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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 20:17

Dans les semaines suivant mon retour, je finis de lire "Voyage au Congo" et "Le retour du Tchad" relatant l'expédition en A.E.F. d'André Gide en 1926-27.
Une phrase, devenue ensuite célèbre, retient l'attention : "
Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête". Au delà de cette formule habile, Gide dénonçait les méthodes employées par certains colonisateurs qui recouraient à la violence au lieu de chercher à comprendre les populations locales. Lui-même n'est pas exempt de quelques clichés de l'époque coloniale, mais il fait preuve de beaucoup d'humanisme.
Cette phrase percutante est utilisée au sujet du "procès Sambry", jeune administrateur sans expérience, envoyé dans un poste reculé et ayant commis ou fait commettre des exactions. "Il y eût fallu telle force de caractère, telle valeur morale et intellectuelle, qu'il n'avait pas. A défaut d'elles, pour imposer aux indigènes, on recourt à une force précaire, spasmodique et dévergondée. On prend peur ; on s'affole ; par manque d'autorité naturelle, on cherche à régner par la terreur. On perd prise, et bientôt plus rien ne suffit à dompter le mécontentement grandissant des indigènes, souvent parfaitement doux, mais que révoltent et poussent à bout les injustices, les sévices, les cruautés."


André Gide au cours de son expédition (source de la photo : Marc Allégret, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine).


A la fin de son périple, il note "
On va répétant qu'on obtient rien des indigènes de ce pays que par la force et la contrainte. Qu'on essaye seulement d'une autre méthode et l'on verra le résultat. Ils savent parfaitement bien distinguer, quoi qu'on en dise, la bonté de la faiblesse et n'ont pas besoin d'être terrorisés pour vous craindre. Mieux vaut encore se faire aimer."
Gide participa activement à la dénonciation du régime des Grandes Concessions consenti en 1899. Leurs superficies cumulées dépassaient celle de la France ! La population était également "concédée"... Il fut d'autant plus écouté qu'il ne remettait pas en cause frontalement la colonisation, mais dénonçait l'exploitation des autotochnes et les mauvais traitements exercés par certains colons.


L'ancien Gouverneur Général de l'A.E.F., Victor Augagneur (1855-1931) partageait son avis "Qu'ont fait les colons en A.E.F ? Assez peu de choses. Et ce n'est pas à eux qu'il faut s'en prendre mais au régime détestable qui a été imposé à l'Afrique Equatoriale Française : le régime des Grandes Concessions... Dans peu de temps, les Grandes Concessions auront définitivement quitté l'Afrique... L'Afrique sera un peu moins riche qu'avant leur venue".






Un lycée de Pointe-Noire porte aujourd'hui le nom du Gouverneur Augagneur. Ses propos sont malheureusement toujours d'actualité avec d'autres "concessionnaires" et une mauvaise redistribution des richesses créées... Non ?
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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 00:00

Cette statue est différente de celles que j'avais achetées jusqu'alors. Il s'agit d'un fétiche, c'est à dire d'une statue possédant un pouvoir particulier, sous réserve de le solliciter au cours d'un rituel.

Fetiche_vili1.jpg

Le fétiche au royaume Kongo est appelé "Nkisi", propriété du guérisseur nommé "Nganga". Ce dernier sert d’intercesseur pour libérer la charge magique, le "bilongo" , contenue dans la cavité ventrale de la statue et recouverte d’un morceau de miroir. Ce miroir permet symboliquement au devin de déceler l’approche de sorciers venant des quatre directions.

La statue est anthropomorphe mais n’est pas complètement humaine, notamment de par l’absence de bras. Quand j'ai interrogé le vendeur sur cette absence, il m'a répondu "ils sont à l'intérieur !".

Le fétiche est une entité spirituelle qui se soumet au contrôle humain par l'intermédiaire de rites. La statue doit impressionner le requérant. Le regard orné de petits miroirs et la bouche ouverte participent à cet effet. Elle figure notamment le cri de celui qui prête serment.

 

Les excroissances recouvrant le corps du fétiche représentent la maladie sortant du corps de l’individu. Il s’agit de noyaux de noix de palme que le guérisseur apposait sur le corps du demandeur, à l’endroit "malade".

La statue est ornée d’un collier de perles recouvertes de tissu et les cheveux sont symbolisés par des plumes rousses. Une résine naturelle (propolis ou résine végétale) permet le maintien des ornements.

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Art - culture - histoire
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