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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 14:20

Après l'alambic rudimentaire, en repartant, je remarque un grand pigeonnier perché sur des poteaux en bois. Il est constitué de bois et de tôles. Cependant, il semble abandonné.

 

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Pigeonnier à Loudima

 

L'élevage de pigeons est une vieille tradition au Congo, si j'en crois les documents anciens montrant cette activité. Il était notamment pratiqué dans le Mayombe.

J'ai vu la vente de pigeons verts à Pointe-Noire, espèce sauvage vivant dans les forêts, fréquentant les alentours des villages. Mais c'est une autre espèce de pigeon qui était domestiquée.

 

 

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Pigeonniers dans la région limitrophe du Mayombe vers 1930 (© René Moreau)

 

 

 

Les pigeonniers anciens étaient fort jolis, faits de pisé ("poto-poto"), comme le décrivait un Père Blanc en 1913 au Congo belge : " Sur des perches fourchues fixées en terre, on place horizontalement des sticks qu'on recouvre de boue ; c'est un plancher de pisé. De place en place, dans ce pisé, sont évidés des nids ; on dirait des fonds d'assiettes. Par endroits, on remarque une ouverture dans le plancher de pisé : c'est pour laisser tomber la saleté. Sur ce plancher s'élève une cabane basse à toit conique; c'est une cahute en pisé et en chaume. La façade se présente comme nos pigeonniers d'ici, avec des ouvertures dans le pisé ".

 

Les toits des pigeonniers n'étaient pas coniques dans le Mayombe. La maison des pigeons ressemble à celle des villageois qui les élèvent !

 

 

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Pigeonnier d'un village du Mayombe vers 1950 (© Françoise)

 

Le père Joseph veut nous faire une surprise. Il tient à nous faire rencontrer quelqu'un du village, mais reste mystérieux quant à son identité...

Nous poursuivons notre visite au milieu des maisons en briques sagement alignées. Nous découvrons alors une charmante scène familiale.

 

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Grand-mère et sa petite-fille

 

Dans une cour de terre battue, une vieille femme assise sur un tabouret tient dans ses bras un bébé. Nous saluons les femmes assises autour, et la cour étant ouverte, nous engageons facilement le dialogue.

J'apprends qu'il s'agit d'une grand-mère avec sa petite-fille. L'aïeule se prénomme Thérèse et l'enfant... Thérésia ! Manu m'explique que le prénom de la grand-mère est passé de mode ("ça fait trop vieux") par conséquent, on a modernisé le prénom de la petite-fille.

Je demande si je peux prendre une photo. Les villageoises acceptent volontiers. La grand-mère dans son beau pagne esquisse un timide sourire et sa petite-fille continue de dormir paisiblement dans ses bras.

Ma foi, je suis satisfait du résultat. C'est l'un des plus beaux portraits que j'ai réalisé au Congo. Simple et naturel, sans mise en scène. Je montre le cliché à tout le monde, à la mère de l'enfant et bien sûr à Thérèse qui parait émue.

 

 

 

Source :

Les Baluba (Congo Belge), R. P. Colle, Missionnaire des Pères Blancs d'Afrique - 1913

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 14:15

Sur la place centrale de Loudima, nous croisons un homme qui "garde" une antenne de télécommunication. Pour plaisanter, je lui demande où est son fusil ! Le père Joseph sourit... L'homme me répond qu'il est à la maison.


Le père Joseph nous montre l'emplacement de l'ancienne "prison internationale" de Loudima. Il n'y a plus que des tas de briques dissimulés sous la végétation... Cette prison fut instituée avec la fondation du Poste en ces lieux après 1905, et construite à la même époque que les autres bâtiments officiels (cf Loudima : découverte du centre "historique" ). Dans les années 1920-1930, la maison d'arrêt accueillit des ressortissants de l'AEF (Oubangui-Chari, Cameroun...), coupables de petits délits. D'où le titre pompeux de prison "internationale". 

Nous passons à côté d'un transformateur. Il est en piteux état et très mal protégé. Un véritable danger pour les enfants qui tenteraient de jouer avec cet engin de mort.


Nous poursuivons notre balade au milieu des rues bordées de petites maisons en brique. Le village est très propre, les parcelles souvent entourées d'une haie. Loudima présente un plan régulier, fait de rues parallèles et formant des îlots rectangulaires.

 

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Vue satellite de Loudima Poste, surplombant le Niari (© Google Earth)

 

Notre visite ne passe pas inaperçue et les enfants nous font des signes de loin, mais parfois se cachent à notre arrivée.

 

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Maisons en brique de Loudima

 

D'autres plus courageux se prêtent à l'exercice de la photo, tout en jetant un regard inquiet par dessus l'épaule du grand-frère ou du voisin. Les habits sont sales et déchirés, mais peu importe, le sourire et l'enthousiasme sont là !   

 

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Enfants du village de Loudima

 

Le père Joseph salue çà et là ses ouailles qui vaquent à leurs occupations. Il semble connaître tout le monde. La balade est fort agréable sous un soleil radieux.

 

Au seuil d'une habitation, un homme m'interpelle : "Viens voir l'alambic !". Nous entrons donc dans la cour et sous un appentis recouvert de tôles, je découvre l'installation.

 

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Alambic artisanal de Loudima

 

Perché sur des briques, on trouve un demi-bidon traversé par un tuyau, qui fait office de réfrigérant. Le foyer fume encore, mais le chaudron qui devait contenir le liquide fermenté n'est plus là. A la sortie du réfrigérant, rempli d'eau verdâtre, on recueille l'alcool. On chauffe au bois cet alambic rudimentaire.

Je demande à notre distillateur, de quel végétal il tire son alcool. Il m'explique qu'il fait fermenter un mélange de manioc et de maïs. Je n'ai pas demandé à goûter à son alcool... J'avais peur de tomber sur un tord-boyaux ! Et avec la chaleur, on serait vite hors-service.

 

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Enfants autour de l'alambic

 

Une quinzaine d'enfants sortis des maisons alentour ont pris d'assaut le lieu ! On est obligé de leur demander de se pousser pour que je puisse prendre en photo l'alambic.

Après, c'est au tour des enfants. Les garçons ne peuvent s'empêcher de faire des signes avec leurs bras. Etrange habitude déjà rencontrée ailleurs. Les enfants semblent en bonne santé, pas de signes de malnutrition contrairement à ceux vus à Bihoua (cf  Lékoumou : rencontre de "Pygmées" près de Bihoua).

 

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Manioc séchant sur des claies

 

A l'arrière de la maison, je remarque du manioc qui sèche au soleil sur des claies. Après le rouissage des rhizomes dans de grands bidons bleus, l'écorce est enlevée et les racines mises à sécher.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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