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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 08:00

J'ai bien dormi ! Toujours avec Titi sur ma couverture... Je me suis habitué aux petits défauts de ma chambre. L'ampoule grillée que j'avais posé hier matin sur le bureau a été enlevée, mais l'ampoule pas remplacée. Assez symptomatique...

Cette fois, la voiture n'a pas été lavée pendant la nuit. Manu prétend qu'il vaut mieux faire "touriste" en ayant une voiture sale !

Avant de partir, je règle la facture (à l'en-tête "Résidence Nzama", tient ce n'est pas l'hôtel Mabiala ??), et le responsable nous demande de remplir des fiches de police, avec n° de passeport et tout le tintouin. Mes deux comparses congolais n'y échappent pas. Le responsable me parle de notre expédition d'hier, et il est surpris que je me souvienne de la zone délicate à passer de la rivière Loango. Il s'adresse alors à ses employés " Ah, le Blanc... ! Vous ne connaissez même pas vous, ce dont il parle !". Bon, ce n'était pas vraiment difficile de s'en souvenir étant donné que je connais bien le Loango d'à côté de Pointe-Noire.

Nous prenons cette fois le petit-déjeuner à "La Goulotte" où nous avons diner hier soir. C'est juste à côté, cela plait à Manu... nous verrons bien !

 

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Mme Blanche devant "La Goulotte"

 

Nous saluons nos hôtes et filons à "La Goulotte". Mme Blanche, la tenancière, est en train de balayer. Elle nous demande d'attendre un peu. Je prends un cliché de la souriante femme... Elle déclare : "Ah, ces Blancs, ils prennent vraiment tout en photo !". 

Le temps que Mme Blanche finisse sa préparation des lieux, j'observe un peu la rue. Je ne vois pas un seul mundele. Chacun vaque à ses occupations, commerçants, mécanicien... Des élégantes s'abritent du soleil avec une ombrelle. Charmant tableau ! La journée s'annonce plus ensoleillée qu'hier, le ciel est déjà tout bleu.

 

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Intérieur du restaurant "La Goulotte"

 

Nous retrouvons l'intérieur flashy du restaurant... Le rose éclatant vous réveille. Hier soir dans la pénombre, il faisait moins mal aux yeux ! Pour trancher, une toile à dominante bleue a été tendue sur un mur, avec un décor d'île paradisiaque.

Bon, pour le petit-déjeuner, c'est couleur locale... Pas terrible pour moi, ni beurre, ni confiture, ni croissant, ni vrai café !! 

Mais Christ à la gentillesse d'aller m'acheter un croissant dans une boulangerie à proximité. Il le ramène dans une feuille de papier pliée en deux et agrafée... Drôle de sac !

 

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Manu croque sa "gazelle"...

 

Quant à lui, Manu est ravi. Il déguste son ragoût de gazelle ! Mon "chauffeur" arbore désormais une petite barbichette... A Pointe-Noire, Patrice s'est un peu moqué de lui, en lui disant qu'il m'avait copié !!

Christ a opté pour une omelette "enrichie". Moi, j'ai mon nescafé, mon lait en poudre et plein de pain. Mais rien à mettre dessus... Arroseur arrosé, Manu me photographie en train de chasser les mouches !

 

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Le chasseur de mouches... (©Manu)

 

La note du petit-déjeuner est moins élevée qu'à l'hôtel Mabiala. Et d'ailleurs, je m'aperçois que "La Goulotte" fait aussi hôtel. Mais j'ai bien peur qu'il soit aussi très couleur locale !


Aujourd'hui, journée plus tranquille. Nous avons décidé tout d'abord de passer la matinée à Nkayi. Nous avons traversé la petite ville, mais pas vraiment encore découverte.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 16:30

C'est parti en direction de Madingou ! Nous connaissons désormais le chemin, il nous paraitra moins long.

De nouveau, défilent devant mes yeux les différents paysages, forêt, collines, villages, terre tour à tour ocre ou rouge, arbres et grandes herbes bordant la piste.

 

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Piste ocre vers Kimandou

 

Nous croisons ça et là des femmes portant de lourdes charges. Ce sont de véritables bêtes de somme, dans un pays où traditionnellement on n'utilise pas les chevaux ou les ânes. Terrible sort réservé à la gent féminine, que soulignait les écrivains du siècle précédent comme Albert Londres ou André Gide.

 

Manu cherche toujours à acheter des bananes. A la sortie de la forêt, il grimpe dans un talus où il a repéré des hommes travaillant dans une zone en cours de défrichement. Pour les impressionner, il s'amuse à mettre ses lunettes de soleil. On ne voit plus son regard... Farceur le Manu ! Mais il redescend bredouille, point de bananes pour nous...

 

 

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Petit village de la Bouenza

 

Dans certains villages, l'habitat ne semble guère avoir évolué depuis un siècle. On retrouve le même type de petites huttes recouvertes de chaume que sur les cartes postales du début du 20ème siècle.

Par contre, dans un village plus important, j'aperçois un vendeur de paraboles... J'hallucine !! On cherche à vendre des télévisions à ces pauves gens qui vivent dans des conditions précaires. L'alimentation électrique est-elle seulement assurée ? Ne faudrait-il pas commencer par améliorer le confort de base de l'habitat avant de songer à ce type d'équipement ? Mais je comprends que la tentation soit forte... 

 

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Village indigène du Congo (carte postale © Visser vers 1900)

 

Quelques kilomètres après nous dépassons une femme qui porte un mponzi avec... dedans un régime de bananes. Manu demande à l'acheter. Marché conclu ! Déchargée de son fardeau, la femme demande à ce qu'on l'emmène jusqu'au prochain village. Elle monte donc à l'arrière aux côtés de Christ. Elle se prénomme Julienne et porte un beau pagne, un peu sali. La pauvre sent la fumée... On comprend quand on la dépose devant sa très modeste case. La fumée de la cuisine au bois doit très rapidement envahir l'unique pièce.

 

Un peu plus loin, nous tombons sur un "barrage" fait de bambous et de deux pneus. Manu hésite, mais voit qu'il s'agit d'enfants, donc s'arrête. On me réclame 300 FCFA pour avoir réparé la route ! Les enfants semblent avoir bouchés quelques trous. Je donne 200 FCFA et quelques images pour les remercier de leur travail.

 

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Jeunes filles de la Bouenza

 

Un peu plus loin, dans une zone humide, Manu, le coquin, repère des jeunes filles qui se lavent dans un ruisseau. Il s'arrête. Les baigneuses ne tardent pas à arriver, pour certaines tout juste recouvertes de leur pagne... Elles demandent à être prises en photo ! Je prends un cliché à travers la vitre ouverte de la portière. Je montre le résultat de la photo, "Elle est belle" me dit-on. Je remarquerai plus tard que l'une des filles a encore du savon sur le visage ! Je distribue quelques images aux jeunes garçons qui ont rappliqué, et c'est reparti.

 

Puis, nous rencontrons un deuxième barrage... Pas celui de Moukoukoulou, mais encore des enfants qui nous ont repéré à l'aller et attendaient notre passage au retour. Le plus grand des garçons est assez excité et réclame... 3000 FCFA ! Ce doit être un prix à la mode, c'est le même montant initialement avancé que pour les oranges achetées à l'aller. Sans doute une somme importante pour eux... Je n'ai plus de monnaie. Pour les remercier de leurs grands travaux routiers, je leur propose donc des bonbons. Marché conclu, le caractère vindicatif de la rencontre cède la place aux sourires. Petite photo souvenir des six intrépides garçons...

 

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Enfants "barragistes" de la Bouenza

 

Cependant, il ne faudrait pas que cela devienne une mauvaise habitude de rançonner les voyageurs... C'était bien sûr un jeu, mais en d'autres lieux, des adultes font de même avec de moins bonnes intentions.

 

Dernière rencontre, en fin de parcours, Manu toujours généreux prend en charge un autostoppeur. Il s'appelle André et fait le commerce d'avocats. Mais le pauvre revient sans le moindre fruit, car selon son expression "Tout a été raflé !". D'autres sont passés avant lui acheter auprès des villageois les avocats pour les revendre en ville. J'apprends ainsi que les fruits arrivent jusqu'à Pointe-Noire. J'ai donc déjà mangé sans le savoir des avocats qui provenaient du fin fond de la Bouenza !!

Notre homme avait encore une bonne vingtaine de kilomètres à parcourir à pied et serait alors arrivé après la fermeture du bac. Nous avons fait une bonne action... Manu klaxonne au niveau des ardoisiers. Je crois qu'ils étaient encore au travail.

 

Enfin, l'embarcadère apparaît. Notre autostoppeur est ravi de ne pas devoir passer la nuit de l'autre côté du Niari... Il me rappelle Abraham, le colporteur rencontré avant la Noumbi, sur le chemin retour de Conkouati.

Le timing est aussi respecté pour nous. Ouf, nous arrivons au Niari à temps. J'échange quelques mots avec l'homme qui manoeuvre le bac. Il me demande combien de temps nous avons mis pour atteindre les chutes de la Bouenza. Je lui réponds qu'en tablant sur 2h30 de trajet, avec un bon véhicule, c'est correct. L'homme me raconte que l'endroit est dangereux et que des véhicules ont déjà chaviré dans le fleuve. Rassurant avant la traversée... Des personnes tentent parfois de traverser le Niari à la nage, mais se font emporter par le courant et se noyent.

 

bouenza-bac-niari-coucher

Traversée du Niari avec le coucher du soleil

 

Pour ce qui nous concerne, nous traversons le Niari bien au sec, juste avant la nuit, à l'heure où le soleil disparaît à l'horizon. Nous sommes gâtés par le spectacle de la nature, les derniers rayons de l'astre solaire semblant se fondre dans l'eau du fleuve...

Après le bac, André poursuit son chemin de son côté à Madingou. De nuit, la fin du parcours est plus pénible, environ 1h15 de pistes poussiéreuses pour rejoindre Nkayi. Nous sommes un peu paumés en arrivant dans la ville que nous ne connaissons pas bien. Mais Manu finit par retomber sur ses pieds (enfin, ses pneus...). Nous retrouvons le même hôtel, la même chambre pour moi et Manu, mais une différente pour Christ car la "sienne" n'était plus libre.

Nous ne dinons pas sur place cette fois-ci. Manu trouve un petit restaurant à proximité, dénommé "La goulotte". Nous mangeons des bars, ma foi pas mauvais du tout, avec des petits pois (ça change) ou des frites, et du manioc pour Christ qui n'abandonne pas son légume préféré.

Nous ne faisons pas de vieux os. Demain, de nouvelles découvertes nous attendent.

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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