Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 10:00

Avant de partir, j'ai pris soin de demander à l'homme qui manoeuvre le bac, quelle était l'heure limite pour le retour. Le dernier trajet s'effectue vers 18h30. Le bac s'arrête à la tombée de la nuit. Il est à peine 11h, cela nous donne pas mal de temps. Mais mon interlocuteur est incapable de me dire la durée nécessaire pour atteindre les chutes de la Bouenza...

Nous traversons le village de l'autre côté du bac sur le Niari et rencontrons ensuite une zone marécageuse. Nous traversons plusieurs étroits ponts en béton qui permettent de franchir la rivière Loango et ses affluents. Eh oui, c'est le même nom que la ville côtière du Kouilou... Les ponts sont en mauvais état, défoncés et je serre un peu les fesses en pensant qu'ils pourraient céder à notre passage... La piste est bien dégradée et humide dans cette zone et nécessite pour l'affronter d'avoir un 4x4. 

 

En remontant, nous retrouvons une piste correcte. Après une vingtaine de minutes, Manu s'arrête à la sortie d'un petit village masqué par la végétation. Il est intrigué par quelque chose...

En léger contrebas de la piste, nous découvrons quelques ouvriers en train d'extraire des plaques d'ardoise. C'est une activité que je vois pour la première fois au Congo.

 

bouenza-ardoise-extraction-ouvriers

Extraction des plaques d'ardoise

 

L'accueil est sympathique et nous discutons avec les ouvriers. Le gisement se trouve au bord d'un ruisseau. Les hommes avec des pioches dégagent les couches d'ardoise, qui se détachent par plaques. Il faut ensuite porter les lourdes plaques et les empiler. C'est un travail de galérien, entièrement manuel, qui me rappelle le triste sort des briseurs de rochers à Brazzaville (cf Brazzaville : les briseurs de rochers des cataractes ). 

Les ardoises ne sont bien sûr pas utilisées pour recouvrir les toitures comme en France ! On m'explique qu'elles servent de parements pour les façades des maisons (en ville), ou bien de bordures de caniveaux. Un bloc à l'étrange forme d'un mamelon et Manu aurait bien aimé l'emmener à Pointe-Noire. Mais il est lourd et nous devrions le trimballer pendant plusieurs jours dans le coffre...

 

bouenza-ardoise-plaque-ouvrier

Ouvrier près du tas de plaques d'ardoise    

 

Un jeune homme dévale la colline située de l'autre côté du ruisseau. Est-ce par curiosité ? Croit-il que ses amis ont des ennuis ? En tout cas, il arrive essoufflé ! Il porte une chikwangue (portion de manioc) à la main. Je lui demande si c'est son repas de midi. Il me répond par l'affirmative. 

En approchant du ruisseau, je découvre deux femmes qui lavent du linge. En toute discrétion, elles ne sont pas venues voir le "Blanc".

 

 

bouenza-ardoisiers-ruisseau

Site d'extraction au bord du ruisseau (© Manu)

 

Notre présence n'est pas passée inaperçu et quelques enfants du village nous ont rejoint. On ne peut pas échapper à la distribution de bonbons ! Les enfants ne sont pas trop timides, même si les plus petits jettent parfois un oeil de travers au "mundele". Les adultes aussi y ont droit et notre jeune coureur n'est pas le moins intéressé. Finalement, peut-être est-ce la perspective d'avoir un petit cadeau qui l'a fait courir ?

Je n'ai pas pensé à demander comment les plaques d'ardoise étaient ensuite transportées vers la ville, où se situe la clientèle. L'endroit est bien isolé et peu accessible aux camions.

 

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
commenter cet article
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:30

Nous poursuivons notre descente vers le Niari, l'étroitesse de la piste et les grandes herbes nous offrent une faible visibilité... Espérons qu'il n'y ait personne qui roule dans l'autre sens !

Un panneau nous annonce la proximité de l'embarcadère. Moderne la signalisation ! Nous garons notre véhicule peu après et descendons vers le fleuve.

 

 

madingou-fleuve-niari-bac

Fleuve Niari, vu en amont, au niveau du bac

 

Deux hommes sont sous un petit appentis. L'accueil est distant. Un embarcadère en béton est face à nous. Un filin traverse le fleuve. Il sert de "guide" au bac. Mais ce dernier est de l'autre côté du Niari et s'apprête à effectuer la traversée.

 

madingou-bac-niari-doualaJPG

Bac sur le Niari, vu de la rive gauche  

 

Démonstration grandeur nature, deux véhicules sont chargés, et nous rejoignent avec huit passagers. Manu me fait remarquer que le 4x4 porte le logo de la SNE (Société Nationale d'Electricité). Sans doute vient-il du barrage hydroélectrique où nous devons nous rendre.

 

madingou-bac-niari-manioc

Passagers du bac à la tâche...

 

Certains ne perdent pas une minute... Un couple, lesté chacun d'un panier tressé "mponzi", continue de préparer des rhizomes de manioc pendant la traversée.

 

C'est à notre tour... Je m'informe du prix. Pour la modique somme de 1000 FCFA (moins de 2 euros), on est transporté sur l'autre rive. Le bac ne fonctionne pas avec un moteur, contrairement à celui de la Noumbi (cf Passage de la rivière Noumbi ). C'est un treuil qui permet de tirer le bac, en luttant contre le fort courant. Bel effort pour l'homme qui effectue l'exercice un bonne partie de la journée !

 

madingou-traversée-niari-bac

Niari et collines en aval du bac

 

Manu monte notre 4x4 sur la bac. La traversée permet d'apprécier la puissance du fleuve, qui s'engouffre sous nos pieds. Notre homme tourne la manivelle qui actionne le treuil. Les bruits de ferraille et de crissements des filins qui se tendent nous accompagnent.

Cela ne dure que 5 minutes, mais permet d'apprécier la beauté du paysage de la vallée du Niari. Tout se passe sereinement.

 

 

madingou-bac-niari-traversee

Sur la rive droite du Niari...

 

Nous arrivons sans encombre sur la rive droite. L'accès au fleuve permet aussi d'y laver le linge, comme le fait une femme accompagnée par un très jeune enfant. Proximité du courant, plutôt dangereuse pour lui...

Manu débarque notre 4x4 et monte jusqu'en haut de la butte. J'effectue à pied ce petit trajet, ce qui me permet de porter un regard en arrière. 

 

madingou-bac-niari-embarcadere

Embarcadère rive gauche du Niari

 

Les pylônes noirs qui soutiennent le filin d'acier sont neufs d'aspect. Juste devant, on trouve un ancien pylône en béton, étrangement étêté. J'apprendrai plus tard que le bac a été restauré pendant l'été 2006 car... il s'était décroché le 28 février 2006 et avait alors parcouru 17 km sur le fleuve !! J'imagine la frayeur des passagers confrontés à ce type d'incident.

 

madingou-bac-niari-fabrice

Le photographe photographié lors de la traversée... (© Manu)

 

Rien de tout cela heureusement pour nous. La traversée s'est déroulée sans problème. Nous pouvons reprendre notre route vers les chutes de la Bouenza.

 

Pour les amateurs, une courte vidéo de la traversée du Niari en cliquant sur ce lien : link

Repost 0
Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Fabrice au Congo
  • Le blog de Fabrice au Congo
  • : Carnets de voyages au Congo-Brazzaville, principalement à Pointe-Noire, mais aussi dans d'autres régions du Congo, agrémentés de photos, d'informations culturelles et touristiques et d'impressions personnelles.
  • Contact

Recherche

Catégories