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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 14:00

Après la côte, nous entamons la descente vers le village de Sounda. Je remarque des blocs de béton, sorte de marche pour retenir la terre de la piste, dont certains sont datés de... 1958 ! Ils sont bien préservés, le béton était de qualité. Certains passages sont tout de même fortement ravinés, nous avons bien fait de poursuivre à pied.

 

A l'entrée du village, devant une case en planches, je photographie un groupe de 4 enfants. L'une des fillettes porte un bébé dans le dos, comme le ferait une femme.

 

sounda-village-enfants

Enfants du village de Sounda

 

Le petit garçon en salopette me porte un regard méfiant. Il porte des tongs de deux couleurs différentes...

Il possède un joli camion en bois, jouet plein de charme, très réaliste. Il a même disposé un chargement dans la benne.

 

sounda-village-jouet-camion

Jouet en bois, camion artisanal

 

Nous arrivons dans la partie plate, au bord du Kouilou. Christophe connait des habitants et nous introduit à Sounda. Le chef du village et son adjoint ne sont pas présents, partis à la rencontre du député en tournée électorale.

Nous sommes donc accueillis par d'autres "notables". Nous passons devant diverses cases, toutes en bois, et nous saluons les villageois. L'habitat est très modeste, mais le cadre superbe.

 

sounda-village-habitations

Cases du village de Sounda

 

Quelques animaux domestiques se baladent. Avant d'arriver au pont, sur la droite, on trouve un petit ruisseau et un bassin naturel, où une maman lave un jeune enfant. Touchante scène de vie familiale.

 

sounda-village-pont

A l'approche du pont...

 

Voilà enfin les gorges de Sounda et le pont traversant le fleuve Kouilou. Quelques moutons broutent l'herbe verte aux abords du pont.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Kouilou
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 13:20

En Afrique tropicale, il existe des dizaines d'espèces de fourmis magnans, du genre Dorylus. Leur couleur varie du noir foncé au jaune-orangé. Elles vivent en colonie pouvant comporter plusieurs millions d'individus. Il n'y a qu'une seule reine, aveugle, aptère et de grande taille, qui pond des oeufs à longueur de temps. Elle est encadrée et nourrie par des ouvrières, qui s'occupent des larves, elles-mêmes protégées par les fourmis soldats. Celles-ci sont les plus impressionnantes de par leur taille et leurs redoutables mandibules.

Ce sont des insectes carnivores. Une fois les mandibules plantées dans le corps de leur ennemi, les fourmis magnans ne lâchent plus !

 

Dorylus-magnan-criquet

Fourmis magnan dévorant un criquet (Cameroun - Wikipédia)

 

La colonie se déplace pour changer de lieu d'implantation (la fourmillière est temporaire) ou pour partir à la chasse. La colonne d'individus en mouvement, avec à sa tête des "éclaireurs", peut faire plusieurs centaines de mètres de long, ce qui leur a valu le surnom de "fourmis légionnaires".

Elles s'attaquent aux autres insectes, aux oisillons encore au nid, aux reptiles et amphibiens et aux petits mammifères. Plus rarement, elles peuvent s'en prendre aux animaux domestiques, lorsque ceux-ci sont enfermés dans des enclos. En effet, le seul salut, c'est simplement de fuir la colonne de fourmis en mouvement !

 

dorylus-nigricans-soldat

Fourmi magnan : soldat (Dorylus nigricans - Côte d'Ivoire - © Patrick Landmann)

 

Les hommes font de même en fuyant les villages traversés par des colonnes de magnans. Pas forcément mécontents d'être débarrassés à cette occasion des animaux nuisibles, cafards, rats et autres scorpions !

Utilisation positive, il paraît que certaines ethnies, comme les populations des forêts (Pygmées) utilisaient les soldats comme instrument de suture. En effet, en laissant mordre les bords d'une plaie par la fourmi soldat, une fois les pinces refermées, on lui coupe le corps, la tête de la fourmi formant alors une sorte d'agrafe chirurgicale.

 

Seules les personnes qui ne peuvent pas fuir sont véritablement en danger. La morsure est parait-il très douloureuse. Les récits des explorateurs au Congo relatent des attaques d'êtres humains, surtout pendant leur sommeil. 

 

Ainsi le Colonel Baratier relate t-il dans ses souvenirs (ceux de la Mission Marchand, débutée en 1896), une attaque nocturne au bord du fleuve Niari, à cause parait-il d'un pot de confiture...

" Pendant la nuit, alors que nous nous reposions tous, une bande de magnans en voyage vint à passer dans les environs. Les magnans, fourmis noires, ont une férocité qui n'a d'égale que leur prétention. Tout ce qu'elles rencontrent de comestible, elles veulent l'emporter, fût-ce un homme.(...) C'était sûrement à une des plus fortes colonnes de ces terribles fourmis que fût signalé le pot de confiture de Moussa. Elle s'y engouffra ; mais pendant ce temps les éclaireurs poursuivaient leur reconnaissance, ils découvrirent Castellani. (...) Un cri me réveilla. Je reconnus la voix de Castellani. Avait-il rêvé d'une révolte des pagayeurs ?

- Des fourmis, me dit-il. Il avait seulement un peu d'angoisse dans la voix, et vraiment il aurait eu le droit de hurler. Je dois le reconnaître ; il fit preuve d'un remarquable stoïcisme. Chaque morsure de magnan laisse sa trace, et produit une véritable sensation de brûlure. Quand des milliers de ces insectes vous surprennent endormi, ce sont des milliers de brûlures qui vous éveillent, et la douleur est terrible.

- Déshabillez-vous, lui criai-je, et sortez vite.

En Afrique, en route, on dort avec une partie de ses vêtements, et le seul moyen de se débarrasser de ces agresseurs est de se porter loin du gros de l'ennemi et de se dévêtir entièrement ; après quoi, un boy ou un ami complaisant vous épluche et arrache tous les magnans qui n'ont pas lâché prise. Aidé de Moussa, je réussis à délivrer Castellani ; mais la nuit pour nous était terminée ; après avoir repoussé les fourmis à l'aide du feu, il fallut démonter la tente pour en chasser les dernières, et le jour se levait lorsque nous pûmes nous déclarer vainqueurs."

 

Les fourmis magnans étant carnivores, pas sûr que le pot de confiture abandonné par Moussa, le fidèle cuisinier du Colonel Baratier, soit pour quelque chose dans l'attaque ! Mais Charles Castellani, peintre et dessinateur pour la revue L'Illustration, a échappé cette nuit-là à la voracité des fourmis.

 

Source :

Au Congo - Souvenirs de la Mission Marchand - Colonel Baratier - 1910 - Modern Bibliothèque

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Publié par Fabrice Moustic - dans Nature
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