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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 21:30

Comme en Europe, les "chefs" africains possédaient des attributs, des objets d'apparat symbolisant leur pouvoir ou leur richesse. L'un d'entre-eux est le bâton de chef, à l'instar du "bâton de Maréchal" resté dans les mémoires à cause du passé belliqueux de la France ou plus anciennement du sceptre royal. Un attribut de prestige peut être aussi une poire à poudre (cf  Objets et autres antiquités).

Ce bâton de chef d'un village Téké (parait-il "boundji" cf Samedi entre antiquités et plage) est soigneusement ouvragé. Après une partie lisse, une alternance de motifs géométriques amènent progressivement vers le sommet, le bâton s'élargissant au fur et à mesure pour déboucher sur une sorte de tambour, surmonté d'un personnage.


baton-chef-Tekebaton-teke-mbochi

Bâton Téké (50 cm)                                          Sommet du bâton (femme avec un mponzi)

 

D'aucuns voient dans ce type d'objet un symbole phallique. En tout cas, celui-ci est surmonté d'une femme portant une charge, bâton à la main, comme prête à affronter une longue marche. La manière dont est portée la marchandise a été appelée par Jacques le vendeur, "mbochi". Une lanière posée sur le front retient un panier situé dans le dos. Le même nom désigne une ethnie du centre est du pays (au nord de Brazzaville), ai-je mal compris... En fait, il s'agit plutôt de "mponzi" !

On retrouve exactement le même type de scène sur des cartes postales anciennes du Congo.


congo Mbochi

Congo Français : départ pour le marché

 

Ce mode de portage est encore souvent utilisé en brousse, les femmes sont également de corvée d'eau et sont amenées à trimbaler d'étonnants attelages sur le sommet de leur crâne (cf les photographies d'Ulrich Pointe-Noire : l'immeuble et l'artiste ). Les occidentaux sont toujours épatés par le fait que les africaines savent porter avec dextérité de lourdes charges sur leur tête.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 18:00

Albert Londres enfonce le clou sur l'état pitoyable de l'Afrique Equatoriale française, dépourvue de tout, à l'instar de la "ville" de Pointe-Noire qui en 1928 est encore en devenir et dont on ne parle alors qu'au futur :
" Pointe-Noire ! Assez noire ! Un Portugais, un Pétruquet, comme disent les nègres, a construit là un petit kiosque, c'est l'hôtel, le restaurant, c'est tout ! C'est la tente des naufragés. [...] C'est la colonie au premier âge. Pointe-Noire n'existe qu'en espérance. Pointe-Noire aura cent mille habitants. Pointe-Noire débitera trois mille mètres cubes d'eau par jour. Pointe-Noire possédera huit grues et pourra manipuler cent cinquante mille tonnes par an. Pointe-Noire ne sera pas seulement le port du Congo, mais celui de l'Afrique centrale".


village-mondaine-1924

La première "ville" ponténégrine sur la côte Mondaine (1924)


Le journaliste évoque quelques infrastructures de la cité : 
" Pour l'heure Pointe-Noire a surtout un phare, un hôpital et une douane. Tout ce qu'il faut pour attirer les voyageurs. Le jour où la terre ne comptera plus qu'un homme, ce sera d'ailleurs un douanier ! Autour de l'abri du Pétruquet, les pionniers vivent sous le phare. [...] Le phare tourne, le cafard tourne, le phonographe tourne. Seul l'air est immobile !".
Les chambres de l'hôtel sont dépourvues de volets si bien que les infortunés voyageurs ont bien du mal à fermer l'oeil de la nuit, à cause de la lumière du phare. Selon l'écrivain, ils tournent en bourrique et ne sont pas loin de devenir fou...

S'agit-il du phare que j'ai eu l'occasion de voir de près (cf Le vieux phare) ou bien d'un prédécesseur ? J'avais dans l'idée que ce bâtiment datait de l'époque de la construction du port mais visiblement, il y avait déjà un phare à Pointe-Noire une dizaine d'années avant.
Il semblerait que les premières habitations et cet "hôtel" se situaient à l'emplacement actuel du "cercle civil", soit à deux pas du phare.


wharf-mondaine-1934

Le wharf de la côte Mondaine (1934)



Source des photographies :
Le chemin de fer Congo-Océan. © P. Kivouvou - Editions Bantoues, 1983.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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