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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 20:00

L'une des pièces présentée par Gauthier est un instrument de musique. Il n'est pas très clair quant à son origine (Kwélé du Gabon ?). Je l'ai pris en photo, mais je n'en ai pas fait l'acquisition.

 

congo-harpe-coudée

Harpe coudée, instrument traditionnel

 

C'est un instrument à cordes constitué d'une caisse de résonance sur laquelle on a tendu une peau de chèvre, d'un manche portant les quatre cordes.

 

congo-harpe-coudée-manche

Manche de l'instrument orné d'une tête

 

Le manche est orné à son extrémité d'une tête humaine. Il comporte comme autres décorations, des anneaux de métal blanc et des clous de cuivre. En tournant les chevilles en bois, on tend plus ou moins les cordes.

 

congo-harpe-coudée-cordes

Caisse de résonance recouverte d'une peau de chèvre

 

Ce type d'instrument traditionnel est présent en Afrique Centrale sous différents noms. Pour les francophones, c'est une harpe "coudée" ou "arquée", appelée ainsi à cause de l'angle formé entre la caisse et le manche.

Ce type de harpe était fréquemment utilisé chez les Zandé et les Mangbetu (ethnies du Congo Belge, actuelle RDC), et par différentes populations du Gabon, mais semble t-il pas chez les Kongos.

 

instruments-musique-congo-1895

Instruments de musique - Congo Français vers 1895 (DEFAP © - collection Krüger)

 

On en retrouve la trace sur des documents anciens, comme cette émouvante photographie d'un groupe de musiciens du Congo Français (probablement au Gabon), vieille d'environ 115 ans.

 

harpe-coudée-congo-1895

Joueur de harpe coudée - Congo Français vers 1895 (DEFAP ©)

 

Le musicien situé tout à gauche porte la dite harpe, le dessous de la caisse étant plaqué sur son torse. Les cordes sont pincées pour en tirer les sons.

 

luth-kondé-tchad-sara

Musicien Sara, joueur de luth kondé (© BNF - Pivot Paul - Paris, 1931)

 

Il existe de multiples variantes de ces instruments à cordes, de la kora d'Afrique de l'Ouest au pluriarc. Un ensemble de photographies de musiciens de l'Empire Colonial Français a été constitué lors de l'Exposition coloniale internationale de Paris, en 1931. Les clichés ont été pris dans l'enceinte même de l'Exposition et au camp militaire de Saint-Maur.


On y retrouve des musiciens Saras (Tchad) et du Moyen-Congo (sans autre précision du pays d'origine).

La légende d'origine de la photo ci-dessous indique un "luth kondé", mais l'instrument photographié est semble t-il un "pluriarc", plus fréquemment utilisé par les Kongos que la "harpe coudée". On en trouve des représentations effectuées par des européens ayant visités les Loangos, datant du XVIIème siècle. C'est donc une pratique artistique très ancienne.

 

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Moyen Congo. Monbeza et Mahoukou, musiciens. Luth kondé (© BNF - Pivot Paul - 1931)

 

Bien entendu, les exhibitions d'êtres humains dans le cadre de ce type d'exposition sont contestables, mais sont à restituer dans le contexte de l'époque.

Ces photographies constituent en tout cas un témoignage ethnographique de qualité. Le regard du photographe est indubitablement celui de la mise en valeur des musiciens et de leurs instruments, et pas celui d'un exotisme artificiel ou d'un voyeurisme malsain.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 19:00

Mon arrivée à Pointe-Noire n'est pas passée inaperçue et les vendeurs d'antiquités se sont passés le mot. J'ai donné rendez-vous à Martin, croisé devant la BI, ce soir à la résidence.

Mais c'est Jacques qui se pointe en premier. Il est peu bavard, je le trouve un peu distant par rapport aux fois précédentes. Je comprendrai plus tard pourquoi... Je lui achète une statuette soit disant d'origine pygmée.

Martin se présente ensuite avec son acolyte. Il me déballe tout un tas de statues et de masques. Je n'ai pas vraiment envie d'acheter quelque chose, mais bon, c'est bientôt Noël et je vais faire ainsi une bonne action. Je procède par élimination, rejetant ce que j'ai déjà ou ce qui ne me plait pas. Marché conclu pour un couple de statuettes Kongo. Peut-être un futur cadeau...

 

C'est enfin Gauthier qui se présente à l'accueil. Je vais à pied avec lui jusqu'à la Banque Populaire, face à la tour Mayombe. Les distributeurs de billets du Crédit du Congo, situés plus près, sont hors service... Nous discutons dans la pénombre, marchant sur les bas-côtés sableux, en évitant les trous et les saletés, avan de rejoindre l'avenue de Gaulle.

Il me raconte qu'il est fâché depuis quelques mois avec Jacques. Ce dernier l'a arnaqué en vendant une belle pièce d'antiquité, trouvée par son frère, sans lui remettre ensuite l'argent. Gauthier lui a donc dit ses quatre vérités, depuis Jacques le fuit, ne lui dit même plus bonjour, alors qu'ils étaient inséparables. Dans le contexte, la fille de Jacques était hospitalisée pour une grave crise de paludisme. Ceci explique sans doute cela... Je comprends mieux la gêne de Jacques vis à vis de moi. Misère...

 

De retour à la résidence, Gauthier me présente les objets que je lui ai commandés. Hélas, ni le masque Fang, ni le masque Kwélé ne me conviennent. Le masque Fang (destiné à un collègue de travail) est beaucoup trop long (il n'entre pas dans la grande valise...) et le masque Kwélé est une copie moderne de médiocre facture. J'invite donc Gauthier à poursuivre ses recherches afin de trouver des pièces plus adéquates. Je ne retiens que le sanza (cf Sanza et autres objets ).

 

Aurélien, amateur de bière, découvre progressivement celles du Congo. A midi, il a testé la Ngok. Pas trop à son goût, elle est proche de la Heineken. D'ailleurs, fabriquées dans la même brasserie, on se demande si on n'a pas simplement changé l'étiquette ! C'est elle avec son crocodile qui fait le charme de la Ngok.

 

congo-biere-ngok

Bière congolaise Ngok (© truuuc) 

 

Le soir, nous devions dîner avec Manu, mais cette fois, c'est lui qui n'est pas disponible. Il est en plein préparatifs de la Sainte Barbe. Quasiment un jour férié à Pointe-Noire, pour la patronne des mineurs et des pétroliers. Demain, c'est journée continue pour être libre ensuite pour la remise des décorations (médailles du Travail).


Au Derrick, Aurélien teste la Primus. Meilleure pour lui que la Ngok, sans l'emballer pour autant. On dirait de la... 1664 !

Je mange un bon pavé de capitaine aux agrumes. Comme le restaurant est fermé le lendemain midi (et les jours à venir), nous utilisons nos tickets repas.

 

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Bière congolaise Primus (© truuuc)  

 

Manu passe nous voir vite fait  à la résidence vers 22h15. Il a un véhicule en vue pour notre expédition. Pas sûr que nous puissions aller jusqu'au cirque de Ncésse (près de la frontière du Cabinda, entre Bilinga et Mvoungouti) que j'aimerai découvrir. C'est la saison des pluies et la piste est peu praticable parait-il. A rediscuter !

Pendant notre conversation, les cafards courent partout... Aurélien a la chance de ne pas en avoir dans sa chambre. Manu nous dit que ce sont des "cafards chinois" arrivés avec les bâteaux de marchandises !


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Publié par Fabrice Moustic - dans Pointe-Noire
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