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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 11:00

Après une partie assez plate, nous attaquons le relief. La piste rouge de latérite devient glissante et plus ardue à affronter dans les côtes.

Au sommet d'une montée, nous effectuons une courte halte pour profiter du paysage. L'érosion a fait son oeuvre et le sol devient un peu lunaire. Un gros rocher est posé au bord de la piste, insolite et isolée résistance à la force des pluies équatoriales. Même un manguier nous montre ses racines.

 

bouenza-piste-mabombo-erosion

Piste et sol érodé par les pluies

 

En contrebas, quelques maisons sont posées sur ce sol dénudé. L'habitat est constitué de petites maisons en brique (10 à 15 m2 ?), couvertes de "chaume"ou de tôle.

C'est la disparition de la végétation qui conduit à cette importante érosion. Je ne comprends pas trop comment elle a disparu de cette zone, alors qu'elle est abondante juste à côté.

 

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Village posé sur le sol érodé

 

Les hommes ont-ils défriché avec excès, abusé du pâturage de leurs animaux ? En tout cas, la vue sur les collines environnantes est superbe. A droite, en haut du village, on trouve une petite construction entourée de palissades. Est-ce des toilettes ou bien une douche rudimentaire ?

 

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Vue sur les collines environnantes

 

Nous reprenons notre périple. Lors de la traversée des villages (la densité de population est finalement assez forte ici), nous croisons de nombreux animaux domestiques qu'il faut éviter d'écraser, chèvres, moutons, porcs et poules se baladent souvent sur la route.

 

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Village de la Bouenza vers Kimandou

 

Manu cherche à acheter des bananes. Nous nous arrêtons dans un village, au niveau d'une place animée. Un homme barbu nous répond qu'il n'y a plus de bananes mûres, tout a été vendu. Je descend du 4x4. Un enfant recule et fait la grimace, il n'a sans doute jamais vu de mundele de près... ce qui fait rire notre interlocuteur !

Christ se propose de distribuer les images à ma place... Je refuse, les enfants s'habitueront bien à moi. Certains sont craintifs, mais oublient vite leur appréhension pour avoir le petit cadeau.

 

bouenza-village-enfants-kimandou

Enfants de la Bouenza

 

C'est un village important et maintenant c'est une vingtaine d'enfants qui est face à moi. Je propose de faire une photo. Un tout petit garçon (environ 2 ans) pleure quand son père le met face à l'objectif. Mais il retrouve le calme dans les bras d'une fille aux cheveux tressés (sa soeur ?). Les "grands" garçons quant à eux font les zouaves, en levant les bras ou en serrant les poings comme des boxeurs.


Faute de bananes, je demande s'il y a des oranges. Notre homme à la barbichette envoie quelqu'un en chercher. Un jeune homme apporte un plein sac d'oranges vertes et veut nous les vendre... 3 000 FCFA. Cela provoque la réprobation des autres villageois, le prix est trop gonflé. Changement de cap, le prix est maintenant abaissé à 500 FCFA ! Finalement, je donne 1 000 FCFA au jeune vendeur.

Nous saluons les sympathiques villageois, cela fait déjà 1h15 que nous sommes partis, mais la route est encore longue.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 10:00

Avant de partir, j'ai pris soin de demander à l'homme qui manoeuvre le bac, quelle était l'heure limite pour le retour. Le dernier trajet s'effectue vers 18h30. Le bac s'arrête à la tombée de la nuit. Il est à peine 11h, cela nous donne pas mal de temps. Mais mon interlocuteur est incapable de me dire la durée nécessaire pour atteindre les chutes de la Bouenza...

Nous traversons le village de l'autre côté du bac sur le Niari et rencontrons ensuite une zone marécageuse. Nous traversons plusieurs étroits ponts en béton qui permettent de franchir la rivière Loango et ses affluents. Eh oui, c'est le même nom que la ville côtière du Kouilou... Les ponts sont en mauvais état, défoncés et je serre un peu les fesses en pensant qu'ils pourraient céder à notre passage... La piste est bien dégradée et humide dans cette zone et nécessite pour l'affronter d'avoir un 4x4. 

 

En remontant, nous retrouvons une piste correcte. Après une vingtaine de minutes, Manu s'arrête à la sortie d'un petit village masqué par la végétation. Il est intrigué par quelque chose...

En léger contrebas de la piste, nous découvrons quelques ouvriers en train d'extraire des plaques d'ardoise. C'est une activité que je vois pour la première fois au Congo.

 

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Extraction des plaques d'ardoise

 

L'accueil est sympathique et nous discutons avec les ouvriers. Le gisement se trouve au bord d'un ruisseau. Les hommes avec des pioches dégagent les couches d'ardoise, qui se détachent par plaques. Il faut ensuite porter les lourdes plaques et les empiler. C'est un travail de galérien, entièrement manuel, qui me rappelle le triste sort des briseurs de rochers à Brazzaville (cf Brazzaville : les briseurs de rochers des cataractes ). 

Les ardoises ne sont bien sûr pas utilisées pour recouvrir les toitures comme en France ! On m'explique qu'elles servent de parements pour les façades des maisons (en ville), ou bien de bordures de caniveaux. Un bloc à l'étrange forme d'un mamelon et Manu aurait bien aimé l'emmener à Pointe-Noire. Mais il est lourd et nous devrions le trimballer pendant plusieurs jours dans le coffre...

 

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Ouvrier près du tas de plaques d'ardoise    

 

Un jeune homme dévale la colline située de l'autre côté du ruisseau. Est-ce par curiosité ? Croit-il que ses amis ont des ennuis ? En tout cas, il arrive essoufflé ! Il porte une chikwangue (portion de manioc) à la main. Je lui demande si c'est son repas de midi. Il me répond par l'affirmative. 

En approchant du ruisseau, je découvre deux femmes qui lavent du linge. En toute discrétion, elles ne sont pas venues voir le "Blanc".

 

 

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Site d'extraction au bord du ruisseau (© Manu)

 

Notre présence n'est pas passée inaperçu et quelques enfants du village nous ont rejoint. On ne peut pas échapper à la distribution de bonbons ! Les enfants ne sont pas trop timides, même si les plus petits jettent parfois un oeil de travers au "mundele". Les adultes aussi y ont droit et notre jeune coureur n'est pas le moins intéressé. Finalement, peut-être est-ce la perspective d'avoir un petit cadeau qui l'a fait courir ?

Je n'ai pas pensé à demander comment les plaques d'ardoise étaient ensuite transportées vers la ville, où se situe la clientèle. L'endroit est bien isolé et peu accessible aux camions.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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