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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 14:45

Après nos quelques observations naturalistes, nous revenons tranquillement sur nos pas. Christ me dit qu'il a compris ce qu'était faire du "tourisme". C'est un état d'esprit, être ouvert et curieux, savoir aussi prendre le temps, et pas forcément courir d'un point à l'autre pour dire simplement "J'y étais !".

Nous effectuons un arrêt auprès d'une petite source qui sourd d'entre les rochers. Elle tombe dans un étroit bassin naturel où des fougères ont pris place. Christ monte pour se rafraîchir un peu le visage et boire un filet d'eau dans ses mains.

 

bouenza-moukoukoulou-source

Manu buvant à la source    

 

C'est au tour de Manu. Il est plus rusé car il a trouvé une feuille assez rigide pour être pliée et servir de récipient. C'est de "l'eau bénite" selon son expression !  L'adjudant remarque : "Il est du village !". C'est vrai, on voit la différence entre le citadin et celui qui a passé son enfance en "brousse".   

Puis c'est à mon tour de boire un peu d'eau. Elle est bien fraîche. Par contre, les rochers sont très glissants et il faut faire attention de ne pas se casser la figure...

 

bouenza-moukoukoulou-pont-adjudant

Notre guide à Moukoukoulou

 

Nous voilà de nouveau à l'entrée du pont. Nous avons dû parcourir 4 ou 5 km en toute sérénité. C'est le moment de faire des photos souvenirs avec notre sympathique adjudant. Il prend fièrement la pose sur le pont de Moukoukoulou, sur fond de drapeau congolais. Belle perspective, mais cela manque d'un brin de soleil et de ciel bleu.

 

bouenza-moukoukoulou-adjudant-barrage

L'adjudant et moi sur le pont

 

L'adjudant porte à la main son petit bâton strié de rouge et blanc. Il tient à avoir les photos, pour les "regarder quand il sera à la retraite". Est-il proche de la retraite ? J'avoue que j'ai du mal à lui donner un âge ! En tout cas, il a la ligne.

 

bouenza-riviere-chutes

Au revoir aux chutes de la Bouenza...

 

Nous nous rapprochons des bâtiments. Son collègue en peignoir n'est toujours pas habillé... Nous laissons nos coordonnées à l'adjudant. Depuis, il a téléphoné plusieurs fois à Manu pour savoir ce que devenaient les photos... Je les ai envoyées, mais je ne sais pas encore si elles sont arrivées entre les mains de l'adjudant. Il faut recourir à plusieurs intermédiaires.

La bruine des chutes nous enveloppe de nouveau. L'adjudant nous dit que c'est fort agréable quand il fait chaud de profiter de ce bienfait. Seul bémol, il nous raconte être attaqué le matin par des "fourous", minuscules mouches provoquant des brûlures sur la peau. Le terrible moucheron vole en nuage et peut transmettre la dengue. Nous échappons heureusement à ce fléau !

 

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Mouche fourou (©JeanLou)

 

Il est vers 15h30, tablant sur 2h30 de trajet retour, il est donc temps de partir pour traverser le Niari avant la nuit. Nous saluons les militaires. L'adjudant n'a rien réclamé, ce que j'apprécie. Je lui donne un billet pour le remercier de son accueil chaleureux. Il pourra boire une bière avec ses collègues !

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 14:15

A Moukoukoulou, j'effectue une autre observation botanique, on trouve en effet le long de la piste d'étranges gousses dont la consistance est proche du bois, mais qui sont très légères.

Ce qui surprend, c'est leur taille. Elles font de 40 à 50 cm de long ! Je demande à Christ d'en tenir une dans ses mains, afin d'avoir une échelle pour la photo. Un drôle de haricot géant !

 

bouenza-fabacées-mubala-gousse

Gousse géante (environ 50 cm) de l'acacia

 

Notre adjudant doit bien se demander quel est cet hurluberlu qui photographie des gousses tombées à terre et sans intérêt...

Les gousses comprennent de 5 à 7 alvéoles, ces dernières abritant des graines. Bizarrement, je n'en trouve pas sur le sol. Manu me dit que ces graines ne sont pas comestibles et qu'il ne connaît pas le nom de l'arbre. Mais ces graines sont bien passées quelque part, un animal les trouverait-il à son goût ? Ou bien les villageois de la région en ont un usage que nous ignorons à ce moment-là.

Je finis quand même par trouver une graine, de couleur brune, évidemment de belle taille (5 à 7 cm de long). Elle est relativement plate et de forme elliptique.

 

bouenza-fabacées-mubala-graine

Graine (fève) contenue dans la gousse    

 

Levant la tête, j'essaie de trouver l'arbre à l'origine de la chute de ces fruits géants... J'identifie le "responsable" dont les feuilles ressemblent à celles d'un acacia, ou d'un mimosa. Il fait une vingtaine de mètres de haut.

 

bouenza-fabacées-Pentaclethra-macrophylla

Acacia du Congo

 

Par curiosité, j'essaye de trouver des gousses encore présentes sur l'arbre. Effectivement, en zoomant avec mon appareil photo, j'observe de longues gousses brunes qui pendent dans le feuillage. Impressionnant !

 

bouenza-fabacées-pentaclethra-gousse 

Fruits (gousses) et fleurs de l'acacia du Congo

 

Avec difficulté, je prends une photo (elle est floue vu la grande distance et la luminosité médiocre...). En arrière plan, on voit aussi des fleurs, en forme d'épis et de couleur orangée.

Tous ces éléments me conduisent à penser qu'il s'agit d'un acacia du Congo, arbre de la grande famille des Fabacées (légumineuses, plantes à gousse qui produisent des fèves), ou plus précisément un Mimosaceae. Il porte le doux nom scientifique de Pentaclethra macrophylla

 

congo-acacia-Pentaclethra-macrophylla

Identification de l'acacia du Congo (Dessins de Achmad Satiri Nurhaman © Prota.org)

 

Il porte bien sûr de nombreux autres noms vernaculaires selon les langues locales et les régions, par exemple panzi (en kikongo) et essiri (Congo Brazzaville), mubala et owala (Congo Kinsasha).

Il est répandu dans les zones forestières d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale. Pour une fois, ce n'est pas un végétal venu d'un autre continent ! 

 

bouenza-acacia-congo

Cime en dôme de l'acacia du Congo


La graine est consommée bouillie ou rôtie en Afrique de l'Ouest. On peut tirer des graines une huile comestible. D'où le nom anglais de l'arbre, "African oil bean". Le caractère "comestible" varie donc en fonction des coutumes alimentaires des pays et des régions. D'autres fabriquent du savon avec l'huile extraite.

Le bois de l'arbre et les cosses vides sont utilisés comme combustible pour la cuisine. Traditionnellement, le bois sert à fabriquer des pilons et des mortiers. Enfin, on attribue différentes vertus thérapeutiques aux feuilles, à l'écorce ou aux graines de cet "acacia du Congo".

Dernière utilisation plus festive, il paraît que les gousses pleines de graines étaient utilisées comme "maracas naturels", pour accompagner des musiciens.

 

 

Sources :

http://www.metafro.be/xylarium/species/SN9225

http://database.prota.org

INVENTAIRE ET DESCRIPTION DES FABACEAE ARBRES (MOMOSOIDAE ET FABOIDAE) DE KINSHASA ET SES ENVIRONS Par David KOMBI KAVIRIRI et le Professeur BELESI KATULA H.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Nature
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