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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 19:30

Nous reprenons la Nationale 1, le long de laquelle fleurissent désormais des panneaux de prévention. Les règles de sécurité au volant sont rappelées : pas d'alcool, pas d'utilisation de téléphone portable, mettre la ceinture de sécurité, respecter les limitations de vitesse. Il faudra plusieurs décennies pour que cela rentre dans les mœurs...

 

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Panneaux de prévention au bord de la nationale (© FabMoustic)

 

Après quelques erreurs d'orientation de Manu (décidément, il est fâché avec le plan de Dolisie...), nous retrouvons les artères du centre ville et filons vers l'hôtel "La Renaissance". Il y a pas mal de boue aux alentours, nous sommes bien à Dolisie, avec sa terre pour le moins collante.

Nous demandons au réceptionniste à voir les 3 chambres libres qui restent. C'est potable pour le prix (entre 25 et 45 000 FCFA) ! Manu reste avec nous, il a une chambre à l'étage, Aurélien et moi sommes au rez-de-chaussée.


Nous partons dîner assez tôt, car nous savons qu'à Dolisie l'offre est limitée. L'éventail est nettement moins large qu'à Pointe-Noire, capitale pétrolière, pleine de mindele avides de bons restos. Je propose d'aller au G4, mais l'établissement de Mme Hortense est fermé. Nous sommes dimanche soir...

 

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Salle de restaurant chez Bayonne (© FabMoustic)

 

Manu propose d'aller chez Bayonne. Demi-tour ! Nous descendons de la voiture dans la pénombre. Je rappelle à Aurélien de faire attention aux "caniveaux percés". Véritables pièges quand on n'y est pas habitué. On aurait vite fait de s'y briser une jambe !

La salle de restaurant est complètement vide. Mais la réceptionniste nous confirme que c'est bien ouvert. Nous demandons ce qu'il y a en stock en cuisine avant de nous décider. 

Comme il y a le choix, nous indiquons à Manu qu'il peut se garer pour de bon.

 

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Apéro aux couleurs locales (© Truuuc)

 

Nous prenons place sur une petite table, à la nappe moyennement propre. Manu opte pour un ragoût de Sibissi. Aurélien et moi pour la spécialité locale, les crevettes "missalas".

Nous prenons conscience que c'est la même personne qui fait tout, l'accueil, le service et la cuisine. Heureusement que nous sommes les seuls clients !

Nous demandons quelques cacahuètes avec la bière Turbo King, désormais la préférée d'Aurélien. Déception, elles ne sont pas bonnes du tout... Tant pis, nous allons dans le 4x4 chercher nos cacahuètes, achetées à Pointe-Noire dans les bouteilles "Black Stallion", et bien meilleures !

Une seule personne entre dans le restaurant pendant notre repas, mais pour regarder le match de foot à la télé (championnat anglais je crois).

Nous mangeons bien et sommes servis dans un délai raisonnable pour le Congo.

 

De retour à l'hôtel, les plombs sautent à deux reprises dans ma chambre. Je suis obligé de réclamer une serviette de toilette. Ensuite, c'est le porte-serviettes dans la salle de bains qui se descelle du mur... J'ai la "plus belle chambre" mais, il ne faut jamais se fier aux apparences ! Je laisse tomber (c'est le cas de le dire...), pour m'octroyer un repos bien mérité. Difficile de s'endormir avec la télé du voisin d'en face, au volume bien fort.

Le lendemain matin, je n'aurai pas d'eau chaude au robinet... Sans doute le chauffe-eau est-il à l'origine du problème électrique.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Dolisie
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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 17:45

Le vieux baobab de Moukondo a vu passer pas mal de monde depuis plusieurs siècles qu'il étend ses branchages vers le ciel... Une légende africaine veut qu'un démon l'ait déraciné pour le replanter la tête en bas ! Mythe fondé sur le fait que les branches des baobabs ressemblent souvent à des racines.


L'un de ses illustres visiteurs est le Gouverneur Général de l'Afrique Equatoriale Française, Raphaël Antonetti. La "route pour automobile" était tout juste tracée, comme on peut le voir sur le cliché ci-dessous. Le vénérable arbre n'avait pas encore perdu sa partie droite.

 

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Le Gouverneur Antonetti devant le "baobab géant"

 

Nous sommes le 7 octobre 1932. Le gouverneur, casque colonial vissé sur la tête, a arrêté sa belle auto au pied du baobab. Il est accompagné du médecin général Fulconis, du directeur général des travaux publics, M. Nicolau (l'allée où est implanté le Consulat de France à Pointe-Noire porte aujourd'hui ce nom), et du comte et de la comtesse du Monceau de Bergendal (appartenant à une famille d'hommes politiques belges, un de leurs ancêtres étant un général au service de Napoléon Ier).

On aperçoit au loin quelques villageois cheminant sur la piste toute neuve. Ce devait être assez intriguant à l'époque pour les congolais de voir une automobile.

 

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Le baobab dit "de Brazza" quatre-vintgs ans plus tard (mai 2012 © FabMoustic)

 

Cette halte ne porta pas chance au gouverneur Antonetti. En tournée d'inspection sur les chantiers du Chemin de Fer Congo-Océan, ce dernier chuta violemment, tombant d'un échafaudage !

 

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Le viaduc du Bamba et ses échafaudages

 

L'acccident eut lieu sur le viaduc du Bamba, à quelques encablures du célèbre tunnel du même nom, le plus long du CFCO. Dans son malheur, le Gouverneur Antonetti tomba sur l'échafaudage situé à mi-hauteur du pont, ce qui fut un moindre mal. Selon le récit effectué par la presse quelques semaines plus tard "Il se trouvait au sommet d'un de ces échafaudages quand une planche bascula, le précipitant dans le vide d'une hauteur d'une quinzaine de mètres".

Une chute sur la totalité de la hauteur de l'ouvrage d'art lui aurait sans doute été fatale.

 

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Départ du gouverneur Antonetti pour Brazzaville le 12 octobre 1932

 

On imagine l'embarras et la panique de ses accompagnateurs et du responsable du chantier... Cet exercice d'escalade n'était peut-être plus de l'âge du presque sexagénaire (âge avancé pour l'époque !).

Le Gouverneur Antonetti, toujours conscient, fut transporté dare-dare vers Pointe-Noire. Une radiographie révèlera "une fracture de la région sacro-iliaque, aggravée de contusions internes".

Cinq jours plus tard, il est conduit sur le terrain d'aviation de Pointe-Noire sur une civière. Il prend alors un avion pour être "rapatrié" vers Brazzaville, siège du gouvernement de l'AEF. La presse "officielle" de l'époque souligne avec l'emphase alors d'usage : "L'ouverture prochaine du chemin de fer Congo-Océan marquera une date dans notre histoire africaine et signalera à la reconnaissance du pays l'homme qui en fut l'artisan passionné et faillit payer de sa vie son dévouement à une noble cause".

Source : magazine l'Illustration n° 4682 du 26 novembre 1932.

 

La presse satyrique donna une autre version, nettement moins élogieuse : "Un jour que le Gouverneur Général avec courage -car il est brave- visitait sur la ligne de "son" chemin de fer un viaduc en construction, il voulut d'un rond de jambe montrer à une belle madame qui l'accompagnait restée en bas, que l'âge n'avait en rien altéré sa souplesse... Las ! Il avait trop présumé de ses forces, manqua son coup... et "chut" d'une hauteur de quinze mètres. Tout autre qu'Antonetti y eut laissé ses os. Lui, arrêté quelques mètres plus bas par un crochet qui fort opportunément le retint par... son fond de culotte -pantin gigotant dans l'espace- pendant un quart d'heure, s'en tira, parait-il, avec le coccyx brisé. Bref, il dut rester alité pendant plus d'un mois".

Source : Les Broussards Français - Bi-mensuel -N° 22 - 10 mars 1933.


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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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