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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 11:00

Nous avons discuté ensemble de notre prochaine destination... Manu aurait bien aimé voir le pont effondré à Bouansa, qui nous a valu quelques détours pour rejoindre les chutes sur la Bouenza. Mais je trouvais que cela n'en valait pas la peine. Cela nous éloignait de Pointe-Noire et d'un autre objectif qui me tenait à coeur. Difficile de tout voir...

Nous filons donc en direction de Dolisie. Nous avons prévu cet après-midi de faire étape à Loudima, où nous sommes passés à l'aller, sans nous arrêter. Le lieu nous a paru agréable et je sais qu'il est lié à l'histoire coloniale en tant que "poste" sur la route de Brazzaville. 

 

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Pont sur la Loudima (Bouenza) 

 

Sur notre route, nous effectuons une courte pause au niveau du pont sur la rivière Loudima. Le pont à armature métallique me rappelle un peu celui de Louingui près de Kinkala (cf En route vers le sud : Louingui...). Mais celui-ci n'a pas de "cage" au dessus.

La Loudima est un affluent du Niari (cf Route de Loudima à Sibiti... ) et se jette peu après dans le fleuve.

 

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La Loudima en aval du pont

 

Le pont est étroit et par conséquent assez dangereux pour les piétons. Les camions ici ne ralentissent pas... Avec prudence, je m'aventure donc sur l'ouvrage d'art. La rivière est très boueuse et a pris une couleur ocre. Des poissons peuvent-ils vivre dans une eau aussi chargée en limon ? 

 

 

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Vieux pont couvert de végétation...

 

De l'autre côté du pont, surprise, on ne voit presque rien ! La vue est barrée par un rideau végétal. Je ne tarde pas à comprendre qu'il est maintenu par un support. On devine par endroit l'armature métallique... d'un autre pont !

 

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Extrémité du vieux pont

 

Je décide de jeter un oeil à l'extrémité de ce singulier ouvrage... En effet, pénétrant sous le couvert végétal, je découvre l'ouverture d'un ancien pont, disons plutôt une passerelle, voie à sens unique pour la circulation en tout cas. L'armature métallique est entièrement prisonnière des plantes qui y ont élu domicile, sur ce qui devait être une fierté locale à l'époque de sa construction.

 

loudima-riviere-cours-boueux

Vue sur l'amont de la Loudima

 

A droite, un petit sentier descendant à pic permet de rejoindre la rivière. Il offre aussi un beau panorama sur la Loudima et ses berges luxuriantes.

 

Au moment de ressortir, un camion approche... Je l'ai entendu et m'éloigne du bord de la route pour échapper au nuage de poussière soulevé par le véhicule.

 

Quelques instants pour que cela se dissipe et c'est reparti, nous sommes presque arrivés au village de Loudima...

 

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 10:15

Cette fois, nous décidons de quitter Nkayi. Mais avant de partir, puisque c'est sur notre route, nous retournons dans l'exploitation de cannes à sucre, pour voir de plus près l'usine appelée Saris II. Nous l'avions aperçu de loin lors de notre étape aux lacs Konzi (cf Lacs Konzi près de Nkayi ).

 

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Aperçu de l'usine Saris II près de Nkayi

 

Nous prenons la route du sud, traversons la voie ferrée, puis empruntons une large piste au milieu d'immenses champs. La plaine du Niari est propice aux activités agricoles de par son sol, un climat où la température varie peu, avec 7 à 8 mois de pluies abondantes au long de l'année. Le climat chaud et humide du Congo convient parfaitement à cette plante originaire de Nouvelle-Guinée (archipel situé au nord de l'Australie) et répandue aujourd'hui sous tous les tropiques.

 

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Amendement d'un champ de canne à sucre sur fond d'usine

 

A perte de vue, ce ne sont que des champs de cannes à sucre, à différents stades de leur croissance. Après un petit quart-d'heure de trajet, à l'approche de l'usine, nous voyons un rutilant tracteur rouge avec une remorque répandre un engrais, dégageant derrière lui un nuage blanc. 

 

nkayi-usine-saris-amendement

Ouvrier courant derrière le tracteur...

 

Mais sous ce nuage, nous avons la surprise de voir un homme Noir, courant derrière le tracteur, vêtu d'un seul short et couvert de poussière blanche. Terrible tâche que d'être ainsi exposé à cet engrais sans aucune protection. L'ayant vu plusieurs fois s'avancer vers les tuyaux qui déversent l'engrais, je suppose que son rôle est d'éviter qu'ils ne se bouchent ! Je ne peux m'empêcher de partager mes craintes avec mes compagnons de voyage quant à la l'espérance de vie de ce pauvre ouvrier...

 

Nous allons à l'entrée de l'usine près d'un petit bois d'eucalyptus. Quelques hommes attendent assis dehors, je présume dans l'attente d'une éventuelle embauche. Manu aimerait bien visiter l'usine sucrière, de l'extérieur nous ne voyons pas grand-chose, et le processus industriel doit être intéressant à découvrir. Nous nous présentons aux gardiens. Mais nous essuyons un refus. Je ne croyais guère en nos chances de réussite... On nous explique qu'il faut faire une lettre à la Direction, laquelle pourra nous donner rendez-vous. C'est normal que nous ne puissions pas rentrer dans l'usine à l'improviste !

 

Nkayi et la culture de canne à sucre

 

C'est déjà une longue histoire entre Nkayi et la culture de la canne à sucre. Elle a commencé à l'époque coloniale. En 1947, la famille Vilgrain rachète une concession de 12 000 hectares au Congo et fonde la SIAN (Société Industrielle et Agricole du Niari). La sucrerie de canne voit alors le jour à Jacob (Nkayi), ainsi qu'une huilerie d'arachide et une minoterie (spécialité de la famile Vilgrain qui dirige alors les Grands Moulins de Paris).

 

congo-français canne-sucre

Cultures au Congo Français, dont la canne à sucre (image Chocolat Poulain)

 

L'usine, l'une des plus importantes d'Afrique centrale, a été construite près de la gare, et elle traite la canne produite dans une zone de plus de 200 km2 autour de Jacob. Après l'Indépendance du Congo en 1960, l'entreprise poursuit ses activités, mais en 1971, sous le régime d'inspiration marxiste, elle est nationalisée.

Au début des années 1980, on crée la deuxième usine. Mais la production de sucre a chuté considérablement et l'impact socio-économique se fait sentir, ainsi la croissance démographique de Nkayi se ralentit.

 

republique-congo canne-sucre

Récolte de la canne à sucre (Timbre de 1967 - dessin de Guillame d'après J. Balou)

 

En 1991, retour en arrière, on privatise ! C'est le groupe SOMDIAA, dirigé par... la famille Vilgrain, qui reprend la sucrerie et la nomme SARIS Congo (Société Agricole de Raffinage Industriel du Sucre). Spécialisé dans les projets agro-industriels en Afrique, le groupe est implanté au Gabon, Centrafrique, Tchad, Cameroun, Côte d'Ivoire...

On produit au Congo du sucre blond et raffiné, en granulé et en morceaux. Pour la consommation courante des ménages, il est commercialisé dans toute l'Afrique sous la marque "Princesse Tatie".

En 2007, la SARIS Congo a fait l’acquisition à Madingou d’une usine de broyage de calcaire, utilisé ensuite pour l’amendement des champs de cannes à sucre. C'est sans doute la poussière blanche vue derrière le tracteur...

La Saris Congo compte environ 900 emplois permanents et plus de 2500 emplois saisonniers. Toute l’activité de production est désormais regroupée dans la seule usine de Moutéla (Saris II), localité située à une dizaine de km de Nkayi. L'entreprise est aujourd'hui propriétaire d’une concession de près de 20 000 ha sur laquelle sont plantés 12 000 ha de cannes à sucre. En 2010, c'est plus de 70 000 tonnes de sucre qui ont été produits.

En dehors de cette utilisation industrielle, la canne à sucre est consommée traditionnellement comme « canne de bouche », permettant de se désaltérer, voire de calmer sa faim. Les consommateurs l’épluchent à l’aide d’un couteau ou avec leurs dents, mâchent la partie tendre, sucent la tige, et en ingèrent le jus. Ils se débarrassent de la partie fibreuse. Elle est aussi parfois utilisée pour la fabrication du "vin de canne", appelé "lungwila".

 

Sources  :

http://www.somdiaa.com

http://www.nzdl.org

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Publié par Fabrice Moustic - dans Bouenza
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