'un peu de formation.

Je découvre peu à peu la vie quotidienne. Au lever, l'émission radiophonique locale "matin bonheur", entre deux morceaux de musique, égrène les objets perdus (passeport, carte d'identité...) à récupérer au siège de la radio. On évoque même un enfant perdu, description à l'appui ! Une rubrique annonce les avis d'obsèques sur fond de musique du film "Titanic"... Une autre rubrique, plus pédagogique, explique le bon emploi d'une expression de la langue française.
Sur la télé LC2, on diffuse beaucoup de clips musicaux. Certains évoquent les jeunes, les sorties, les relations amoureuses et à l'extrême d'autres sont des louanges au Seigneur ! Je découvre que les congolais sont très croyants. Au delà de l'Eglise Catholique "officielle" et des protestants, de nombreuses églises évangélistes s'activent. J'assisterai à quelques querelles de clocher entre congolais, pour savoir qu'elle est la meilleure... Comble de la connerie, la chaîne diffuse aussi notre téléachat. J'ai envie de donner des baffes à Marie-Ange Nardi à travers l'écran... Comment peut-on proposer de tels produits, souvent inutiles, à une majorité de congolais qui n'a rien !! Ne peut-on pas vendre en Afrique des programmes plus intelligents ?
Il faut se laver les dents à l'eau de source car l'eau du robinet n'est pas recommandée... J'utilise la "Mayo" eau de source issue du massif de Mayombe et mise en bouteille à Pointe Noire.

Le soir, je teste l'internet local à l'hôtel pour envoyer quelques courriels. Il s'agit du fournisseur "Yattoo" (pas bête le parallèle avec Yahoo !). Pour 5000 FCFA, on dispose d'une heure de connexion, valable 7 jours après activation de la carte. Mais on est très loin de l'ADSL, à moins que les deux dernières lettres ne signifient Super Lent... J'apprends vite à sauvegarder mon texte car lors de l'envoi, le plantage est fréquent ! Il faut alors tout recommencer. Les serveurs de messagerie ne sont pas fiables car certains ne recevront jamais mon mail (n'est ce pas Lolo, ma soeur ex-aequo !).

Le mardi, c'est mon anniversaire. Original, non, de le passer au Congo ? Je commence par récupérer mon linge qui s'était égaré entre les 2 chambres (cf épisodes précédents).
Le soir au cours du repas, je fête ça avec une demi-bouteille de St Nicolas de Bourgueil. En dépit du voyage subi, elle est ma foi pas mauvaise, mais servie un peu trop fraîche. Difficile le mec...
Au bar de l'hôtel (lieu où se trouve l'ordinateur), je discute avec Hermann, le barman. Comme il le dit lui-même, ça rime ! Il chantonne, avec une belle voix. Au fil de la discussion, il me dit qu'il était clarinettiste dans un orchestre de Brazza. Il me raconte que l'orchestre s'est dispersé suite à la guerre civile. Il a perdu son instrument et a dû se réfugier dans le village de ses grands-parents, où il n'avait jamais vécu... Au détour d'une conversation un peu plus politique, il m'indique être le petit-fils du premier Président du Congo (Fulbert Youlou). Hermann s'est ensuite réfugié à Pointe-Noire, a exercé plusieurs boulots dont mécanicien, avant d'être barman. Je l'appellerai ensuite Hermann le mélomane... ça rime aussi !

Rejoignant le chemin de ma chambre, je remarque dans le couloir, collé au plafond, un singulier petit lézard. Il se poste près du plafonnier semblant vouloir s'y réchauffer, à moins que ce ne soit pour attraper quelques insectes. Ce lézard est presque translucide avec quelques zones plus noires (les yeux, l'abdomen).

L_Gecko.jpg

Gecko nocturne, translucide 
(environ 15 cm de long)


Ce gecko joue à Spiderman grâce à des doigts terminés par des raquettes. Ces raquettes sont munies de lamelles mobiles, elles-mêmes garnies de minuscules poils (les setae), qui lui permettent de grimper sur les surfaces lisses et de tenir accroché au plafond !
Attention, en dépit de son aspect étrange et sympathique, il parait que son urine est très irritante (car composée presque uniquement d'acide urique).

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 11:00

L'après-midi du 5 octobre est plus ensoleillé. Je décide de faire un tour en ville et remonte le Boulevard du Général de Gaulle.
Je m'arrête alors devant l'église
Notre-Dame de l'Assomption (fermée à la visite, en tout cas à l'heure où j'y étais). C'est une église en béton, assez imposante, datant de 1953. Côté chevet, elle ressemble un peu à un hangar ! Je découvrirai mieux l'édifice plus tard (cf Pointe-Noire colonial : cathédrale Notre-Dame ).

 























A proximité, se trouve l'Hôtel de Ville. Il s'agit d'un ancien bâtiment de l'époque coloniale (les arcades du rez-de-chaussée abritaient des boutiques), transformé par la suite en mairie. Remarquez les fameux "taximans" qui sillonnent toujours la ville avec leurs véhicules Toyota bleus et blancs.

PN_mairie.jpg


Un peu plus bas, je découvre le
buste de Raphaël Antonetti (1872-1938), Gouverneur Général de l'Afrique Equatoriale Française de 1924 à 1934. L'environnement n'est pas terrible... Des palissades de chantier entourent le terre-plein. Des tas de détritus se trouvent derrière les murets délimitant le monument.
Il est écrit sur la plaque commémorative qu'il fut "l'artisan inlassable de la construction du Chemin de Fer Congo Océan". Il s'agit de la ligne ferroviaire reliant Pointe-Noire à la capitale Brazzaville. Décidément, tout rappelle la présence française et la période coloniale !


 

Le chemin de fer fut une véritable révolution car on pouvait rejoindre la capitale en une petite journée, alors qu'il fallait une trentaine de jours pour effectuer le parcours de 510 km (par la piste des caravanes).
Commencée en 1921, la construction fut cependant un « 
effroyable consommateur de vies humaines », selon André Gide dans son livre Voyage au Congo.
On estimera à 16 000 morts le prix payé (évaluation du Professeur Sautter), en raison des conditions difficiles de réalisation du chantier, des nombreux ouvrages d'art à réaliser (ponts, tunnels...) et du travail forcé. En 1930, la France avait refusé de ratifier la convention internationale contre le travail forcé. Ce n'est qu'en 1946 qu'il sera interdit dans les colonies...

Aujourd'hui, le CFCO souffre d'un vieillissement important. Les voies ne respectent plus les standards internationaux. L'écartement entre les rails est par exemple très différent, 1,07 m (soit 42 pouces anglais) au lieu de 1,45 m. Nombre d'infrastructures sont très délabrées.


Près du monument, je rencontre Ambassadeur (si, si, c'est un prénom...) qui me convie à venir voir son stand d'artisanat et d'antiquités. Il veut me vendre plein de choses, à "un prix démocratique", mais je limite mes achats à trois masques miniatures en bois (une dizaine de centimètres de long). Il m'explique qu'il s'agit de masques délivrés autrefois par les chefs de village et qui servaient de sauf-conduits. Ils permettaient ainsi de circuler librement, de passer sans problème d'un village ou d'une région à l'autre. Les motifs et les couleurs variaient entre ethnies.

Masq_petits.jpg

Son voisin de stand, Alain, qui se déclare "artiste", insiste pour que je lui achète quelque chose. Je fais l'acquisition pour une somme modique de deux porte-clés en os d'hippopotame, me dit-il.



Ma modeste expédition s'arrête là. J'ai encore les intestins en vrac et je manque d'expérience pour m'aventurer plus avant... Retour à la case départ.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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