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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 13:45

Loudima est l'un des premiers "Poste" fondé par les colons français sur la "route des caravanes" entre Loango et Brazzaville, avec Comba, puis ceux de Kimbédi et Bouanza. 

Il s'agissait de reprendre le parcours séculaire du trafic d'ivoire et des convois d'esclaves emmenés vers la côte. La reconnaissance des lieux effectuée par Albert Dolisie et Joseph Cholet en 1884, la signature de traités avec les chefs de la vallée du Niari, donna naissance à Loudima en 1885. Ce choix n'était pas étranger au projet de tracé d'une ligne de chemin de fer, cher à Savorgnan de Brazza.

 

La région était sous le contrôle des Kugnis, et les environs du futur Loudima dirigés par le prince Mouelé-Mboungou. Dénommé "pays Diangala" (du nom d'un ancien village, site d'implantation des princes Kugnis), il englobait Loubomo, Louvakou, Makabana, Moutéla, Loudima et Kikongo.

Le pays était historiquement une zone de transition entre les royaumes côtiers (notamment celui des Vili) et l'intérieur du continent. Mais des liens étroits entre les Kugnis et le royaume de Loango, les ont protégés des rapts à destination des négriers.

 

loudima-niari-congo-1914

A Loudima - Niari - Congo français (carte postale vers 1900 © Audema)

 

Le premier village de Loudima se situe au confluent de la rivière Loudima et du fleuve Niari. Il porte alors le nom de "Loudima-Niadi". Le terme Niadi qui désigne le fleuve est issu de la langue Kikugni, après une altération phonétique Bembé, il est devenu Niari. Le premier chef de Poste est donc Joseph Cholet (1859-1892), arrivé à Loango dès 1883, sergent à la tête d'un groupe de Tirailleurs Algériens. Il est relevé par M. Tabuteau quand il prend le commandement d'une caravane à destination de Brazzaville, dans le cadre de la Mission de l'Ouest Africain.


Juste à côté, on trouvait Stéphanieville, issue de l'influence belge d'alors (Stéphanie est le prénom de la fille de Léopold II) avant l'attribution "définitive" des territoires entre la France et la Belgique. Le capitaine Grant Elliot (anglais, compagnon d'exploration de Stanley) avait "découvert" la vallée en 1883 et fut contraint de la céder à la France, qui racheta le territoire à l'administration belge de l'Etat Indépendant du Congo, pour 30 000 francs.

 

loudima-carte-stéphanieville-1895

Loudima-Niadi - Carte de la Colonie française du Gabon-Congo (1895 - © BNF)

 

L'actuel Loudima Poste occupe depuis 1905 l'emplacement approximatif de Stéphanieville, un peu en retrait du fleuve. Il est en effet situé sur un éperon dominant le fleuve Niari, dont le cours encaissé décrit de singuliers méandres. Les boucles se rejoignent presque par endroits !    

 

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Vue aérienne de Loudima (à gauche) - méandres du fleuve Niari (© Pierre Vennetier 1966)

 

Dans les quinze premières années de la colonisation, la présence française est plutôt symbolique. Le Congo souffre d'une pénurie d'hommes. Frappés par la maladie et confrontés aux difficultés d’administrer (manque de moyens, mauvaise gestion, manque de subventions de la métropole...), les chefs de stations, les chefs de postes et autres agents auxiliaires ne restent pas très longtemps en fonction. Ils sont suppléés par la présence de Tirailleurs des autres colonies (Gabon, Algérie, Sénégal...). La colonie "Gabon-Congo" devient le "Congo Français" en 1891, sans que la restructuration n'améliore véritablement la situation.


En 1896, le Colonel Baratier, fer de lance de la Mission Marchand, résumait ainsi la situation de manière abrupte : "L'occupation du Congo se réduit à celle du sentier qui relie Loango à Brazzaville. Deux postes, Loudima et Comba, jalonnent ce sentier long de 500 kilomètres. Un troisième, Kimbédi, a été fondé il y a deux mois. En dehors de ces postes, tenus par un blanc et quelques miliciens, le reste du Congo est non seulement inoccupé, mais complètement inconnu".

  

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Au Poste de Loudima, vu du côté Est (carte postale - cliché de 1895 © J. Audema)

 

Peu à peu, le poste de Loudima devient donc un passage obligé, première étape après la traversée du Mayombe sur la route de Brazzaville. La ville de Loubomo (Dolisie) n'existant pas encore...


Quant à elle, la mission catholique de Loudima voit le jour en 1895, dans le sillage de celle du poste de Bouanza, missions fondées sous la houlette de Mgr Carrie, pionnier et fondateur de la mission de Loango. L'implantation n'est pas aisée car dans un premier temps, les concessions de la mission (deux bandes de 800 m le long du Niari et d'une profondeur de 2 km vers le sud) sont divisées, avec au milieu le village de Mabiala. Les problèmes de cohabitation avec les villageois sont nombreux. Il faut attendre 1899 pour qu'une solution amiable permettent de réunir les deux entités.

 

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Soeurs missionnaires de la congrégation du Saint Esprit au Congo (carte postale vers 1930)


Les soeurs de Saint Joseph de Cluny venues de Loango tentent de s'implanter à Loudima, mais meurent de maladie les unes après les autres, si bien qu'en 1900 l'évêque décide de l'évacuation progressive des quelques soeurs "survivantes". La "maladie du sommeil" était l'un des fléaux de la région.

Il faudra attendre une amélioration des conditions de vie pour que les religieuses reviennent progressivement dans le diocèse de Madingou : réduites à 3 en 1920, elles sont 23 en 1955 et 37 en 1960.

 

loudima village-congo-1900

Dans un village à Loudima (carte postale vers 1900 © Audema)

 

Entre 1885 et 1930, c'est donc l'âge d'or de Loudima, le trajet à pied étant la seule solution pour rejoindre Brazzaville (à moins d'emprunter à partir de 1898, le chemin de fer belge de Matadi à Léopoldville-Kinshasa, puis de traverser le fleuve). Loudima était ainsi le premier district du Congo qui couvrait la grande région Kouilou-Niari, englobant Loango (lieu de départ des caravanes) et Pointe-Noire (alors simple village et lieu où l'on pouvait débarquer).

 

loudima niari-bovins

Bovins sur les bords du Niari à Loudima (carte postale vers 1900 © Audema)

 

La fondation de Pointe-Noire en 1922, puis celle de Dolisie en 1934, le fort développement économique et démographique de ces deux villes, l'avènement du chemin de fer, mettent fin aux caravanes de porteurs et au rôle important de Loudima.

 

 

Sources : 

http://www.brazza.culture.fr

Au Congo - Souvenirs de la Mission Marchand - Colonel Baratier - 1910 - Modern-Bibliothèque

La Bouenza : 1892-1992 - Les sources de l'Eglise au Congo - Mayeul de Dreuille - 1994 - Edition Beauchesne

http://congo-dechaine.info/content/grandeur-et-décadence-de-loudima-dans-l’histoire-pré-et-post-coloniale-du-congo

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 13:30

Devant nous, nous découvrons une grande place de terre battue avec tout autour des constructions rectangulaires de toute taille. C'est le centre de "Loudima Poste".

 

loudima-poste-place-centrale

Place centrale de Loudima Poste

 

L'un des bâtiments anciens possèdent de singuliers auvents en tôle, protégeant je suppose de la pluie les volets ou claustras en bois. Au fil des décennies, l'érosion du sol a fait son oeuvre et dévoile les fondations des constructions.

 

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Vieux bâtiment de l'époque coloniale

 

Nous continuons notre cheminement sur la piste, à l'ombre des manguiers. L'endroit est calme en ce début d'après-midi. Quelques personnes vaquent à leurs occupations. Des hommes discutent avec un homme habillé en treillis, que je présume être un gendarme, vu la proximité de la brigade territoriale.

 

loudima-poste-manguiers-gendarmerie

Devant la gendarmerie de Loudima

 

Nous rentrons alors sur l'esplanade. Cela me permet d'avoir une belle vue sur l'édifice le plus remarquable, celui qui borde l'ancienne route des caravanes. D'une grande longueur, agrémenté de piliers, formant ainsi tout autour un couloir extérieur abrité, il est fait de briques et couvert de tôles.

 

loudima-poste-ecole-coloniale

Bâtiment à piliers de l'époque coloniale

 

L'ensemble est un peu fatigué, le crépi recouvrant les briques est tombé en maints endroits ou est parfois rafistolé avec du béton, mais tout cela ne manque pas de charme. S'agit-il de l'ancienne "case des voyageurs" qui permettait d'accueillir les personnes qui faisaient étape à Loudima ?

La construction parait dater de la même époque (1910-1920 ?) que celle des pavillons vus près de la Sous-Préfecture. 

 

loudima-poste-aef-1950

Vue aérienne de Loudima Poste - AEF (carte postale vers 1950 - © Edition Plantier)

 

Les deux bâtiments coloniaux évoqués figurent en tout cas sur cette vue aérienne des années 50. Loudima est un village "aéré" où la densité de construction est faible. On retrouve également les cases en briques qui bordent la place.


Elle sert aussi de terrain de jeu pour les enfants, si j'en crois les poteaux plantés pour symboliser les buts d'un terrain de foot.

 

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Bâtiment récent (école ?)

 

Le seul bâtiment récent est implanté au centre de l'esplanade et possède un toit de tôles rouges. Il me semble que c'est une école.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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